Al Drucker était ingénieur de science spatiale et avait participé au travail de la construction des fusées américaines. Plus tard, il fut conseiller dans l’aviation américaine, à la Nasa et à l’Académie Nationale des Sciences. Après, il étudia la médecine naturelle et se spécialisa en acupuncture, homéopathie, médecine par les plantes et psychothérapie. Depuis dix ans, il donne des cours et dirige une clinique de thérapie naturelle en Californie.
Auteur du livre Sai Baba Gita. – Enseignements de Baba -
Il y a quelques années, (vers 1973) alors que je ne connaissais pas encore Baba, je survolais avec un petit avion les montagnes du Sierra Nevada en Californie. Ce vol n’avait pas d’autre but que de me détendre quelques heures loin de mes cours et de jouir de la vue de ces merveilleuses montagnes qui n’étaient qu’à 150 miles (250 kilomètres) de chez nous. Ce vol transforma toute ma vie. Non seulement il me mit en face de la mort, mais il m’offrit une renaissance parce qu’il me conduisit aux pieds de Lotus de notre Seigneur bien-aimé.
J’habite à la campagne, près d’un institut situé sur la côte californienne avec microclimat et loin de toute grande agglomération. Ce matin-là, je me réveillais avec un temps d’hiver frais et clair… et j’étais libre. J’invitai un ami à faire avec moi une promenade en avion. À l’aéroport je remarquai à l’est quelques nuages sombres et le vent se leva. J’écoutais la météo qui annonça de grandes turbulences et une tempête pour le lendemain. Il eût été plus raisonnable de renoncer au vol et de remettre à un autre jour. Mais je pensais que nous ne ferions qu’un petit tour vers la montagne et que nous nous mettrions à l’abri au-dessus de la côte dès que nécessaire. Mon ami fut d’accord et nous mîmes notre projet à exécution sans faire attention aux intempéries grandissantes qui s’avérèrent devenir la plus grande tempête de la saison.
Nous volions depuis quarante-cinq minutes lorsqu’il devint évident que nous devions faire demi-tour, le temps qui s’annonçait devant nous était très menaçant. Nous volions vers une contrée faite de pics blancs pointus, de ravins et de gouffres immenses entrecoupés par des lacs vert émeraude entourés d’arbres gigantesques, et alimentés par des ruisseaux qui prennent leur source dans les glaciers.
C’était un paysage d’une beauté enchanteresse, mais peu indiqué pour y faire un vol avant une tempête. Je fis demi-tour, mais nous ne vîmes plus rien qu’un mur sombre de nuages. Nous étions emprisonnés dans l’intempérie. Durant quelques minutes nous étions encore dans la dernière oasis de clarté au milieu de cette marmite aux sorcières. Puis nous fûmes jetés en plein dedans. Le petit avion était comme un minuscule jouet, sombrant puis émergent à la vie pour quelques instants. Je luttais ainsi pendant presque deux heures pour garder le contrôle de l’avion. Il y avait dans cette région des sommets de plus de 3,500 mètres, c’est pourquoi je m’efforçais de garder de l’altitude, mais nous fûmes toujours précipités dans des trous pour y être à nouveau aspirés vers le haut par des courants encore plus violents, jusqu’aux couches fines de l’atmosphère. Je me suis retourné vers mon passager et vis qu’il était évanoui par manque d’oxygène. Désespéré j’appelais dans ma radio «Mayday ! Mayday ! » Malgré la situation sans issue où je me trouvais, espérant quand même que quelqu’un capterait l’appel de détresse et nous sortirait de cet enfer. Et même, si quelqu’un nous avait entendu et répondu qu’aurait-il put faire face à un tel déchaînement des éléments ?
C’était un espoir vain et il n’y eut pas de réponse. J’étais perdu et n’avais plus aucun contact avec le monde. Je ne savais pas si mon ami était vivant ou mort, car je ne pouvais percevoir aucun signe visible de respiration et il réagissait ni à mes appels, ni à mes secousses. À ce moment-là, je sentis s’évanouir toute mon énergie que j’avais mise dans ce combat inégal contre la nature. Le carburant s’épuisait et ma force vitale aussi. Les éléments avaient le dessus sans interruption. Le petit avion et moi-même abandonnions en même temps. J’entendais éclater les éléments métalliques de l’avion et quelques câbles en acier. J’étais désespéré. J’appelais le Tout-Puissant à l’aide : «Oh !, Dieu, aide-moi, je ne peux plus lutter, je suis à bout de force. Viens m’aider, je t’en prie, sauve-moi ! Je ne veux pas mourir ! » Je décélérais et laissais descendre l’avion. Je gardais le carburant qui restait pour un atterrissage forcé, au cas où j’apercevrais la terre avant d’échouer au sol. C’était entre les mains de Dieu. Je savais que je ne sortirais pas par mes propres moyens de cet enfer.
Soudainement une voix claire et forte sortie du tableau de bord du haut –parleur que j’avais coupé, il y a une heure lors de mon dernier appel de détresse. «Avion en détresse, m’entendez-vous ? » Disait la voix. Quoique claire et bien appuyée, cette voix dégageait une telle douceur et une telle sollicitude que les larmes me montèrent aux yeux. C’était comme si l'on m’avait envoyé un ange pour nous ramener à la maison. Mais c’était peut-être le manque d’oxygène et l’épuisement qui avait fait basculer ma raison. Je pris le micro qui était tombé par terre. Avant de l’avoir ramassé et enclenché, la voix retentit à nouveau : «Au cas où vous m’entendez, tournez votre avion de 60o à tribord puis à bâbord pour que je puisse vous repérer. Ne vous faite pas de soucis, je vous ramènerai à bon port. »
Cela me fit du bien d’avoir quelque chose de concret à faire. J’exécutais les instructions. Il n’y eu pas d’échange de parole. J’étais trop énervé et la voix reprit : «Je vous ai repéré. Vous n’avez pas besoin de répondre. Vous êtes à 75 miles (125 kilomètres) de l’aéroport de Reno. Ne vous inquiétez pas, vous réussirez. »
Soixante quinze miles représentent trente minutes de carburant, à plein gaz, en supposant que le vent soit favorable. D’après mes calculs et la jauge d’essence, nous étions à sec avec, tout au plus, du carburant pour moins de vingt minutes, peut être dix. Mais je n’avais plus aucune énergie pour mettre en doute ce que me disait la voix. Dans ce tourbillon, j’avais perdu toute notion de direction du vent et du carburant restant même quand l’aiguille est sur zéro. Je donnai plein gaz et suivis ses instructions. D’un ton clame et sûr, il me donna toutes les indications, me fit contourner les plus importants noyaux de tempête, me donna l’altitude des montagnes invisibles pour que je puisse rester à bonne hauteur pour les survoler et me rendit confiance tout en me guidant avec douceur vers l’aéroport. Puis vint la dernière instruction : «En gardant le cap, vous sortirez des nuages dans douze minutes et verrez devant vous l’aéroport de Reno. Commencez à descendre pour l’atterrissage. Vous ne m’entendrez plus après cela. Au revoir et bonne chance. » Puis il disparut, sans avoir révélé son identité. À partir de ce moment, je n’avais plus aucun doute que nous étions entre les mains de Dieu. Il avait entendu mon appel et nous ramenait sur terre en toute sécurité.
Je gardai le cap indiqué et, exactement douze minutes plus tard, je vis une large étendue devant nous. La tempête était derrière nous et nous arrivâmes dans un décor hivernal recouvert de neige. Tout était blanc, aussi loin que le regard pouvait se poser. Comme il me l’avait dit, mon avion se trouvait en face de la piste principale d’atterrissage. J’annonçai un atterrissage de détresse et obtins aussitôt la permission de me poser. Une seconde avait d’atterrir, mon ami revint à lui. Une vague de soulagement me traversa et me détendit. Je savais que tout irait bien. Mais l’aventure n’était pas encore tout à fait finie. Avant de trouver un emplacement pour nous arrêter, une tempête de neige se souleva. La dernière goutte de carburant venait de se consumer. Une Jeep vint vers nous pour nous emmener. Dans la tour de contrôle, les pilotes n’arrivaient pas à comprendre d’où nous venions. Une brutale accalmie avait permis de voir l’aéroport juste avant notre atterrissage. Il n’y avait aucune station de radar dans la région d’où nous venions qui aurait pu nous guider à travers la tempête. «C’est un miracle, que vous soyez en vie » dit l’un des pilotes. Je l’approuvai et intérieurement, je remerciais Dieu et louai notre bonheur.
La tempête dura cinq jours et toucha le nord-ouest des Etats-Unis. Il n’y avait aucune possibilité de rentrer à la maison. Nous n’avions pas de vêtement appropriés à ce froid. Lorsque le temps fut meilleur, nous saisîmes l’occasion pour enlever à la pelle plus d’un mètre de neige sous notre avion, fîmes quelques réparations et prîmes le chemin vers le sud en direction de la frontière mexicaine où le climat est plus doux. Mon ami avait entendu parler d’une école de yoga à Tecate, juste derrière la frontière. Comme je l’ai su ultérieurement, c’était l’école de Matoji Indra Devis. Nous y allâmes pour nous renseigner s’il y avait un hébergement possible.
Lorsque nous arrivâmes là-bas, nous vîmes de la lumière dans plusieurs bâtiments. En entrant, nous constatâmes qu’un grand nombre de personnes venaient de dîner. Les chiens aboyaient, tout semblait habité, mais personne ne répondit à notre appel, personne n’était visible. Nous entendîmes alors une musique lointaine qui venait du sous-sol. Après avoir cherché, nous trouvâmes la pièce d’où venait la musique. Elle se trouvait dans un coin de la salle de yoga. J’ouvris la porte et tombai sur un groupe de personnes qui chantaient «l’Arathi». L’un d’entre eux promenait une flamme devant une image de Baba couverte de «Vibouthi» (cendre sacrée). À cette époque, je ne savais pas qui était représenté sur cette photo, mais je ressentis immédiatement un courant de sensations très fortes. Je savais qu’il y avait une relation entre le personnage en robe rouge de la photo et la voix qui nous avait sauvés de la tempête.
Je pris des renseignements au sujet de cette photo et j’apprit qu’il s’agissait de Sathya Sai Baba qui vivait dans le sud de l’Inde. On me raconta plusieurs histoires extraordinaires qui ressemblaient à la mienne. Mais cet «homme» du fin fond de l’Inde, comment pouvait-il parler dans mon appareil au-dessus du Nevada et nous ramener sains et saufs au moment de plus crucial ? Et pourquoi nous aurait-il choisis ? Était-il envoyé par Dieu ? Tout cela était bien trop étrange pour pouvoir y croire. Mais mon sentiment intérieur, qu’il existait une relation, était si fort que je savais qu’il fallait que j’aille le voir. Il fallait que je sache si cette voix était bien la sienne.
Je fis le voyage en Inde. Dès le premier jour de ce pèlerinage que le destin m’a fait faire, je me sentis immergé dans un océan de grâce. Je ne parvins jamais à lui poser la question concernant la voix dans mon tableau de bord, parce que l’occasion ne fut jamais adéquate. Mais Swami me donna la réponse d’une manière indirecte. À Prasanthi Nilayam, (ashram de Sathya Sai Baba), on me donna une chambre que je partageais avec un petit homme du nord de l’Inde. Il semblait être très pauvre parce qu’il n’avait que très peu d’affaire avec lui. Il ne semblait pas parler l’anglais et je fus étonné qu’on me mit avec un Indien. Le premier jour nous nous contentâmes de nous saluer avec «Sai Ram». Le lendemain, je lui fis comprendre à l’aide de mes mains que je descendais au «Darshan» (la vision d’une personne sainte). C’est alors qu’il me dit : «Excusez-moi, mais cet après-midi, il n’y a pas de «Darshan». Swami est parti visiter son collège à Anantapur. Mais les «Bhajans» (chants dévotionnels) auront lieu, comme d’habitude, à 18 heures. »
Je fus stupéfait par son anglais et je me rendis compte, à son élocution cultivée, que ce petit «gogi» insignifiant et humble possédait mieux l’anglais que cet Américain sûr de lui que j’étais, avec tous ses bagages et sa fatuité. Ma curiosité était éveillée. Je lui demandais de bien vouloir me dire d’où il venait et comment il avait trouvé Baba. Il fut très réticent et je dus beaucoup insister pour qu’il acceptât de parler un peu de lui. Peu à peu, il s’avéra qu’il y eut plusieurs étapes importantes dans sa vie : ministre disciple de Gandhi ayant vécu dans son ashram, étudiant en Angleterre, pendant la guerre, combattant pour la liberté après la guerre, homme aisé qui avait renoncé à tous ses biens pour se consacrer uniquement au service de Dieu.
À l’époque où je l’ai connu, il était président d’une Organisation Sai sans une ville indienne. Pendant les années qui ont suivi, nous nous sommes souvent revus et sommes devenus de bons amis. Au cas où il lirait mon récit, j’espère qu’il ne m’en voudra pas de l’avoir décrit d’une manière aussi peu flatteuse, mais qui correspondait à l’impression qu’il m’avait faite au moment où mes yeux n’étaient pas encore ouverts à la «vision Sai». Je vous raconte son histoire telle qu’il me l’avait contée dans son humilité à Prasanthi Nilayam et telle qu’elle est restée gravée dans ma mémoire.
C’est à l’occasion d’un accident que Baba l’attira à lui. Il se trouvait en voiture avec sa femme sur une petite route de montagne, lorsque brusquement, il dût éviter une autre voiture, perdit le contrôle et dévala un ravin. La seule chose dont il se souvienne, pendant les tonneaux que faisait la voiture, était l’appel de sa femme : «Rama ! Rama ! ». Lorsqu’il revint à lui, il était couché sur le sol et sa femme était assise à côté de lui appuyée contre un rocher. Elle se réveilla en même temps que lui. Ils étaient tous deux sains et saufs. Ils se trouvaient à plusieurs centaines de pieds en bas de la route. La voiture n’était qu’un amas inextricable de tôle froissée et de bris de glace qui se trouvait tout en bas de la montagne. C’était un vrai miracle qu’ils fussent en vie sans une égratignure. Ils ne comprenaient pas leur chance.
Quelques mois plus tard, il se trouva pour des affaires d’État dans une ville où Baba était en visite. Presque contre son gré, il fut attiré vers l’immense place où Baba devait donner son «Darshan» (sa vision) et faire son discours. Un Seva (personne attitré au service d’ordre) vient vers lui et lui dit que Baba l’envoyait pour lui donner une place au premier rang. Baba avait dû vraisemblablement faire une description si précise de notre homme que le Seva n’eut aucune peine à le trouver dans cette immense foule. Lorsque Baba arriva, il s’arrêta devant notre ami et lui parla. Ses premières paroles furent : «Bien, vous êtes venu. C’est à votre femme que vous devez la vie. Si elle ne m’avait pas appelé, vous seriez mort. Je vous ai sorti indemne de la voiture et posé au sol, bien que vous n’ayez pas pensé à Moi une seule fois. Souvenez-vous de l’abri antiaérien ?
Du fond de sa mémoire jaillirent alors des souvenirs remontant aux premiers temps de la deuxième guerre mondiale lorsqu’il était jeune étudiant à Londres. Tous les soirs retentissaient les sirènes pour prévenir la population de l’approche des bombes allemandes. À ce moment-là, il habitait une chambre sous les toits d’un immeuble londonien à laquelle on accédait par un long escalier. Il travaillait le soir après les cours et, épuisé, allait se coucher. C’est toujours à ce moment-là que les sirènes retentissaient, qu’il devait redescendre à toute vitesse les escaliers pour s’abriter à la cave où se serraient des enfants en pleurs et des personnes qui se lamentaient.
Un jour, il décida que cela ne pouvait plus durer et qu’il ne pouvait pas, toutes les nuits, renoncer à son sommeil. Comme les bombes ne tombaient jamais dans ce quartier et que personne, en dehors de son propriétaire, ne connaissait son existence, il décida de prendre le risque d’outrepasser le règlement et de rester dans son lit à la prochaine alerte. Le soir, les sirènes retentirent à nouveau, il tira sa couverture sur sa tête et voulut s’endormir. Peu après, on frappe très fort à la porte. Il retint son souffle et fit semblant d’être absent. Les coups sur la porte se firent plus pressant jusqu’à devenir un martèlement accompagné d’une voix rude qui disait : «Ouvrez ! Ouvrez ! Je sais que vous êtes là ! C’est le règlement ! » Il déverrouilla timidement la porte et se trouva en face d’un anglais de haute taille avec un casque et un visage rouge qui regarda dans la chambre avec énervement et inquiétude. La lumière de sa lanterne éclairait le pyjama de notre ami. «Vous avez pourtant entendu les sirènes, vite ! Courez à la cave. Vous n’avez plus le temps de vous habiller. Venez ! ».
Ils descendirent à toute vitesse l’escalier et notre ami dût prendre deux marches à la fois pour pouvoir suivre. Ils atteignirent l’abri que le gardien referma aussitôt. À peine notre ami s’était-il blotti dans un coin en essayant de s’y installer confortablement sans se faire remarquer à cause de sa tenue, qu’une énorme explosion ébranla l’abri. Lorsqu’ils furent dégagés avec une pelle, ils virent que tout le dernier étage de l’immeuble avait été rasé par la bombe qui était tombée en plein dans le mille. Notre ami remercia Dieu d’être en vie, mais en même temps, sa conscience le tourmentait car l’homme qui lui avait sauvé la vie était mort dans l’explosion.
Baba repris : «Vous souvenez-vous du gardien de l’abri ? J’étais le gardien de l’abri antiaérien. J’étais venu vous sauver de la bombe. Je vous ai souvent protégé et sauvé la vie. Maintenant vous venez et vous resterez près de moi. »
À peu près à la même époque où cette histoire s’était déroulée en Angleterre, Sathya alors âgé de 13 ans, dans un village éloigné du Sud de l’Inde, jeta ses livres de classe et révéla à ses disciples présents qu’il était Sai Baba, l’avatar de notre temps. Il y a 40 ans, il protégeait déjà ses futurs disciples qui seront plus tard des millions et commerçait à les attirer à lui. En écoutant cette histoire, je compris tout de suite pourquoi Swami nous avait mis dans la même cellule à l’ashram. C’était sa manière de répondre à ma question concernant la voix qui m’avait conduit à Bhagavan.
À la fin de son cours d’été à Ooty, quelques années plus tard (1976), Swami tint un discours historique sur les jeunes années de sa vie et sur sa mission. Il invita chacun d’entre nous qui étions présent, à retourner chez nous et nous assura qu’il était toujours avec ses dévots où qu’ils soient. Il dit : «Je vous ai et vous m’avez. Dans les années à venir, je me manifesterai sous de nombreuses formes. N’ayez pas peur. Où que vous soyez, je serai. »
Nous pouvons en conclure, avec tous ces récits merveilleux, qu’il tint parole, même avant que ses dévots ne viennent à Lui.
Article paru dans «L’Âge d’Or 1980» en Angleterre, et reproduite dans le livre Les Leelas du Seigneur de Pierre Frobert, France.
Deuxième partie
Conférence de Al Drucker en mai 1989
En mai 1989 a eu lieu la Deuxième Réunion de l’Organisation Sathya Sai européenne à Hambourg, Allemagne. En cette occasion, M. Al Drucker, alors professeur de Science à l’Université d’Études Supérieur de Baba prit la parole et ce fut un enchantement pour l’assemblée d’écouter un résumé de son entretien avec Sai Baba.
«Il y a quatre ans (1985) à Kodaikanal Swami appela environ 45 fidèles, dont je faisais partie, et il nous bénit en nous accordant un entretien. Au cours de cet entretien, il nous prodigua les enseignements spirituels les plus élevés. Il n’y avait là que des occidentaux et nous avons eu la nette impression que ces enseignements étaient les plus adaptés qui soient pour les fidèles occidentaux. Swami ne nous fit pas un discours en tant que tel, mais il répondit aux questions des fidèles. L’ensemble devint un très puissant «Upadesh», une invitation aux enseignements les plus élevés du Maître. Je pris note de cet entretien que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui.
Le monde et les rapports avec le monde
La première question qu’un fidèle posa fut la suivante : «Swami, quelle est la meilleure façon d’être en relation avec le monde ? »
Swami de réponde : «Ne pensez pas au monde. Ne perdez pas votre temps à penser au monde ou à vos relations personnelles. Tout cela est éphémère. Ça ne durera pas. Prêtez attention à ce qui dure, à ce qui est permanent. Tout ce qui concerne le monde et les relations ne sont en rapport qu’avec le corps. Le corps est comme une bulle d’eau. Le mental est comme un singe fou. Ne suivez ni le corps ni le mental. Suivez la conscience qui est au-dessus du mental. Elle est permanente. Elle est la voix de Dieu, la voix de la vérité intérieure qui ne change pas. »
Ainsi, dès le commencement de l’entretien, Swami nous éleva au-dessus du niveau corporel et de la conscience mondaine. Lorsque je vins à Swami pour la première fois, je lui demandais la même chose. À ce moment-là je me sentais très concerné par la condition du monde. Je devrais peut-être vous en dire un peu plus à propos de ma formation. Il fut un temps, j’étais très concerné par la gestion technique des armes nucléaires, particulièrement des programmes de missiles balistiques de l’armée américaine. De par mon tempérament, je n’étais pas fait pour ce travail et je passais donc mon temps à entrer et sortir de l’hôpital parce que je faisais des ulcères. Finalement, j’ai compris que je n’étais pas obligé de faire cela. J’ai commencé à me soigner par des méthodes naturelles. J’ai complètement changé de travail et j’ai laissé ma formation technique derrière moi. Pourtant, je n’ai jamais oublié, de jour ou de nuit, en l’espace de 45 minutes, le monde pouvait être réduit en cendres. Cela me pesait constamment sur le cœur.
Finalement, lorsque je suis venu vers Swami, une des premières choses que je lui ai demandées fut la suivante : «Swami, qu’en est-il de ce monde ? Que devons-nous faire pour ce monde ? »
Swami de répondre : «Le monde ne relève pas de votre responsabilité, c’est celle de Dieu. Pensez à Dieu et laissez Dieu prendre soin du monde. » Un fardeau est alors tombé de mes épaules.
Et donc il y a trois ans, Swami nous dit : «Le temps est venu maintenant pour que Swami pénètre dans le cœur des dirigeants mondiaux et les tournent vers la paix. »
Avant ce n’était pas le bon moment pour la paix. Il y a un temps pour chaque chose. C’est une grande pièce de théâtre qui est en train de se dérouler. Nous avons des places de premières pour y assister et en même temps nous faisons aussi partie du jeu.
Baba dit : Le temps est venu pour que des dirigeants mondiaux se tournent vers la paix et les Russes en premier lieu. Ne les appelez pas des Communistes ; appelez-les «Come-you-next» (vous viendrez ensuite).
C’est alors que Gorbatchev entra en scène. Bien sûr, Swami ne dit pas que nous ne devons pas travailler pour la paix. Mais à ce moment-là, il était en train de nous enseigner une leçon des plus importantes.
Suivez la voix de la divinité intérieure. Suivez la conscience. Si elle vous dit de l’intérieur : «Vas-y, fais-le», alors faites-le. Mais écoutez cette voix intérieure.
La conscience, la conscience et la Conscience Universelle
Ensuite le fidèle demanda : Swami, comment devons-nous appeler la voix de la conscience pour la distinguer des autres voix ?
Swami répond : «Lorsqu’il y a plusieurs voix, vous pouvez appeler cela le conscient, mais pas la conscience. Le conscient est en rapport avec le petit soi. Il est en rapport avec le mental. Là, il y a beaucoup de voix et de différences. Mais la conscience est toujours une seulement. Elle ne change pas. Vous devez comprendre ces différents termes. »
Donc, il nous donna ces trois termes : le conscient, la conscience et la Conscience Universelle. Ils signifient trois choses différentes. Tous les différents phénomènes, tout ce qui est en relation avec le monde doivent être appelés le conscient. L’esprit Suprême, la plus haute conscience est «Chaitanya» ou pure Conscience Suprême. C’est l’Omniprésente Réalité. De cette Conscience Suprême naît la conscience qui est la voix de la vérité intérieure. La conscience est l’âme, l’étincelle divine. C’est la divinité qui réside constamment à l’intérieur de nous. Sur le chemin spirituel, nous allons du niveau mondain vers la divinité qui est dans notre cœur, c’est-à-dire du conscient vers la conscience puis vers l’ultime réalité, la Conscience Universelle. Le conscient, la conscience et la Conscience Universelle sont les trois étapes de la vie spirituelle. C’est le chemin que Jésus a monté et c’est le vôtre aussi.
Dvaita, Vishisadvaita, Advaita
Alors, il expliqua davantage. Baba dit : «Au commencement vous êtes conscient que des relations physiques. Vous dites : «Je suis un fidèle, je suis un instrument, un messager, un serviteur. » C’est le niveau de «Dvaita». «Dvaita» signifie dualité. Entre le messager et Dieu il y a une grande différence. C’est la relation maître-serviteur dans laquelle Dieu est le maître et vous, le serviteur. C’est le début du niveau de dévotion, le commencement. »
Beaucoup d’entre nous en sont à ce niveau et beaucoup d’entre nous préfèrent rester à ce niveau. C’est comme la fourmi qui se régale sur une montagne de sucre. Elle ne veut pas devenir sucre. Elle aime goûter le sucre. Mais que se passe-t-il lorsque le sucre disparaît ? Swami dit que nous devons avancer. Ne pas rester collés aux niveaux inférieurs. Rappelez-vous qu’il était en train de parler à des Occidentaux. Beaucoup d’entre nous sommes passés à travers toutes ces étapes de «puja» ou rituel en accomplissant de nombreux actes d’adoration rituels. Nous avons déjà fait cela dans d’autres vies. Nous sommes prêts pour cet enseignement le plus élevé. Donc, écouter la voix de la conscience. Lorsque cette voix dit : «Avancez», alors avancez ! C’est tout à fait juste que nous soyons assis ici sans même une photo de Swami, avec simplement cette bougie. (salle de conférence)
Swami à dit à des personnes de Hambourg : «Enlevez toutes les photos de votre chambre. » Avancez ! Que ceux qui sont prêt à s’élever, s’élèvent ! Ne restez pas attachés aux étapes inférieures.
Puis, il parla de cela : «Au commencement, vous êtes un fidèle, un messager. C’est le stade initial. Ensuite, vous parlez d’une relation intérieure, subtile. Vous dites : «Je suis une étincelle divine. Dieu est mon Père. Je suis un enfant de Dieu : Ô Dieu, vous m’êtes très cher ! » Mais maintenant Dieu vous dit : «Toi, mon enfant, tu m’es très cher. Tu es toujours près de moi et tu m’es très cher ! » Maintenant vous êtes dans une relation familiale avec Dieu. À ce stade vous êtes l’enfant de Dieu, ou le fils de Dieu. À ce moment-là vous n’avez plus une relation extérieure, mais une relation intérieure. C’est l’étape du «vishishadvaita». C’est la deuxième étape du chemin spirituel. Advaita signifie non duel ; « Vishishta» signifie modifié. Donc, «Vishishadvaita» n’est pas complètement non duel, mais pas duel non plus. »
«Finalement vous réalisez qu’il n’y a que l’Unité. Maintenant vous sentez : «Dieu et moi nous sommes complètement inséparables. Nous sommes le même Esprit. »
Swami dit que Jésus n’avait pas atteint cette complète réalisation avant qu’il ne soit sur la croix. Sur la croix Jésus à dit : «Moi et mon Père, nous sommes Un», c’est le stade «Advaita» du non-dualisme complet.
Swami continua : «À ce moment-là, il n’y a pas de différence entre vous et Dieu. Mais il n’y a jamais eu de différence. Elle n’existait que dans votre imagination. Le sentiment de différence se trouvait dans votre mental. Il n’y a pas de moi et Dieu séparé qui est devenu Un. Il y a toujours eu l’Un sans second. Alors vous pouvez seulement dire : «Je suis Moi, ou simplement «Je suis ! » À cette étape finale vous ne diriez même pas : «Je suis Dieu», parce qu’il y a encore de la dualité en cela. Tout ce que vous pouvez dire c’est seulement : «Je suis Moi, ou simplement «Aham» seulement le pur «Je».
«C’est la vérité la plus élevée. Pour parvenir à cette étape ultime, vous ne devez jamais vous permettre de penser que Dieu et vous, êtes séparés. Pensez toujours : «Dieu est avec moi. Il est à l’intérieur de moi. Il est autour de moi. Il est au-dessus de moi. Tout ce qui est, est Dieu. Moi-même je suis Dieu. Je suis l’infini. Je suis l’Éternel. Je ne suis pas deux. Je suis Un, seulement Un ; il n’existe rien d’autre en dehors de moi. Moi et Dieu sommes Un et le même ! »
Confiance en soi
Pour réussir cette unité, la première étape est de développer la confiance en soi. Vous pouvez vous rappeler que Swami parle quelquefois de cela. Il dit que les fondations sont la confiance en soi, que les murs sont le contentement et le toit, le sacrifice. Alors vous pouvez entrer et occuper cette maison de réalisation de soi. Ce sont les étapes. Il dit qu’avant que la foi en Dieu ait un sens, vous devez avoir foi en vous-mêmes. D’abord la confiance en soi. Toutes les émotions sentimentales que vous avez envers Dieu n’auront pas de signification profonde si vous n’avez pas confiance en vous. Pourquoi cela ?
Bon, vous pouvez penser : «Je suis un pécheur. Je suis un homme tellement mauvais. Je suis si troublé. Je suis déprimé. » Mais vous rappelez-vous le second des dix commandements ? Il dit que nous ne devons pas utiliser le nom de Dieu inutilement, cela signifie que vous ne devriez pas parler de Dieu de façon incorrect. «Je suis» est le Nom de Dieu. Si vous dites : «Je suis un pécheur», qu’est-ce que cela signifie ? Comment Dieu peut être un pécheur ? Ou si vous dites : «Je ne suis pas bon», comment Dieu peut-Il ne pas être bon ?
Dieu a dit à Moïse : «Je Suis est mon nom ! » Swami aussi a dit cela souvent : «Aham» est la divinité. Chaque fois que nous disons : «Je suis cela», ce «Je suis» est Dieu. Si je dis : «Je suis Drucker»m ce Drucker est un nom temporaire qui va et qui vient. C’est un nom et une forme mais derrière cela il y a le «Je Suis» qui ne change pas. Nous de devons donc pas utiliser le nom de Dieu en vain. Chaque fois que nous disons : «Je suis», ce ne doit être qu’en relation avec des qualités divines. C’est ce que signifie la confiance en soi ; c’est la confiance en la divinité intérieure.
Ceci est très important. Que nous le sachions ou non, c’est ce qui nous a conduit à Swami. C’est ce qui nous a conduits en Inde. Nous pouvons avoir eu quelques déceptions avec la religion dans laquelle nous avons été élevés. Peut-être qu’elle a perdu son sens pour nous. Beaucoup de personnes religieuses ne sont pas d’accord avec la façon dont leur religion s’est développée. Dans e cas, vous pouvez travailler pour changer cela ou rejoindre un nouveau mouvement. Mais pourquoi voudriez-vous venir en Inde ? Pourquoi voudriez-vous aller dans un pays qui semble si étrange, si différent ? Pourquoi quelqu’un comme moi aurait-il envie d’y passer dix ans ? Qu’est-ce qui nous conduit là-bas ? Bien sûr, j’ai passé toutes ces années là-bas parce que Swami m’a dit : «Vient et reste ici. » Mais qu’est-ce qui nous pousse à aller là-bas, qu’est-ce que notre séjour nous apporte que nous ne trouvons pas ici ? C’est cet enseignement que cet individu que nous que nous prétendons être est en vérité l’Universel. En essence nous sommes Dieu. C’est la révélation védantique qui est l’accomplissement de toutes les religions.
Dans la Bible, nous trouvons la grande proclamation de l’unicité de Dieu donnée par Moïse. À un passage, dans le Nouveau Testament, dans l’évangile de saint Marc, cette proclamation signifie que Dieu est tout ce qui est et qu’il n’y a rien d’autre. Lorsqu’on demanda à Jésus`«Quel est le commandement le plus important ? » Il répondit : «Chema Israël Adonai Elohenu Adonai Echad.» Vous trouverez cela traduit en grec ou en anglais ou en allemand. Mais bien sûr, Jésus parlait en hébreu lorsqu’il citait les écritures. Cela signifie : «Écoute, ô peuple d’Israël, L’Éternel est notre Dieu, L’Éternel est un. »
«La Illaha El Allah» proclamé par les prophètes en Islam a la même signification. Tous les mystiques ont dit la même chose. C’est le premier des dix commandements. Vous n’avez pas d’autre Dieu en dehors de Moi, ce qui pour un mystique signifie qu’il n’existe rien d’autre que Dieu. Où que vous regardiez, il n’y a que Dieu.
Dans la Bible, nous avons aussi le nom mystique de Dieu, «Je Suis», dont nous venons de parler à l’instant. Tous ces éléments sont là, mais la grande étape n’est pas claire. Cette étape est tirée des enseignements non dualistes du Védanta, l’enseignement que Swami nous a donné dans cet entretien, c’est-à-dire que Dieu est partout et en chaque chose et en vous également. Non, encore plus que cela, qu’Il est vous. Vous-même êtes Dieu. Parce que tout ce qui est, est Dieu et tout ce qui est, est vous. Le corps est simplement un vêtement qui s’use et qu’on change et qui recouvre la vérité qui est vous.
Comment parvenir à cette réalisation ? Jésus a suivi cette déclaration de l’unité de la divinité, le «Chema», avec : «Et tu aimeras Dieu de tout ton cœur et de tout ton esprit et de toutes tes forces! » Lorsqu’on lui a demandé : «Quel est le deuxième commandement le plus important ?, il a répondu : «Aime ton prochain comme toi-même.»
Karma Yoga, Bhakti Yoga, Jnana yoga
Donc, Dieu est Un, il n’y a personne d’autre. «Aime Dieu de tout ton cœur et de tout ton esprit. » Aime ton prochain ! Ce sont trois pierres de touche de la Bible, des deux Testaments. L’Ancien et le Nouveau. Ce sont aussi les trois principaux yogas de la Gita : «Jnana Yoga, Bhakti Yoga et Karma Yoga. » Qu’est ce que le service si ce n’est aimer son prochain ? Qu’est-ce qu’aimer Dieu de tout son cœur et de tout son esprit si ce n’est «Bhakti» ? Qu’est-ce que connaître l’inicité, l’unité si ce n’est «Jnana Yoga» ?
Et maintenant Swami, avec l’autorité que confère la connaissance directe, ajoute aux révélations directes le grand éclairage du Vedanta. «Tu es cela, Tu es tout cela, Tu es le Dieu de cet univers. Mais en vérité tu es l’Absolu au-delà. Et maintenant tu es prêt à recevoir cet enseignement le plus élevé. Élève-toi progressivement. Laisse de côté ta compréhension limitée et prépare-toi à recevoir ce cadeau que je dois te donner. Tu n’es pas cet être limité que tu penses être, mais la totalité, l’infini que tu es réellement. Pense cela, vis-le, sois-le. »
Swami se rend parfois dans les villages et Il parle aux assemblées. Il leur parle souvent des grandes vérités de l’Atma. Un jour, M. Kasturi Lui demanda : «Swami, pourquoi leur donnez-vous cet enseignement élevé que personne ici ne peut comprendre ? Pourquoi ne parlez-vous pas du Ramayana, du Bhagavata ou des «leelas» de Krishna ? »
Et Swami de réponde : «Les graines doivent être semées. Le sol est fertile. Les pierres et les mauvaises herbes ont été enlevées. Le sol a été labouré par de nombreuses difficultés. Maintenant il faut mettre les graines. Je donnerai de l’eau, je donnerai de l’engrais et en temps voulu, les graines germeront.»
La toute première chose dont Krishna parla dans la Gita était la connaissance de l’Atma. Il était impossible qu’Arjuna, un guerrier puisse comprendre. Mais Krishna a semé les graines, et c’est ce que Swami est en train de faire pour nous, subtilement, mais très puissamment, en extirpant notre faux soi et en nous révélant le vrai Soi. La première étape dans ce processus est de développer la confiance ne soi, qui, au plus haut niveau, ainsi que Swami l’a expliqué dans cet entretien, est la confiance dans le Soi unique. Mais il y a des étapes préparatoires grâce auxquelles vous développez la foi en vous-mêmes en devenant conscient de la proximité constante de Dieu.
On a demandé à Swami : «Qu’est-ce que la confiance en soi ? »
Il a répondu : «C’est de penser tout le temps que Dieu est en moi, que Dieu est en train de tout faire. Sans Dieu je ne peux pas être. Tout ceci est Dieu. Je veux seulement penser à Dieu. Lorsque vous réalisez que Dieu n’est pas à l’extérieur de vous, alors vous acquérez la confiance en vous. Lorsqu’il y aura la confiance en soi, il y aura l’amour, il y aura la paix, il y aura la vérité, il y aura Dieu. Donc, il doit y avoir d’abord la confiance en soi et l’amour de Dieu. Mais, en ce moment, à quoi pensez-vous ? Vous pensez au corps. Mais le corps n’est qu’une bulle d’eau. Le corps est un vêtement. Il n’est qu’un vêtement. »
Corps et instrument
Un fidèle : «Swami dit que toute chose est Dieu. Le corps n’est-t-il pas Dieu aussi ? Si tout est Dieu, alors le corps doit aussi être Dieu. »
Swami répondit : «Si vous ne pensez qu’à Dieu, alors pour vous il n’y aura que Dieu. Mais maintenant vous pensez au corps, pas à Dieu. Le corps est un instrument, un temple, il est fait de matière et la matière change tout le temps. Le monde aussi change tout le temps. Mais Dieu ne change pas. Dieu est l’Esprit qui ne change jamais. »
Un fidèle : «Le corps de Swami n’est-il qu’un instrument lui aussi ?
Vous voyez, il y avait de très bonnes questions. C’était comme si chaque fois que quelqu’un ouvrait la bouche, Swami était en train de parler à travers ce fidèle, posant la question et donnant la réponse. Il fut un temps, j’ai moi aussi demandé cela à Swami. Un jour de Noël, Il m’appela à l’intérieur et j’étais seul avec Lui. Je voulais Lui poser quelques questions à propos de Jésus.
Je dis : «Swami, je voudrais Vous demander à propos de Jésus…», et même avant que j’aie pu poser la question, Swami dit : «Jésus est le nom d’un corps. Sai Baba est aussi le nom d’un corps. Également Rama est le nom d’un corps. Pourquoi vous intéressez-vous à des corps ? Soyez intéressé par le Christ, pas par Jésus. Soyez intéressé par Sai, pas par le corps de Sai Baba. Soyez intéressé par le principe de Rama. Intérieurement, soyez Rama, soyez Sai. Pensez de cette façon. »
C’est l’enseignement que Swami nous donne. Maintenant, certain d’entre nous peuvent avoir des doutes à propos de tout cela et nous devons en parler. Mais je vous suggère que pour le moment nous laissions de côté nos questions et que nous laissions ces enseignements élevés de Swami nous pénétrer. Laissons-Le semer Ses graines.
Revenons à la question du fidèle : «Le corps de Swami n’est-il qu’un instrument ? Swami répondit : «Le corps de Swami est comme tous les corps. Tous les corps ne sont que des instruments. Tous les corps ne sont que temporaires. Ils ont une naissance, ils ont une mort. L’habitant du corps est permanent. C’est l’Atma (âme). C’est vous, c’est le véritable vous. Vous êtes l’Atma, pas le corps. »
Donc, le corps de Swami est aussi un instrument. Ce n’est pas un instrument ordinaire. C’est un instrument très particulier, très sacré. C’est un instrument qui suscite notre dévotion. Mais le fait est qu’il mourra. Il n’est pas la vérité ultime. Cette vérité ne peut-être réalisée que lorsque la conscience du corps disparaît.
Une fois, à Noël, nous avons monté une très jolie pièce de théâtre appelée le Sarva Dharma, dans laquelle les enfants ont joué le rôle des fondateurs des différentes religions. Je m’étais chargé des préparations de la mise en scène. C’était un moment très particulier. Swami est venu dans les coulisses tous les jours pendant que nous répétions. Le jour de Noël, Il vient de nouveau dans les coulisses, assistant au dernier essayage des costumes et s’assurant que les enfants étaient bien maquillés. Il se tourna alors vers quelques personnes présentes et demanda à chacune d’entre elles : «Êtes-vous le metteur en scène de cette pièce ? » Chacun à son tout répondit : «Non Swami. » Puis Il se tourna vers moi et dit : «Êtes-vous le metteur en scène de cette pièce ? » Et je répondis : «Non, Swamiji, c’est Vous qui êtes le metteur en scène de cette pièce. Je suis seulement l’assistant. » Et Swami dit : «Le metteur en scène n’a pas besoin d’assistant ! Vous pouvez vous désigner vous-même comme un instrument. »
Donc, à partir du moment où nous nous considérons comme de simple instrument dans les mains de la divinité, nous progressons beaucoup mieux sur le chemin spirituel. Nous ne sommes pas celui qui fait, seulement la divinité fait toute chose.
Atma (Âme)
Mais, ce n’est qu’un stade intermédiaire. En vérité, nous sommes l’Atma. Swami nous dit de penser : «Je suis l’Atma. Tout ce qui est, est l’Atma. C’est le Sanathana Dharma, l’enseignement très ancien. C’est la compréhension mystique. C’est la non-dualité. C’est pour cela que nous sommes venus en Inde. C’est pour cela que nous ne pouvons pas trouver d’autre endroit. C’est la vérité, c’est ce pour quoi nous sommes prêts, parce que Swami nous l’enseigne.
Un fidèle : «Swami, comment pouvons-nous nous élever à ce haut niveau ? Comment pouvons-nous devenir parfait ?
Swami de répondre : «Par l’amour, seulement par l’amour divin, développez Prema (Amour). L’amour divin est complètement désintéressé. L’amour humain est presque toujours égoïste, il ne pense qu’à ce petit «je». Ce petit «je» est l’ego. L’ego est une très mauvaise qualité. L’ego voit toute chose comme étant séparée. Il voit tout dans la dualité. Vous devez supprimer cet ego et ne voir que l’unité. Là où il y a dualité, il n’y a pas de divinité. Ne pensez qu’à la base de tout. Pour vous, maintenant il n’y a que désir, désir, désir : «je veux ceci, je veux cela ! …» Ces désirs ne sont que des nuages qui passent, ils viennent et ils s’en vont. Un moment ils procurent du plaisir, le moment suivant, ils font mal. Ils ne peuvent pas donner de joie permanente. Ce sont les désirs qui constituent le mental. Le mental n’est rien d’autre qu’un fagot de désirs. Chaque pensée qui prend forme dans le mental est issue d’un désir. Ne suivez pas le mental, ne suivez pas ces nuages qui passent. Le désir vient, le désir s’en va, alors que la moralité vient et grandit. La moralité est très importante. Suivez la moralité, pratiquez-la. »
Moralité et Immoralité
Donc, c’est très important. Assurons-nous d’avoir bien compris. Ce que Swami est en train de développer ici, c’est ce qu’Il dit si souvent : «Le seul chemin qui conduit à l’immortalité est le fait de se libérer de l’immoralité ! »
Toutes les religions disent quelque chose de ce genre, mais nulle part vous trouverez cela établi aussi clairement, c’est le seul chemin pour atteindre l’immortalité. Swami enseigne les vertus. Sans vertus, il n’y a rien. Vous pouvez connaître tous ces enseignements, vous pouvez être le plus grand érudit, le plus grand philosophe, le «pundit» de tous les «pundit», mais c’est totalement dépourvu de sens si vous ne mettez pas ces enseignements en pratique. Ravana, le pire des démons, le plus grand des «asuras» qu’il y ait jamais eu sur cette terre, était aussi le plus grand des érudits. Il connaissait les Védas comme personne d’autre, il était plein de convoitise, il avait la luxure dans le cœur, il était plein d’arrogance et d’ego. Et toute cette connaissance élevé ne lui a rien apporté de bon. Ces mauvaises qualités doivent être enlevées avant que quelque chose de sacré puisse s’installer.
Comme Phyllis Krystal l’a dit ce matin (autre conférencier et auteur de plusieurs livres), dans le Kali Yuga (notre cycle actuel), personne n’est pur, personne d’entre nous n’a de véritable pureté. Tout le monde mène un combat intérieur. C’est le Mahabharata, c’est la signification intérieure de cette grande guerre génocide qui a balayé la crème des hommes indiens. C’est une guerre qui a déraciné les tendances habituelles qui nous attirent à l’extérieur dans l’illusion du monde.
Lorsque la victoire sera acquise dans cette guerre, alors la vérité, qui est bonté, qui est l’amour, qui est la beauté, qui est la vertu, qui est «l’ananda», qui est joie et béatitude, resplendira. Cette guerre est plus profonde que le mental. Le mental ne peut pas y parvenir. Si elle est plus profonde que le mental alors, comment pouvons-nous mener ce combat ? Nous ne pouvons pas le faire par nous-mêmes. Il faut que le conducteur du char vienne. Il fait que Krishna conduise le char. Comment va-t-il venir ? Il nous le dit simplement : Il est la voix de la conscience. Nous devons développer cette voix intérieure et l’écouter. Une fois que vous aurez confiance en vous, elle sera là, vous guidant et vous protégeant. Vous serez comme vous pensez.
Swami dit : «Si vous pensez poussière, vous êtes poussière. Si vous pensez Dieu, vous êtes Dieu. »
Il est partout où vous placez votre foi. Cette foi doit être à 100%, non pas à 70% ou 80%. Ce doit être une foi totale et aveugle. Swami dit que la vraie foi est aveugle. Qu’est-ce que signifie une foi aveugle ? Cela veut dire que vous laissez de côté toutes vos expériences et vos conclusions basées sur le mental et que vous suivez les enseignements, que vous suivez la voix intérieure, la voix du maître. Arjuna dit à Krishna : «Tes paroles sont ma vérité, Seigneur ! »
Swami dit que la première étape c’est de suivre le maître, la conscience, la voix intérieure. Si vous n’êtes pas prêts à le faire, alors Swami dit : viens et procède à un examen. Creuse profondément, cherche si le maître est venu. Lorsque vous savez qu’il est là, alors suivez-le. Faites ce qu’il dit : Abandonnez-vous à 100%, pas de partage. Pas de partage avec les intérêts mondains. Faites toute chose exactement comme le guide intérieur vous le dit et vous parviendrez au but. Krishna dirigera votre chariot vers la victoire. Mais tout au long du chemin, il peut y avoir des hauts et des bas. Dans le Mahabharata, il y a dix-huit jours de guerre et beaucoup de souffrance jusqu’à ce que la victoire soit remportée.
Qu’est-ce que le chemin de l’immortalité ? C’est le fait d’enlever l’immoralité. L’immoralité est en relation avec la colère, l’ego, la jalousie, la luxure, la haine, la convoitise. Vous pouvez être sûrs qu’où que vous regardiez, ces qualités négatives seront là. Dans les journaux que vous prenez, vous ne verrez que cela. Maintenant vous devez commencer à travailler sur votre besoin de voir tout cela dans le monde extérieur, car il reflète les mêmes qualités intérieures dans votre monde intérieur. Enlevez ces qualités négatives à l’intérieur de vous. C’est cela le combat intérieur. Pour enlever l’immoralité, vous devez suivre la conscience. C’est la voix de l’immortalité.
Dharma et vérité
Un fidèle : «Swami, devons-nous penser à Dieu comme père et mère à la fois ? »
Swami : «Votre mère physique n’est avec vous que pour quelques années. Elle est aussi votre mère temporaire. Votre père physique n’est lui aussi que temporaire. La véritable parenté est différente. C’est la Vérité qui est votre vrai père. Elle est permanente, là où il y a la Vérité, il n’y a pas de changement. La Vérité n’a pas de naissance ni de mort. Ceci est très important, elle n’a ni début ni fin. L’amour divin est votre véritable mère. La dévotion est votre vrai frère. La sagesse est votre vrai fils, la paix votre véritable fille. Pour toux ceux-ci, il n’existe pas de transformation : ni naissance, ni mort. Ils sont votre parenté réelle, votre parenté avec Dieu. »
Ceci est très important. C’est la compréhension hindoue de la vérité. Nous employons le mot vérité pour dire que nous ne devons pas mentir, que nous devons être vrais. Mais la vérité signifie quelque chose de bien plus élevé que cela. Cela signifie ce qui ne change jamais, quelque chose qui n’est pas venu et qui ne partira pas. Vous dites qu’il n’y a pas de «dharma», pas de rectitude dans ce monde, mais le «dharma» ne peut jamais changer. Le «dharma» et la vérité sont un, ils ne changent jamais.
C’est la pratique du «dharma» qui peut changer. C’est la pratique de la vérité qui peut changer. Mais ce qui est vrai ne changera jamais. Quelle est la seule chose qui ne changera jamais ? La divinité, Dieu. C’est la vérité. C’est votre véritable père. Prema, l’amour divin est votre véritable mère. La dévotion est votre fils, la paix est votre fille. Pour tout cela, il n’y a pas de changement, il n’y a pas de naissance, il n’y a pas de mort. Ils constituent votre parenté avec Dieu, c’est ce que nous dit Swami.
Une fidèle : «Swami, si ma véritable parenté est divine et que le restant n’est que temporaire, dois-je encore prendre soin de ma famille et de la maison ?
Swami : «Évidemment que vous le devez, c’est votre devoir. Faite votre devoir, prenez soin de votre famille. »
La fidèle : «Même s’ils m’éloignent de Dieu ? »
Swami : «Non, non, non, n’abandonnez pas votre famille. Vous devez prendre soin de votre mari et de vos enfants. Faites votre devoir, le devoir est Dieu. Le travail c’est de l’adoration. Ne lâchez pas votre devoir. »
La fidèle : «Mais Swami, quand Dieu appelle ? »
Swami : «Dieu est en vous, Il est avec vous. Il est au-dessus et en dessous de vous, Il est autour de vous. Il ne vous appelle pas, ne vous envoie pas chercher. Il est toujours avec vous. Vous êtes Dieu. Pensez toujours ainsi : je suis Dieu, je suis le Soi suprême, je suis tout. Pensez ainsi et faite votre devoir à la maison. Dieu ne vous envoie pas plus chercher qu’Il ne vous demande de venir. Vous, vous-même, vous êtes Dieu. Il est toujours avec vous. »
Le Soi et la personne
Un fidèle : «Swami, tout est-il prédéterminé ? Le temps qu’il nous faut pour fusionner est-t-il déjà décidé ? Le moment où nous fusionnerons et deviendrons enfin des êtres réalisés est-il déjà écrit sur nos fronts ?
Swami : «Pour le Soi immortel, il n’y a ni temps ni forme. Il est au-delà du temps et de la forme. Dans ce Soi Suprême, tout est unité. Souvenez-vous de cette unité et vivez-la. Faites-en votre but. Tout est un. Soyez pareil avec tout le monde. »
Un fidèle : «Alors Baba, quelle est la parenté entre le Soi Suprême et l’individu ? »
Swami : «Où est ce Soi Suprême ? Il est partout. Comment le savez-vous ? Vous ne le savez pas. Ce que vous dite est dicté par votre imagination. Vous n’avez aucune expérience directe. Accomplissez quelques pratiques spirituelles. Faites-en l’expérience, pratiquez-les, vivez-les, comprenez-les. »
Le fidèle : « Mais Swami, ce que je voulais demander c’est : ai-je un Soi Suprême individuel ? Y a-t-il un Soi Suprême individuel qui m’est spécifiquement attaché ? »
Swami : «L’individu n’existe que dans votre imagination, dans votre mental. Ce n’est qu’une illusion, irréelle, c’est Maya. Quand l’Esprit est partout, quand il est sans second, où peut être l’individu ? Dans votre imagination seulement. Le Soi seul est réel. Réalisez-le grâce à la méditation. »
Un fidèle : Swami, n’y a-t-il vraiment aucun être supérieur attaché uniquement à ce corps, me jugeant ou me guidant ? »
Swami : Vous êtes toujours à 100% dans cette conscience du corps. Ne gardez pas la conscience du corps. Dissipez-la. Ce qui restera sera la conscience de Dieu. Il n’y aura alors pas de colère, pas de haine, pas d’envie, pas de jalousie, pas de désir, pas d’ego, seulement et complètement de «l’anada», seulement de la félicité, félicité, seulement de la joie pure. »
Un fidèle : «Mais alors qu’est-ce qui renaît ? Quand y a-t-il réincarnation, qu’est-ce qui naît ? »
Swami : «Le corps naît. La naissance et la mort concernent le corps. L’ego ne concerne que le corps. La réincarnation ne concerne que le corps. Ne pensez pas au corps, pensez à l’Atma (le Soi). C’est l’unité, la stabilité. Pour le Soi (ou l’Âme), il n’y a pas d’incarnation, pas plus que de réincarnation. »
Un fidèle : «Swami : est-ce que j’existe en tant qu’individu ? »
Swami : «Je, je, je, toujours ce «je». D’abord demandez-vous qui est ce «je» ? Qui suis-je ? »
Le fidèle : «Mais Swami, n’y a-t-il rien d’individuel ? »
Swami : «Quand vous réalisez le Soi, alors il n’y a plus d’individu séparé. Vous pouvez comparez les individus à des ampoules électriques. Il peut y avoir une différence de puissance. Il peut y avoir une différence d’âge de couleur, de forme, de nom. L’une peut donner une lumière fluorescente, l’autre une lumière incandescente. Il y aura des différences de formes, mais partout le courant électrique est le même. Ce courant c’est vous. Vous n’êtes pas l’ampoule qui semble différente des autres. Vous êtes le courant, le seul et même courant qui est dans toutes les ampoules. C’est ce que vous êtes. »
Le fidèle : «Swami, y a-t-il des différences entre Dieu et moi ? »
Swami : «Vous êtes Dieu, vous n’êtes pas l’ego. Vous êtes Dieu. Vous êtes Dieu. »
Le fidèle : «Je suis Dieu ???
Swami : «Oui, oui, vous êtes le Soi, l’Atma. Vous êtes permanent. L’ego physique n’est pas permanent. Le physique n’est pas le soi immortel, mais vous êtes le Soi, pas le physique. Vous êtes Dieu. Pensez toujours ainsi. Ne pensez pas au corps, pensez à Dieu. Le corps vient, le corps s’en va ; pour lui, il y a naissance et il y a mort. Mais vous n’êtes pas le corps. Il n’est que rouille et poussière. »
Pensez à Dieu
Un fidèle : «Swami, je fais de la guérison, et je voulais demander …»
Swami l’interrompant : «La guérison viens à travers Dieu. Pensez à Dieu. Dieu est toute chose. Il fera ce qui est nécessaire. Pensez seulement à vous abandonner à Dieu. Vous pouvez dire : «Je guéris les autres», mais ce n’est que l’ego qui parle. La guérison ne peut pas venir à travers l’ego. Si vous pensez que vous faites de la guérison, c’est très mauvais. Ce n’est pas vous qui la faite. Vous n’êtes que l’instrument, Dieu fait toute chose. Pensez seulement à Lui. Aimez-Le. »
Alors le niveau est maintenant redescendu. Le sentez-vous ? Swami dit maintenant : «Vous êtes l’instrument ! » Auparavant, il a dit : «Vous êtes le Soi. » Cette graine a été plantée. Mais nous voulons constamment retourner à la dualité. C’est tout ce que nous avons appris pendant plusieurs milliers de vies. C’est un sentiment qui est très puissant en nous. Donc, nous sommes redescendus et Swami nous a accompagnés ; puis il nous a fait remonter au plus haut niveau d’enseignement.
Un fidèle : «Swami, comment pouvons-nous aimer quelque chose que nous ne comprenons pas ? »
Swami : «Développez la confiance en soi. Alors l’amour suivra. Il viendra naturellement, de l’intérieur. De cette façon, l’amour sera pur. Votre voyage commence avec la confiance en soi et se termine avec la réalisation du Soi. Ce Soi, c’est vous ; c’est Dieu, c’est ce que vous êtes réellement. »
Un fidèle : «Swami, est-ce que «confiance en soi» veut dire «confiance en le Soi ? »»
Swami : «Oui, avoir «confiance en soi», c’est avoir confiance en le Soi. C’est un amour inchangeable pour la divinité qui est à l’intérieur. Qu’est-ce qui va vous aider à développer cette confiance ? Soyez équanime. Soyez satisfait de ce que vous avez. Soyez heureux. »
Certain parmi vous peuvent avoir étudié les Upanishads. Le premier verset est : «Dieu est dans tous les êtres. Soyez heureux de ce que vous avez. Faites ce renoncement. Ne convoitez pas le bien d’autrui. » Swami nous dit cela très souvent. Dieu est partout. Soyez heureux de ce que vous avez. Ne désirez rien de plus. Ne courez pas après cet oiseau blanc donc Phyllis nous a parlé ce matin et ne repoussez pas cet oiseau noir lorsqu’il s’approche. Soyez équanime. Swami continue dans la même veine. :
«Le secret du bonheur n’est pas de faire ce que vous aimez, mais d’aimer ce que vous devez faire. C’est une grande vérité. Ayez toujours une complète confiance en Dieu qui prend soin de toute chose. La vraie grandeur ne peut venir que grâce à la foi. Pour l’instant, il n’y a pas de confiance en vous. Sans confiance, votre foi sera partagée et vacillante. Alors, comment peut-il y avoir de place pour la grâce ? Comment la divinité peut-elle pénétrer ? Si vous fermez la porte, comment l’esprit peut-il être révélé? »
L’Amour et la Grâce
Un fidèle : «Seigneur, je veux venir à vous le plus vite possible. Que dois-je faire ? Je suis prêt. Je veux venir. »
Swami : «Par l’amour, uniquement par l’amour. L’amour est tout, l’amour est Dieu, vivez dans l’amour. Commencez la journée dans l’amour, passez la journée dans l’amour, remplissez votre journée d’amour et finissez votre journée dans l’amour. C’est le chemin qui mène à Dieu. »
Un fidèle : «Swami, comment développer cet amour désintéressé ? »
Swami : «Seulement par la grâce de Dieu. »
Réfléchissons à cela quelques instants. C’est une réponse très surprenante. Donc qui développe cet amour ? Comment manifestons-nous cet amour ? Seulement par la grâce de Dieu. Pourquoi sommes-nous ici dans cette salle de conférence durant cette belle fin de semaine de vacance alors que nous pourrions être dehors dans la nature ? Comment sommes-nous venu ici ? Seulement par la grâce de Dieu.
J’ai demandé une fois à Swami : «Swamiji, vous avez dit une fois qu’il était plus important de gagner l’amour de Dieu que d’aimer Dieu. » C’est une chose que de dire : «j’aime Dieu, j’aime Dieu, j’aime Dieu», mais Swami a dit est beaucoup plus important que Dieu nous dise : «Je t’aime. Mon cher tu es moi. Tu m’es le plus proche et le plus cher. » C’est ce que nous voulons entendre de Dieu. C’est très important. J’ai dit : «Swami, comment pouvons-nous gagner l’amour de Dieu ? »
Swami répond : «Pensez seulement à Dieu avec amour. Répétez le nom de Dieu avec amour, dans votre cœur. Lorsque vous vous tournez vers Dieu, Dieu se tourne vers vous. Et Dieu est toujours et seulement amour. Lorsqu’il se tourne vers vous, Il vous remplit de Son amour. »
«Mais Swami, si c’est si important, pourquoi ne le faisons-nous pas tout le temps ? Pourquoi est-ce que nous oublions ? Pourquoi ne pensons-nous pas à Dieu tout le temps de façon à ce qu’il nous remplisse de Son amour ? »
Alors Swami a souri et a dit : «C’est la grâce de Dieu. Pour vous, le fait de penser à Dieu, c’est la manifestation de la grâce de Dieu. C’est son cadeau. C’est sa bénédiction. C’est quelque chose qu’Il donne, la chance pour vous de penser à Dieu. »
Nous parlons de libre arbitre, mais ici, il est clair qu’il n’y a pas même une trace de libre arbitre pour que nous puissions penser à Dieu par nous-mêmes lorsque nous souhaitons le faire. Peut-être que demain nous parlerons un peu plus de libre arbitre, mais finalement, où est le libre arbitre ? Tout est seulement un cadeau de Dieu.
Swami continua : «L’amour, l’amour désintéressé, il vient par la grâce de Dieu. Sans grâce, vous ne pouvez rien faire. D’abord faites votre devoir et pensez à Dieu toute la journée du matin au soir. Voyez tout comme étant Dieu et soyez heureux. Pensez en vous-même : «Ô ! Seigneur, vous êtes tout pour moi. Vous êtes mon but, Vous êtes mon souffle. » Ne pensez pas : «Ceci ou cela est à moi», ou : «cela n’est pas à moi». Au lieu de cela, pensez : «Tout est vous ; Seigneur, tout est à vous. » Pensez : «Je suis au-delà du corps. Ce mental n’est qu’un singe fou, je suis l’Atma (le Soi). Dieu en moi, nous sommes un. » Pensez comme cela : «Avant que ce corps ne soit formé, j’étais là. Quand ce corps s’en ira, je serais toujours là. Je suis toujours là, même sans ce corps. Je suis omniprésent, je suis le tout. » Pour parvenir à cette vérité vous devez faire des exercices spirituels. Vous devez rechercher ce qu’est Dieu. Qui est Dieu ? Qui suis-je ? »
Exercices spirituels et service
Swami : «Jésus passa douze ans dans le désert, puis il atteignit la réalisation. La première étape dans la réalisation est de toujours penser à Dieu et après quelques années, vous saurez que vous êtes un avec Dieu. Au commencement, vous pouvez penser que vous êtes sur une scène de théâtre et que vous n’êtes qu’un acteur. Dieu est le metteur en scène. Tous sont des acteurs. Il dirige tout. Mais ne vous arrêtez pas là. Avancez et identifiez-vous avec Dieu. Pensez à Dieu, soyez Dieu. »
Une fidèle : «Swami, devons-nous sortir et dire tout cela aux autres aussi? »
Swami : «Ne parlez pas tant. Faite d’abord un «sadhana» (cheminement spirituel). Agissez d’abord, soyez ensuite. Alors vous pourrez parler, mais seulement un peu. Faites tout avec amour. Soyez bon, voyez le bien, faite le bien. Après cela, vous développerez la confiance en soi et l’amour pour Dieu.
Vous pouvez partager avec les autres, mais c’est une bonne règle de ne pas trop parler. Parlez très peu, même de Dieu. Dans le «sadhana», il y aura un dialogue intérieur avec Dieu. Vous laisserez tous les attachements et vous cous attacherez à Dieu seul. Cette pureté de cœur est très importante. Il n’y a pas d’unité là où il n’y a pas de pureté. Sans unité, vous ne pouvez pas atteindre la divinité et alors toute votre vie n’est qu’un gaspillage. D’abord la pureté, ensuite l’unité. Puis vous réaliserez la divinité. »
Un fidèle : «Et la pureté vient-elle du service Swami ? En faisant du service ? »
Swami : «Oui, la pureté vient de l’amour désintéressé, du service, du service désintéressé. Tout le monde fait partie de la même famille, servez tout le monde. Non seulement les membres de la famille Sai, mais la famille du monde entier. Tous sont frères et sœurs. Soyez pareil avec tout le monde. C’est cela l’unité. La fraternité des hommes et la paternité de Dieu. »
Un fidèle : «Swami, même dans un pays comme l’Allemagne où il n’y a pas beaucoup de spiritualité ?
Swami : L’Allemagne, le Japon, l’Amérique, l’Italie, la France … les pays sont tous différents, mais le cœur est le même. Dieu est partout, vous pouvez partout faire du service et développer votre amour. Où que vous soyez, faites tout avec dévotion et amour. Et sachez que vous avez la bénédiction de Swami. »
Donc, ici dans cet entretien, Swami a enseigné à beaucoup de niveaux différents, mais Il a considérablement insisté sur le niveau le plus élevé. Ce qu’est la vérité à un certain niveau ne sera pas nécessairement vrai à un autre. Par exemple, Swami dit que nous ne devons pas penser au soi, que nous devons être désintéressés, mais ensuite Swami dit que nous ne devons penser qu’au Soi. Les mots sont les mêmes, mais à différents niveaux, la signification est différente. Dans ces paroles que nous venons d’entendre et dont beaucoup se situaient au plus haut niveau. Swami était en train de semer des graines.
Je pense que peu de personnes dans cette pièce sont prêtes à sortir d’ici et à vivre pleinement ces enseignements. Mais vous pouvez être certains que ces graines travailleront à l’intérieur de vous de toutes façons, parce qu’elles y ont été semées. Elles se trouvent dans le cœur et elles grandiront. Elles prendront de plus en plus de force et deviendront finalement une seconde nature pour nous, parce qu’en fait, elles sont notre vrai nature. Mais jusqu’à ce que cela se produise et tant qu’il subsiste encore un peu de conscience corporelle, la dualité sera présente.
Lorsqu’il y a dualité, une pratique différente est appropriée, un «sadhana» différent convient, parce qu’un niveau de conscience différent est concerné. Nous continuons donc nos pratiques dualistes, mais en même temps nous nous préparons nous-mêmes à nous élever, car Swami nous dit ici ce qui est important, ce qu’il faut faire pour parvenir au plus haut niveau qui est notre propre vérité.
La prière
Swami nous donna quelques prières pour le matin et pour le soir. Il nous a recommandé de faire le matin la prière suivante :
«Seigneur, je renais du sommeil et je suis déterminé à entreprendre toutes les tâches de ce jour en te les offrant à Toi qui est toujours présent aux yeux de mon esprit. Que toutes mes paroles, mes pensées et mes actions soient sacrées et pures. Fais que je ne blesse personne et que personne ne me blesse. Daigne me guider et me diriger tout le long de cette journée. »
Et pour le soir Il nous donna une prière d’un niveau légèrement plus élevé, car il ne s’agit plus de sortir dans le monde pour y vivre un nouveau matin, une nouvelle journée, mais de rentrer, la nuit, à la maison.
«Seigneur, les tâches de ce jour sont maintenant accomplies. C’est Toi qui m’as fait me mouvoir, penser, parler et agir comme je l’ai fait. Je dépose maintenant toutes mes paroles, mes pensées et mes actions à Tes Pieds de Lotus. Je te prie, accueille-moi, je reviens vers Toi. »
Lors d’un anniversaire, Swami nous a dit de répéter chaque jour le mantra suivant. Il se situe à un niveau encore plus élevé.
«Je suis Dieu, je suis Dieu. Je ne suis pas différent de Dieu. Je suis la Réalité Suprême. Je suis l’incarnation de Sat-Chit-Ananada (Être-Conscience-Béatitude). Je suis OM TAT SAT. La peur ni la douleur ne pourront jamais m’atteindre. »
Et puis, voici le niveau où se situait l’entretien qu’il nous accorda :
«Je suis Atma (le Soi). Je ne suis jamais né, je ne mourrai jamais. »
Observez ce qui se trouve derrière tous les phénomènes de ce monde et vous trouverez l’Unique Divinité. Regardez à l’intérieur de votre réalité et vous trouverez l’unique Divinité. Je ne suis jamais né. Je ne mourrai jamais. Je suis le Soi.
Est-ce que je dis cela parce que je le sais de manière directe ? Non. Alors, ne dois-je pas le dire ? Non. Je dis cela parce que Swami dit : «Fait-le ! » Mais il ajoute : «Ne le dis pas aux autres, fais-le à l’intérieur. » C’est une affirmation : «Je suis Dieu, je suis Dieu. » Vous ne pouvez pas le dire à tout le monde. N’allez pas à l’extérieur hurler dans la rue que Swami vous a dit de dire : «Je suis Dieu. » Faites-le à l’intérieur de vous et avec la conviction que naît de la foi, parce que Swami a dit que c’était la vérité. Alors, avec le temps, vous l’expérimenterez directement comme étant votre propre vérité.
Si vous avez choisi vous-mêmes d’entendre cela, alors c’est que vous êtes prêts à le faire. Donc, lorsque vous vous levez le matin et que vous affrontez le monde, vous pouvez dire : «Je renais du sommeil. Je suis un instrument. Je suis déterminé à entreprendre les tâches de cette journée. J’accomplirai mon devoir, Cher Seigneur, avec Toi toujours présent à ma pensée .. » Et le soir vous pouvez dire : «C’est Toi qui m’a permis de faire toutes choses. Tout a été fait par Toi. Je ne sais rien par moi-même, ce qui sort de ma pensée change constamment, donc ce ne peut être la vérité. Et donc j’avance avec ce que Swami m’a dit être la vérité et cette vérité c’est : «je suis Dieu, je ne suis pas différent de Dieu. »
Donc, il y a tous ces niveaux différents et il ne faut pas les mélanger. Mais malgré tout, la confusion viendra et avec elle des questions se poseront. Voyons quelles peuvent être certaines de ces questions.
(Période de question dans la salle)
Q. «La question est à propos de l’incarnation. Si nous sommes parfaits, pourquoi sommes-nous venus dans ces corps ? »
Drucker : Oui, il y a beaucoup de «pourquoi» de ce genre et ils ont des réponses qui vous satisferont pendant quelques temps. Par exemple, Swami demande : «Pourquoi rêvez-vous ? » Et il répond : «Parce que vous êtes endormis ! » Pourquoi êtes-vous vivant ? Parce que vous êtes nés ! »
Pourquoi êtes-vous nés ? Parce que vous êtes morts, mais vous êtes mort d’une manière incorrecte. Vous n’étiez pas accomplis, donc vous êtes nés à nouveau. Qu’est-ce qui provoque la naissance ? Karma, les actions qui n’ont pas été accomplies. Pourquoi êtes-vous en prise avec le Karma ? Parce que vous aviez des désirs insatisfaits. Pourquoi avez-vous des désirs ? Parce que vous pensiez que le monde était réel et qu’il avait pour but de satisfaire vos désirs. Pourquoi pensiez-vous que le monde était réel ? À cause de la dualité. Pourquoi la dualité ? À cause de l’ignorance de la vérité que tout est Un. Pourquoi l’ignorance ? À cause de Maya, l’illusion.
Et ainsi se succèdent question et réponse, cause et effets. Mais il n’y a ni cause ni effet. Tout cela est inexplicable. Lorsque vous parlez de Maya, illusion, on ne peut pas comprendre cela. On ne peut pas l’expliquer. Nous pouvons parler de ces choses et cela nous satisfera jusqu’à un certain point. Mais finalement la seule réponse sera «leela» (jeu Divin). Ce n’est qu’un jeu. Et pourquoi jouons-nous ? Pourquoi pas ? C’est notre nature. Mais l’Absolui, la perfection infinie a-t-elle besoin de se séparer d’elle-même et de jouer avec elle-même ? Cela ne peut pas être compris, tout au moins pas à travers notre mental linéaire et rationnel.
Il y a pourtant une chose, une pensée, que vous pouvez connaître à propos de «maya» : c’est qu’elle aura un terme. Elle finira. Comme finira-t-elle ? Pensez à Dieu et il n’y aura pas de «Mayas». Pensez à «Mayas» et il n’y aura pas Dieu. Donc, lorsque vous posez la question à propos de la naissance et de la mort, vous êtes en train de penser à «Maya». Alors vous obtiendrez des réponses. Pensez à Dieu et toutes ces questions n’émergeront pas.
Q. «Nous avons accompli un certain travail de traduction sur le livre de Hislop, «Mon Baba et Moi», et quelque chose m’a frappé. Quand Hislop a questionné Swami, il a évoqué la question des fidèles américains d’origine juive. Pourquoi n’y a-t-il pas l’étoile juive dans le symbole du Sarva Dharma ? Baba donna alors une réponse qui me fit penser qu’il ne connaissait rien de la religion juive, Il a semblé éluder la question. Mais ensuite, je me suis souvenu d’un chapitre où se trouve un compte-rendu d’un discours de Swami à propos des rituels de toutes les religions et Il avait commencé par la religion juive. Il donna alors l’impression d’être un expert accomplit de toutes les anciennes traditions juives. Cela m’a semblé très étrange. Pouvez-vous m’en dire un peu plus à ce sujet ? Peut-être étiez-vous présent lors de ce discours ?
Drucker : Swami dit : Aimez mon incertitude. Aimez mon incohérence. » Swami dit beaucoup de choses qui prises à des moments différents peuvent sembler contradictoires. Elles peuvent troubler. Lorsque le Seigneur est né, «Maya» est né avec Lui. Quelques fois il a l’air d’être comme une personne du sud de l’Inde qui ne sait pas grand chose en dehors de son champ d’intérêt le plus proche. Mais ensuite Il se révèle être Lui-même le maître de toute connaissance. Nous avons vu cela se produire souvent et nous avons été pris de doutes à son égard. Le meilleur conseil que je puisse vous donner lorsque vous vous trouvez dans un tel dilemme est de suivre la voix de la conscience, la voix intérieur du maître et il n’y aura pas de conflit, seulement parfois quelques conflits ludiques pleins de joie.
Lorsque Swami prodigue les enseignements les plus élevés, il n’y a pas de confusion. Au cours de cet entretien pour les fidèles occidentaux dont je viens de vous parler, il n’y avait pas de confusion. Les questions ne provenaient pas de choses troubles. Elles provenaient d’un désir sincère d’illumination et d’une surprise qui vous submerge presque … «Vous dites que je suis Dieu ? Je ne suis pas un individu, mais Dieu. » Vous voyez, cela ne provient pas de quelque chose de trouble, cela provient d’une réalisation soudaine. Cela peut-il vraiment être vrai ? Si cela est vraiment vrai, qu’est-ce que cela signifie réellement ?
Essayons de parvenir à une compréhension plus avancée de cela, afin de nous élever à un niveau supérieur. La confusion arrive lorsqu’il y a incohérence à des niveaux différents. Cela se produira souvent. N’y prêtez pas trop d’attention. C’est la manière de faire de tous les grands instructeurs. Par leurs apparences incohérentes, ils vous poussent à chercher refuge aux plus hauts niveaux.
Et puis vous devez aussi vous souvenir que Swami aime la crème. Il aime le beurre. Il baratte sans cesse. Il vous élève sur les hauteurs puis Il vous plonge dans les profondeurs jusqu’à ce que vous abandonniez toute cette conscience du corps et toute cette fausse importance de soi et d’intérêt dans les choses mondaines, dans les histoires, dans les paroles. «Intériorisez-vous, » «Intériorisez-vous.»
C’est le message logique de Swami. Tant que nous avons envie d’entendre des histoires, Il nous donne des histoires. Et demain Il peut nous donner une histoire différente et Il agira d’une autre manière. Mais ne restez pas à l’extérieur, impliquez-vous dans une histoire avec ses contradictions apparentes. Intériorisez-vous et il n’y aura plus de confusion.
En ce qui concerne le Judaïsme, Swami donna un entretien aux fidèles juifs pour répondre aux questions à propos de la foi juive. J’étais présent à cet entretien et je me souviens que Swami a dit :
«La religion juive et la religion chrétienne sont essentiellement pareille. En Inde, il y a très peu de juifs, nous n’avons donc pas mis l’étoile juive dans le symbole du Sarva Dharma, mais vous pouvez l’ajouter. Les Juifs et les Chrétiens ont la même bible comme base. La Bible chrétienne a été ajoutée à la Bible juive. La Bible est Veda. Veda signifie la Voix de Dieu. Elle est venue de Dieu. Mais il y a eu beaucoup de commentaires ajoutés par les prêtres et les scribes. Jésus a enseigné le même Veda. Il n’y a donc pas réellement de différence entre les enseignements de base juive et les enseignements chrétiens. »
Eh bien, Swami a complètement raison. Ainsi que je le disais plus tôt, quand on a demandé à Jésus quel était le commandement le plus important, il cita le mantra donné par Moïse, le Shema qui est sacré pour les Juifs, et qu’ils répètent quotidiennement aussi souvent qu’un brahman récite la Gayatri. Et quand on lui a demandé quel était le deuxième commandement le plus important, il cita encore Moïse lorsqu’il dit que vous devriez aimer votre prochain comme vous-mêmes, ce qui constitue la Règle d’Or. Alors, où se trouve la différence ? Seulement dans quelques détails rituels ajoutés plus tard et sur la croyance que Jésus était le Messie, le Sauveur. Mais le cœur de l’enseignement, notre relation avec Dieu et notre prochain est le même.
Au sujet de Moïse, j’ai eu la change de poser à Swami la question suivante : «Swami, Moïse a conduit le peuple hors de l’esclavage vers la terre qui avait promis auparavant. Puis, il y a 2000 ans, Jésus fut considéré par ses disciples comme le Sauveur qui les conduirait dans le Royaume des Cieux. Mais les Juifs attendent toujours que le Messie vienne, Swamiji, êtes-vous le Messie qui est venu pour nous délivrez tous ? »
Swami répondit : «Non, ce n’est pas ainsi. Pas un Messie. En vérité, vous êtes tous des Messies. Ici et maintenant vous avez la force de vous sauver vous-mêmes et d’aider aussi les autres. Vivez en Dieu. Pensez Dieu. Soyez Dieu. Vous êtes Dieu. Réalisez cela ! Réalisez cela! » Voilà, c’est le message cohérent que Swami nous a adressé.
Q. «Dans l’entretien que vous avez partagé avec nous, il y avait une question qui disait : «le moment où la réalisation sera atteinte, est-il inscrit sur le front de chacun ? Et la réponse que vous avez donnée ne m’a pas semblé très claire. Pouvez-vous la répéter et pourrions-nous en parler un peu ? »
Drucker : La question se réfère à ce qui est prédéterminé. Tout est-il prédéterminé ? Étant donné que Swami enseignait au plus haut niveau, il parlait de l’Atma, le Soi. L’Atma n’est jamais né, il n’est jamais né à nouveau. C’est ce que dit Swami. Mais à présent vous parlez à partir du point de vue de votre personnalité, de votre individu. Rappelez-vous qu’une des questions était la suivante : Existe-t-il quelque chose d’individuel ? Et Swami a répondu : «Pour l’Atma, Il n’y a pas d’individu. Les individus sont comme des ampoules électriques. Elles peuvent être différentes, mais vous êtes le courant électrique, vous n’êtes pas les ampoules. »
Mais nous voulons quand même savoir. Après tout, je suis assis ici et je ne suis pas assis là-bas. Ce que je fais de cette vie, la trajectoire dans le monde que je prends avec ce corps, tout cela est-il prédéterminé ? Oui bien sûr, si vous voulez redescendre au niveau individuel, alors c’est que Swami vous répondra. Mais Il n’a pas répondu cela dans l’entretien parce qu’Il enseignait au plus haut niveau de vérité, la vérité qui ne change pas.
La réponse la plus cohérente que j’ai entendu Swami donner est que quand vous êtes né, il y avait un «mala» un collier autour de votre cou. C’est le collier disposé là par Brahma, le Seigneur de la Création. Vous ne pouvez pas voir ce collier, mais il sera présent de toute façon. Et les grains enfilés sur le collier sont toutes les actions que vous devez accomplir durant cette vie et également, quand et comment vous terminerez cette vie. Il a dit que ce n’était que comme des wagons qui ont une date sur eux indiquant à quel moment ils doivent être renvoyés à l’atelier.
De même, il y a une date déjà écrite sur vous indiquant quand ce corps/mental doit retourner à l’atelier, quand il doit retourner aux cinq éléments. C’est déjà déterminé. Voilà la réponse que Swami donne habituellement. ET bien sûr, cela signifie que tout est prédéterminé. Mais Swami dit aussi que par nos efforts nous pouvons obtenir la grâce de Dieu et par conséquent changer notre destinée. C’est nous qui l’avons imprimée sur notre front et nous pouvons l’effacer en invoquant la grâce de Dieu. Ce qui est nécessaire c’est le mariage des efforts personnels et de la grâce de Dieu.
Le message plus profond derrière cela que le karma qui attend de fructifier, qui attend d’entrer en action, est comme un grand entrepôt rempli avec des milliers de vies à venir. Nous avons fait tant de choses dans d’autres vies qui ne peuvent pas être compensées dans cette vie. Je peux avoir blessé mes parents, ce qui peut exiger que je revienne pour souffrir en tant que parent. Je peux avoir fait quelque chose dans un corps féminin qui exige que je revienne dans une forme féminine afin de compenser. Je peux avoir été riche et avoir fait quelque chose de mal et maintenant je dois revenir en étant pauvre.
Il y a aussi des résultats positifs qui demande leur achèvement dans des vies futures. Cela se chiffre à de nombreuses vies qui sont toujours en train d’attendre de fructifier. De cet immense «auditoire» entièrement rempli, nous en prenons une très petite «charrette» ou quantité qui est notre vie actuelle. Nous avons des milliers de vies derrières nous, mais il y a aussi des milliers de vies qui attendent toujours.
Alors, qu’est-ce qui est vraiment important ? Cette vie présente est-elle importante ? Non, ce qui est important, c’est que «l’auditoire» des vies futures soit complètement réduit en cendres. Nous devons libérer les graines de toutes ces vies à venir, c’est-à-dire faire tout ce qu’il faut pour que cette vie soit la dernière. Voilà ce qui est important. Aussi longtemps que nous pensons avoir le choix de faire quelque chose, alors ce doit être notre choix prioritaire numéro un. Pour cela, nous avons besoin d’acquérir la connaissance. Seul l’Atma Vidya (compréhension du Soi) nous libérera de ces graines de vies futures et les rendra inopérantes. L’illusion complète de la naissance et de la mort doit être dispersée. Et Swami dit que cela ne peut se produire qu’après que nous ayons purifié nos cœurs de toutes les influences négatives qui y sont.
Alors, tout cela est-il écrit sur nos fronts ? Encore une fois, nous devons demander à partir de quel niveau cette question a été posée. Si nous nous plaçons au plus haut niveau, cette question n’a pas de sens, étant donné que le problème entier disparaît lorsque nous posons la question préalable suivante : «Qui est le Je qui veut savoir ? » Lorsque nous cherchons le chercheur, tout ce que nous trouvons c’est l’unité et alors la question ne se pose plus. Au niveau dualiste, nous trouvons des réponses, mais elles ne nous satisfont que pour un court moment parce que nous voudrons constamment les développer.
Mais pourquoi nous tourmenter avec ces problèmes ? Pourquoi ne pas vivre simplement comme si c’était notre dernière vie, c’est-à-dire se focaliser, se languir d’atteindre la vérité la plus élevée. Cela signifie se remplir soi-même de toutes les vertus qui plaisent au Seigneur, de façon à ce qu’il nous dispense se grâce de plus en plus. Finalement nous découvrirons la vérité que nous avons été constamment un avec le Seigneur.
Nous sommes Lui. «L’homme dépourvue de désir est Dieu. » dit Swami. Lorsque le dépôt de graines a disparu, il ne reste que Dieu. C’est jnana, l’enseignement de la sagesse. Mais cette jnana ne peut venir qu’à travers l’amour, à travers la dévotion. Et avant que cette dévotion puisse exister, il faut faire du service. Vous devez changer vos actions ordinaires, karma, en actions sacrées. Vous devez changer ces actions sacrées en action sans désirs pour les fruits de l’action. Ensuite vous devez transformer les actions sans fruits en sacrifice. Vous devez l’offrir au Seigneur. Alors, automatiquement la dévotion viendra. Ce sont les étapes le long du chemin.
Alors, la réponse est : oui, tout est prédéterminé, mais en même temps au niveau phénoménal, vous avez le choix. Tournez-vous vers Dieu et Dieu se tournera vers vous et l’ombre sera derrière vous. Elle ne vous affectera plus. Mais si vous choisissez de vous tourner vers le monde, alors Dieu vous laisse seuls et vous êtes dans le monde de l’ombre ou de ce qui est écrit sur votre front. Donc, dans un certain sens, c’est à vous de décider. Quand vous pensez que vous êtes dans le monde de la relativité, séparés de Dieu, vous pensez que vous avez une volonté séparée de Dieu, mais dans ce cas, vous devez l’exercer correctement.
La foi et l’expérience
Ce n’est qu’en mettant l’expérience de côté que vous pouvez progresser dans la foi. La foi est ce en quoi vous croyez. Cette croyance est très importante parce qu’elle crée votre réalité. Par conséquent, si votre réalité est l’enseignement le plus élevé de Swami, c’est grâce à cela que vous avancez. Swami dit :«Votre vérité, c’est la Divinité. Vous êtes de véritables incarnations de l’Amour Divin.» Il n’est donc nul besoin d’encourager votre mental à se poser d’autres questions sur ce qui est réellement vrai. Notre nature est divine et nous sommes les incarnations de l’Amour Divin. Le Satguru, qui nous connaît mieux que nous nous connaissons nous-mêmes, l’a dit. Nous croyons en lui avec toute la conviction de notre foi.
Peut-être ne sommes-nous pas conscients de notre nature altruiste, bien que nous soyons pur amour divin. Il est même possible que nous ressentions exactement le contraire. Paradoxalement, c’est quand nous nous sentons dépourvus d’amour, que nous ne sommes pas nous-mêmes. Dans cette situation, c’est l’illusion (maya) qui voile notre véritable nature. Je ne parle pas de ce qui se passe extérieurement, mais de ce que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes. A l’extérieur se déroule le jeu des trois gunas, qualités qui participent de l’illusion : Tamas, Rajas et Sattwa, correspondant respectivement à l’activité et à l’équilibre. Swami dit que ce sont ces gunas qui tirent les ficelles des êtres manifestés et les font danser comme des marionnettes, au rythme qu’elles «les trois gunas» induisent dans le mental. Ces états émotionnels du monde intérieur sont comparables aux activités du monde extérieur.
En réalité, je ne suis pas cette marionnette. Le mental est peut-être en train de s’agiter, mais je suis un rocher solide, que ces jeux superficiels n’affectent pas. Est-ce l’expérience qui me fait parler ainsi ? Non, je n’ai pas eu cette expérience. Est-ce donc la foi qui s’exprime en moi ? Absolument ! J’ai choisi cette réponse parce que le Seigneur me l’a assurée ; il nous a assuré à tous que c’est la Vérité. Donc, pour commencer, affirmez votre foi. «Je suis le Soi, l’Atma, je suis Dieu. Je suis le pur amour divin. Je suis Un avec toutes les choses et tous les êtres. Tout ce qui me donne l’impression d’être«autre»ne peut pas être moi. Je ne suis pas ce corps. Je ne suis pas cet individu limité. Je ne suis pas cet ombre changeante. Je suis la Substance Immuable. Je suis la Pure Conscience. Je ne suis jamais né, et je ne mourrai jamais. C’est ce que je crois et c’est ainsi que je vivrai. L’expérience elle-même viendra plus tard. Mais elle viendra, sans aucun doute. » Swami nous l’a promis.
Faisons maintenant une petite pause. Je voudrais vous suggérer de ne pas quitter cette assemblée et de pas commencer à parler des choses du monde. Pensez à ces principes-là. Swami aime que nous limitions les bavardages. Comme l’a dit Bouddha : «Avant de parler, posez-vous la question : est-ce que ce que je vais dire est nécessaire et vrai ? Est-ce plus bénéfique que le silence?» Voilà la clé de toute chose. Quelle valeur accordons-nous à la tranquillité? C’est seulement lorsque nous sommes purs intérieurement, lorsque nous faisons le vide en nous… ce n’est que dans les profondeurs de notre silence intérieur que nous pourrons entendre en nous la voix de la Conscience qui est celle de Dieu.
Le niveau de confusion
Question :Je suis toujours un peu confus à propos de ce que Swami nous dit. Sommes-nous responsables de l’état du monde ou est-ce Dieu qui en est responsable ?
Réponse : Swami dit que se sont les actions de l’homme, et non les actions de Dieu, qui ont amené la condition humaine à l’état misérable dans lequel elle se trouve aujourd’hui. Comment pouvons-nous alors concilier cela avec ce qui a été auparavant ? Est-ce à dire que tout ce qui arrive n’est pas la manifestation du désir de Dieu ? N’est-ce pas là les questions qui vous hantent ? Faisons attention à ne pas confondre les niveaux, nous parlons de niveaux différents. Swami est la montagne. Chaque chemin qui conduit au sommet est Swami, mais nous avons chacun un chemin qui nous est propre. Swami dit beaucoup de choses. Il parle à des jeunes étudiants à Prashanti Nilayam et ses discours sont publiés dans le Sanathana Sarathi (journal mensuel de l’Ashram). Tout ce qui est écrit ne s’applique pas, cependant, à chacun de nous, tout au moins pas intégralement. Swami s’adresse à des personnes différentes qui se situent à des niveaux différents d’évolution, et il fait progresser chacun à son rythme. Bien souvent notre problème vient du fait que nous établissons des comparaisons entre ce que Swami dit aux uns et aux autres, ou bien entre ce qu’il a dit à un endroit spécifique avec quelque chose qu’il a dit ailleurs, alors qu’il s’adressait à un autre groupe. Ceci peut créer une certaine confusion.
Pour illustrer cela, laissez-moi vous relater ce qui suit. Ce matin- là, à Kodaikanal, Swami avait reçu un groupe en entretien. Le soir même, je me retrouvais au même endroit et Swami parla à de nombreuses personnes rassemblées là. J’étais le seul occidental. Swami répondit à quelques questions et Il raconta des histoires. Je voulais lui poser une question se référant à l’entretien du matin, mais Swami l’écarta, en disant : «C’est beaucoup trop difficile ; pas maintenant. » C’était donc un sujet inapproprié à ce moment-là. Pour savoir quelles directives s’appliquent à nous individuellement, nous devons écouter la voix intérieure de notre conscience. Pour cela, nous devons développer bouddhi. Bouddhi est notre canal vers l’Infini. C’est là que nous obtiendrons les réponses qui nous sont destinées. Nous devons donc employer bouddhi, notre intellect intuitif, notre faculté de discernement qui sait instantanément ce qui est juste dans une compréhension intuitive. Cela ne se passe pas au niveau du mental. C’est quelque chose que vous sentez dans votre cœur, au plus profond de vous. Vous ne pouvez pas l’expliquer, vous le savez, tout simplement. Quand vous l’éprouvez, vous sentez immédiatement : «Oui, cela me parle, C’est ce que je devrais écouter et c’est ce que je devrais faire. »
Souvenez-vous, pendant quelques instant, de ce que vous avez ressenti hier, lorsque je vous ai lu cet entretien. Vous rappelez-vous combien certaines de ces paroles vous ont touchés en plein cœur et comment, l’espace d’un instant, dans un sentiment d’exaltation, vous avez presque retenu votre respiration ? Oui ! C’est cela, la vérité ! Swami dit que lorsque nous nous procurons de la joie, ce n’est pas l’objet en lui-même qui nous donne de la joie. Dans notre cœur, nous faisons l’expérience de notre propre joie immuable car, à ce moment précis, le voile qui masquait cette joie s’est soulevé pour un instant et, dans un éclair, notre propre félicité (Ananda) nous a été révélée. De la même façon, lorsque nous recevons ces enseignements qui nous ouvrent la porte, ils produisent un impact incommensurable en regard du sens que ces mots véhiculent habituellement. Nous identifions la vérité instantanément, et le voile qui la dissimulait s’est levé un court moment, nous permettant de faire l’expérience de notre réalité profonde.
Nous avons donc parlé d’Advaïta (non-dualité), mais nous n’avons pas beaucoup parlé de Dvaïta. Comme votre question est en rapport avec le monde, vous êtes concernés par la Dvaïta (la dualité). Le monde est dans la dualité ; il est en relation avec le rêve, il se passe toutes sortes de choses et la façon dont elles vous affectent dépend de la façon dont vous les voyez. Mais lorsque vous êtes dans l’Advaïta, il n’y a pas de monde, seulement Dieu.
Les semailles
Pendant l’entretien dont je vous parlais hier, Swami sema des graines de non-dualité nous encourageant à ne pas nous sentir concernés par le monde qui nous entoure. Ce procédé a peut-être suscité en vous des remous et des perturbations. Vous pouvez appeler cela un mécontentement divin.
Supposez qu’un fermier récolte un excellent froment. Il en apporte une partie au marché et il en obtient un bon prix. Il est très content, n’est-ce pas ? Il met de côté l’autre partie de sa récolte pour son usage personnel pour l’année, car il lui faut se nourrir et survivre. Cela lui donnera l’énergie dont il aura besoin pour le restant de l’année. Un fonctionnaire vient voir le fermier et lui dit : «Nous avons trouvé des graines d’une excellente qualité. C’est un nouveau type d’hybride qui donnera trente pour cent de rendement supplémentaire. Il possède un taux énergétique plus élevé et il contient plus de protéines, la plante résiste mieux aux maladies et elle pousse deux fois plus vite. Vous en obtiendrez un bien meilleur prix. Le gouvernement veut vous offrir ces semences. Pour votre prochaine saison, semez ces graines au lieu de l’ancienne variété dont vous aviez l’habitude.
Le fermier est très intéressé. Il est tout heureux à l’idée de semer ces nouvelles graines et de voir grandir les nouvelles pousses. Mais, pour cela, il faut du temps…cela prend des mois. Il faut attendre la bonne saison et ne rien faire avant que le grain soit prêt pour la moisson. Pendant tout ce temps, de quoi le fermier et sa famille vont-ils vivre ? Ils doivent s’alimenter avec la récolte de l’année précédente, avec ces vieilles semences qui ont maintenant perdu tout intérêt. Ils doivent donc tirer leur énergie de l’ancienne récolte et vivre de ce qui n’a plus cours.
Voilà une image du mécontentement divin. Les nouvelles graines ont déjà été semées, mais vous êtes obligés de fonctionner avec l’ancienne énergie. Notre énergie, nos pensées, nos habitudes, tout nous vient encore de notre ancienne récolte. Finalement, lorsque la nouvelle récolte vient à maturité, nous pouvons enfin jouir de notre bonheur. Mais voilà que le fonctionnaire revient et dit : «Nous essayons maintenant une nouvelle variété de graines. Nous avons décidé de l’employer pour nourrir les animaux, pour remplacer la viande et les produits laitiers. Elle contient 60% de protéines en plus. Il y a un large marché pour cela, et nous pourrons aussi l’exporter à l’étranger. Elle atteindra donc un très bon prix.» Et le fermier découvre que son matériel est à nouveau périmé. Et cela se répète, encore et encore. C’est ainsi que le mécontentement persiste, parce que sa vie est toujours en décalage avec ses nouvelles connaissances.
Les Vsanas (tendances, habitudes, désirs, besoins…)
Il y a souvent une différence entre ce que nous recommandons et que nous savons authentique car basé sur des enseignements, et ce que nous mettons réellement en pratique. Nous avons reçu la connaissance, mais nous n’avons pas encore pu l’intégrer. Nous vivons toujours avec les semences de l’année dernière. Parfois Swami dit : «Vous êtes des héros en paroles, mais des zéros dans la pratique ! » Les vasanas, les inclinations, habitudes et tendances sont fortement ancrées en nous. Elles nous enfoncent toujours plus dans de profondes ornières creusées par notre passage le long des mêmes routes du monde, ornières dont il est très difficile de se sortir. Nous avons vécu dans la dualité et l’ignorance, en désaccord avec notre véritable nature, et ce, durant d’innombrables vies. Nous devons maintenant construire des modèles radicalement différents qui nous permettront de revenir à notre véritable nature. C’est la raison pour laquelle il faut s’adonner à Abhysa.
Abhysa signifie la répétition constante. C’est une pratique très importante que Swami nous enseigne. Nous devons lire et relire, écouter et réécouter. Nous devons faire un profond travail sur nous-mêmes et nous engager dans des satsang (compagnie de personnes bonnes et sages). Nous devons permettre aux paroles du Seigneur de pénétrer en nous et de nous remplir de différentes manières, de façon à ouvrir un nouveau sillon, un nouveau modèle pour notre être. Et ce qui est plus important encore, nous devons les mettre en pratique dans notre vie quotidienne. Nous devons établir une nouvelle manière d’être qui nous éloigne de nos anciennes habitudes si bien enracinées, suivies pendant d’innombrables vies basées sur la dualité, et qui concernent notre perception du monde. Nous devons nous sortir de cet état.
Tout semble nous tirer vers le bas, alors que nous devons élever. Nous devons nager à contre-courant. Nous n’obtenons d’aide que de nos fidèles camarades ou compagnons de recherche, qui, d’ailleurs sont si peu nombreux ! Nous devons donc faire grandir notre force intérieure et notre patience et apprendre à vivre dans ce qu’on peut appeler le mécontentement divin. Et c’est précisément au moment où tout commence à s’arranger que le fonctionnaire revient et nous donne de nouvelles consignes. Il nous apporte à la fois espoir et désespoir, mais aussi les précieuses nouvelles graines avec leur mode d’emploi. Avec son aide, nous progressons. Cependant, jusqu’à ce que la nouvelle récolte arrive à maturité et que les promesses deviennent réalité, nous devrons nous accommoder des semences de l’année précédente.
Une grâce survient, le téléphone sonne et nous entendons la voix d’un frère ou d’une sœur disant «Sai Ram ! » notre joie revient et nos difficultés sont oubliées. Ce «Sai Ram » nous rappelle que Swami est toujours avec nous, même dans ce monde dont Dieu semble absent. C’est ce que nous avons ressenti cette fin de semaine, à Hambourg. Il a dit :«Lorsque plusieurs d’entre vous se rencontrent en mon nom, Je suis parmi vous. » Rappelez-vous que Swami est ici, pour tout le monde. Certains peuvent passer dix, vingt ou trente années sans le savoir, ou même de nombreuses vies, mais tout le monde est sur le chemin du retour à la maison, pas seulement nous. Nous n’avons pas été choisis expressément. Tout le monde fait partie de ce choix, mais nombre d’entre nous n’en sont pas pleinement conscients. Leur voie est dans le monde, tandis que la nôtre est ailleurs. Dans la forêt, il se peut que seuls quelques arbres soient en fleur, mais tous fleuriront, chacun à leur tour.
Soyez toujours prêts.
Au début, lorsque nous arrivons près de Lui, nous avons toutes sortes de désirs. Swami nous donne ce que nous voulons, pour nous amener à désirer ce qu’Il veut nous donner. Il nous donnera des tas de choses et nous serons émerveillés de recevoir Ses cadeaux. Mais Swami dit :«Ce que j’aimerais vous voir désirer c’est la main, et non ce qu’il y a dans la main. Je veux que vous désiriez Celui qui donne, non le cadeau qu’Il vous donne, le Créateur, non la création» Lorsque nous venons à Swami, nous sommes comme des petits enfants, alors Il nous caresse comme des nouveau-nés. Mais lorsque nous grandissons, Il ne nous accorde plus la même attention. Il nous ignore extérieurement, mais Il se révèle à nous intérieurement, ce qui génère bien des surprises. Si j’en avais le temps, je vous donnerais des exemples personnels, mais il est essentiel que vous soyez toujours prêts à tout. Il dit : «Ma grâce est comme un éclair. C’est lorsque vous vous y attendez le moins que j’agis. Vous devez toujours être prêts. » Être toujours prêts signifie constamment percevoir Sa présence en nous et écouter ses indications. Laissez-Le prendre toutes les décisions. Nous devons être convaincus qu’Il est toujours avec nous. Il ne peut jamais se séparer de nous. Il est notre vérité. Il est notre réalité. Il est celui que nous sommes réellement.
Extérieurement aussi, Il est la manifestation tangible de notre vérité intérieure. Nous devenons plus aimants parce que nous le voyons en tant qu’Incarnation de notre véritable nature, qui est Amour. Nous devenons moins égoïstes et plus attentifs aux autres parce que nous le voyons comme la manifestation du Soi altruiste. Nous faisons du seva et nous servons les autres parce qu’Il est notre meilleur exemple. Il est un serviteur pour ses fidèles, le serviteur de ses serviteurs. Nous essayons d’établir une cohérence entre nos pensées, nos paroles et nos actes, tout comme la tête, le cœur et les mains doivent le faire eux aussi. Nous nous affranchissons des désirs parce que nous voyons que là réside le secret de sa paix et de sa joie. Une fois libérée des conflits, nous flotterons sur les vagues, au lieu d’être submergés.
La destruction de l’ego
A ce moment là, l’ego peut être détruit. Nous sommes alors prêts pour la crucifixion symbolique de l’ego. Ce que l’ego nous procure alors ce n’est pas ce qui est agréable, mais ce qui est bon pour nous, ce qui nous aidera à nous élever. Un jour, une dame qui avait une infection au pied vint me voir. Swami m’avait dit auparavant d’arrêter de soigner et j’avais donc l’intention de lui demander, avant toute chose, si je devais ou non lui prodiguer des soins. Je l’adressai donc à différents médecins de l’ashram, mais elle revint me voir en insistant pour que je fasse quelque chose pour elle. Je demandai donc la permission à Swami, qui me dit : Est-elle sur le point de mourir ? Je répondis :«Non, Swami, ce n’est qu’une infection du pied» Il répondit : «Coupez-le et jette-le au feu.»
«Coupe-le et jette-le au feu ! » Sommes-nous prêts pour ce faire ? C’est comme si Swami brandissait le scalpel sur la table d’opération : «Coupe l’ego et jette-le au feu,» Dans un de ses discours, Il dit : «Depuis de nombreuses années, j’ai été doux et persuasif, mais à partir de maintenant, et parce que j’ai de la compassion envers vous, je vous mettrai sur la table d’opération.» Si nous sommes prêts pour une telle intervention, si notre niveau d’abandon a atteint ce stade-là, et si nous nous conformons aux vœux du Seigneur, alors Il le fera. Il vous donnera les trois zéros, c’est son meilleur cadeau. La souffrance prend tout son sens et devient une victoire.
Savez-vous ce que représentent les trois zéros ? Le premier est la fin de l’attachement que nous avons envers notre famille et nos amis. Le second détruit notre bonne réputation et tous les autres liens que nous conservons encore dans ce monde. Puis, Il nous prive de nourriture, de vêtements, de toit, de tous les besoins de la vie…et peut-être même de notre santé. Voilà le troisième zéro. Si dans de telles conditions, nous persévérons à nous tourner vers le Seigneur, il nous remplit de sa présence, nous faisant prendre conscience de notre véritable Soi. Sommes-nous prêts à faire face à ces trois zéros ? Non ! La plupart d’entre nous ne le sommes pas. Dans ce cas là, il nous donne ce qui est ce qu’il y a de mieux pour nous, pour que nous puissions atteindre le niveau de conscience pour lequel nous sommes en train de nous préparer. Néanmoins, Baba sèmera en nos cœurs les graines nécessaires pour nous préparer à recevoir sa grâce car, en fin de compte, l’ego doit disparaître. C’est cela le sens de «sacrifier l’ego sur la croix». Ce ne sera pas facile si nous nous y accrochons, mais c’est ainsi que cela doit se faire, et nous avons tout intérêt à nous y préparer.
Je me rends compte maintenant que je n’ai pas réellement répondu à la question posée. Laissez-moi seulement vous dire qu’aussi longtemps que nous sommes encore dans la conscience du corps, Swami nous parlera de ce monde-ci et de ce qu’il est nécessaire de faire pour y apporter de l’amour et de l’ordre. Commençons par mettre de l’amour et de l’ordre dans nos propres vies, puis dans notre entourage immédiat et finalement dans la communauté. Nous devons développer les vertus qu’il préconise. Après tout, ce que Swami nous enseigne concernant nos actions dans le monde se résume à développer les qualités nécessaires pour que notre bonté, notre nature bouddhique, puisse s’exprimer.
Ceci est exposé dans les versets de la Gita qui, à partir du 12 ème chapitre, décrivent les qualités du fidèle idéal, celui qui est très proche de Dieu. Ils commencent avec : «N’ayez de haine envers aucun êtres…». Mais ne pas ressentir n’est pas suffisant. Le texte continue donc en nous exhortant à être aussi amical, réellement amical. Mais même cela ne suffit pas : «Ayez de la compassion envers tous les êtres.» C’est cela l’amour pur, l’amour désintéressé. N’ayez pas d’ego, pas de «moi je», pas de sentiments de possessivité. Et la Gita poursuit : «Offrez-moi votre mental et votre intellect. Donnez-les moi. Alors, vous me serez très chers ; offrez-moi toutes vos actions.» Cela signifie : offrez-moi votre impression d’être celui qui agit. Vous devez penser : «Ce n’est pas moi qui agis, c’est Toi Seigneur, qui fais toutes choses ; c’est Toi qui me fais marcher, parler penser et agir comme je fais». Si nous sommes conscients de vivre cela, c’est que l’ego est en train de disparaître. Alors, automatiquement, le monde lui aussi devient meilleur.
Les différentes étapes sur le chemin spirituel.
Pour résumer, passons en revue, encore une fois, les étapes qui jalonnent le chemin spirituel. Nous commençons par transformer toutes nos actions habituelles, celles dans lesquelles nous avons un intérêt personnel, en bonnes actions, c’est-à-dire en actions pour le bénéfice d’autrui. Puis, nous abandonnons tout attachement aux résultats de ces actions. Nous offrons les fruits de nos actions au Seigneur. Nous avons présent dans nos pensées que c’est Lui qui fait toute chose, et Lui laissons attribuer les récompenses comme Il l’entend. Si les résultats sont bons, c’est merveilleux ! S’ils ne le sont pas, il n’y a pas lieu de se culpabiliser : nous avons fait de notre mieux. Tous nos actes ont été inspirés par notre guide intérieur. Et tout ce que nous faisons, dans la limite de nos capacités, tend vers l’excellence et la perfection. Tout se réalise dans une totale concentration, une totale compassion, mais dans une totale indifférence quant aux résultats. Les résultats, nous les lui remettons «Indifférence quant aux résultats…»Voilà le fil du rasoir. Nous nous acquittons de nos tâches de notre mieux, nous demeurons dans une attitude où nous ne nous sentons pas concernés par le tour que prennent les événements. Cela n’est possible que si nous offrons tout au Seigneur. Voilà la dévotion totale.
Connaissez-vous la prière avant les repas, le Brahmarpanam ? Elle commence par : «Les offrandes sont de Dieu, tout est offert à Dieu, par le Dieu qui se trouve dans le feu, qui lui-même est Dieu». Laissons-le donc diriger le monde et prendre soin des résultats. Ce que nous faisons de notre mieux, nous Lui offrons. Cette prière conclut en disant que celui qui œuvre pour Dieu devient Dieu. Il se remplit lui-même de Dieu et, par conséquent, il réalise Dieu, car en vérité tout est Dieu.
Avant chaque repas, nous récitons cette prière d’offrande, mais elle peut être appliquée à toutes nos actions. Lorsque toutes nos actions sont offertes au Seigneur, elles ne sont plus des actions mondaines. Le Seigneur est alors impliqué dans nos actions et le travail devient de l’adoration. L’action, karma, devient du karma yoga. Elle devient un yoga, un moyen de s’unir au divin. Alors toutes nos actions quotidiennes, même nos vies, seront sanctifiées et imprégnées par le Seigneur. Tout ce que nous faisons se spiritualise parce que le Seigneur est présent dans nos pensées, dans nos actions et dans nos paroles. Nous Lui offrons tout.
Devenant à ce point conscient de la présence du Seigneur dans chaque chose que nous faisons, nous commençons à saisir son omniprésence. Il devient progressivement partie de notre conscience. Et, tout naturellement, la dévotion (bhakti) se manifeste. Prenant son origine dans l’action, l’état d’union avec le Divin devient de la dévotion : le Karma yoga devient du bhakti yoga. De même que les fleurs se transforment en bourgeons et les bourgeons se transforment en fruits, cette bhakti devient ananya bhakti. Ananya signifie : «le Un sans second». Tout ce qui est, est le Seigneur. Alors, pour nous, où que nos regards se tournent, il n’y a que le Seigneur.
Dans les Upanishads il est dit : Dieu est réel, le monde n’est pas réel. Swami ajoute : «Mais le monde lui-même est aussi Dieu.» Aussi longtemps que vous considérez le monde en tant que monde, il n’est pas réel. Le monde n’est qu’une combinaison des trois gunas. Dans la salle de bain il y a toujours un robinet d’eau froide et un tuyau d’évacuation, l’un à côté de l’autre. Le monde peut être comparé à cela. Nous pouvons aspirer à un Age D’or, mais il ne peut provenir que d’un changement dans notre façon de voir les choses. Notre époque du Kali Yuga n’est pas la plus propice pour cela. Voyez le monde non pas en tant que monde, mais en tant que Dieu, et vous l’aurez votre Age D’or.
Asthi, Bhati, Priyan et Rupa.
Swami dit que tout ce que vous pouvez définir, tout ce dont vous pouvez parler, n’est que nom et forme (Nama et Rupa). Mais nom et forme ne sont que deux des cinq qualités qui masquent tout ce que nous voyons ou concevons. En vérité, tout est Asthi, Bhati, Priyam, Nama et Rupa Asthi, Bhati et Priyam signifient respectivement : chaque chose existe, elle possède sa propre vérité inaltérable ; chaque chose resplendit, elle a son propre rayonnement ; chaque chose est plaisante et agréable, elle a sa divine raison d’être. Elle a donc aussi un nom et une forme qui se transforment comme changent les vagues de l’océan. Mais Asthi, Bhati, Priyam ou Sat, Chit, Ananda, qui constituent l’essence sous-jacente, ne changent jamais. Voilà la Divinité.
Swami dit que renoncer ne consiste pas à se débarrasser des choses du monde, mais d’y voir la divinité. Ceci est le fondement de tout ce qui existe. S’il est vrai qu’au début nous devons renoncer à certaines choses et les laisser s’en aller, ce que renoncer signifie vraiment c’est le fait de voir la divinité en tout ce que nous percevons, de l’apprécier et de l’expérimenter en tant que ashti, bhati, ptiyam, car ces trois caractéristiques sont la base sur laquelle reposent tous ces noms et toutes ces formes changeantes. Cette vision tournée vers l’intérieur est celle vers laquelle Swami nous dirige, et cela, de plus en plus depuis son 60ème anniversaire. Où que vous portiez votre regard, voyez-y la Divinité. La Divinité est beauté. Chaque fois que nous voyons quelque chose de beau, nous savons que Dieu est là. Et cela apporte une joie profonde.
Lorsque, pour la première fois, je revenais de l’Inde vers l’Amérique, j’étais étonné de voir ce que vous appelez Autobahnen (la présente conférence fut donnée en Allemagne), les autoroutes, une sorte de super routes. Elles étaient très belles, avec de magnifiques plantations tout le long. Lorsque vous venez à l’ashram, vous connaissez tous cette unique route conduisant à Prashanti Nilayam. Durant les quinze dernières années, elle a subi de nombreuses détériorations, avec aussi de nombreuses réparations ; pourtant, elle est toujours en piteux état, alors que chez nous les routes et les paysages sont merveilleux. Quant aux voitures…, leurs propriétaires les entretiennent dans un tel état de propreté ! C’est extraordinaire de voir combien les gens en prennent soin. Cela, c’est Dieu ! Ce sont là des choses très mondaines, des choses très prosaïques, mais si nous mettons des lunettes d’amour, des lunettes de beauté, nous verrons toutes choses comme étant magnifiques.
Voyez le bien, faites le bien, soyez bons.
Connaissez-vous l’histoire des lunettes vertes ? C’est l’histoire d’un moine errant, un renonçant (un sanyasin), qui va de maison en maison mendiant sa nourriture, comme il est d’usage. Arrivé devant une très riche maison, il se rend à la cuisine pour recevoir quelque nourriture. Le propriétaire de la maison l’aperçoit et l’appelle en disant : «Swami, je veux vous demander quelque chose, j’ai consulté tous les médecins de la ville. Je souffre de maux de tête continuels ; j’ai toujours mal au ventre, je vois double et j’ai des sifflements d’oreille. Je souffre tellement ! J’ai eu beau consulter tous les médecins, aucun n’a pu me soulager. Vous, vous êtes un saint homme. Dites-moi qu’est-ce que je peux faire». Le sanyasin regarda autour de lui, la maison était remplie d’une foule de choses ; des bibelots et des objets innombrables créaient une grande confusion. Il dit : «Faites ceci : mettez de la couleur verte dans votre vie. Ne regardez que du vert. Où que vous regardiez, que tout soit vert. La couleur verte, et en particulier une belle tonalité vert pastel, est une couleur chaude. Une telle couleur vous nourrira, pour ainsi dire. Elle vous donnera de la force et après quelque temps les symptômes désagréables disparaîtrons. Alors l’homme riche remercia chaleureusement la sanyasin et lui dit : «Je vais faire ce que vous dites». Il le salua respectueusement en s’inclinant devant lui, les mains jointes, et le sanyasin s’en alla.
Six mois plus tard, le sanyasin revint dans la région et repassa au même endroit. Il fut très étonné lorsque, s’approchant de la maison, il constata que tout avait été peint en vert. Le portail était vert, la maison était verte, les arbres bien sur étaient verts, mais même les troncs des arbres avaient été peints en vert. Des hommes travaillaient, juchés sur des échelles vertes, peignant tout en vert. Une grande activité régnait partout. Où que le regard se posât, on ne voyait que du vert. Étant donné que le sanyasin était habillé de sa robe ocre, le gardien accourut vers lui et lui donna immédiatement un vêtement vert, afin que le propriétaire n’en coure pas le risque de voir une autre couleur que du vert. Le sanyasin se demandait en lui-même quel était ce vent de folie. Le propriétaire, reconnaissant le sanyasin, le pria d’entrer. Le sanyasin lui demanda alors : «Comment vous portez-vous ? » Ce à quoi le maître des lieux répondit : «C’est pire que jamais ! Je suis terrifié à l’idée que quelque chose d’inattendu puisse se passer, que quelqu’un arrive ou qu’un ouvrier puisse se tromper, et que je voie autre que du vert. Je dépense des centaines de milliers de roupies afin que tout devienne vert. Tout cela me préoccupe et m’empêche de me reposer, au point que ma migraine empire de plus en plus ! » Le sanyasin lui répondit :«Quel insensé voue êtes ! Quel désordre et confusion avez-vous mis dans votre vie ! Voyez toute cette folle activité, tout cet argent gaspillé. Il aurait seulement suffi de vous acheter des lunettes teintées de vert. Pour quatre roupies, vous pouviez avoir des lunettes vertes. Alors, tout ce que vous auriez vu aurait été vert. Au lieu de cela, vous avez causé un grand désordre dans votre vie. »
Ananda
Swami dit que nous ne pourrons jamais peindre le monde en vert ; ce n’est pas possible. Par contre, nous pouvons porter des lunettes vertes et le monde sera vert pour nous. Si nous portons des lunettes d’amour, tout ce que nous verrons sera amour. Si nous portons des lunettes divines, tout ce que nous verrons sera divin. Mais si nous gardons les lunettes que nous portons dans le monde, alors tout ce que nous verrons sera le monde. Lorsque nous sommes dans le monde, nous avons le choix de ce que nous voyons. De même, nous sommes ce que nous pensons. Ceci est un grand enseignement de Swami. Il nous met au défi de faire un tel pas, nous incite à bouger, à faire un bond en avant et à voir de la beauté, de l’amour et de la bonté partout, parce que c’est là notre véritable nature. En réalité, nous n’avons rien de particulier à faire. Nous devons seulement reconnaître ce qui est déjà là, devant nous, et mettre de côté toutes les idées erronées que nous pouvons avoir sur ce que nous croyons exister.
Par exemple, en ce moment je cherche partout mes lunettes. Pourtant, mes lunettes se trouvent déjà sur mon nez, et je suis en train d’utiliser les dites lunettes que je pense avoir perdues. Comment pourrais-je alors les trouver ? C’est impossible ! Il me suffirait pourtant d’abandonner la notion erronée d’avoir perdu quelque chose, alors qu’en fait je possède toujours cette chose. Si Swami dit que nous le possédons déjà, c’est que c’est vrai. Il y a un petit commutateur dans le mental. Tout ce que nous avons à faire, c’est d’actionner ce commutateur et tout rentrera dans l’ordre. Alors l’amour coulera pour nous. Swami dit : «Ananda, ananda, ananda…félicité, félicité, félicité.» Et la joie nous envahit. Tout se trouve à l’intérieur ; tout dépend de la façon dont nous regardons. Le sentier spirituel consiste donc à enlever le voile de la confusion qui règne dans le monde, de l’illusion d’être un individu séparé, du sentiment d’être dépourvu d’amour, etc. Ce qui demeure alors, ce qui reste, c’est nous : pure félicité, pure Ananda.
Quelle belle ambiance régnait dans cette pièce, et comme le temps a passé vite ! Avant de nous disperser et de rentrer chacun chez soi, peut-être pourrions-nous prendre un instant pour nous concentrer sur cette douce impression qui a touché nos cœurs et envoyer notre amour dans le monde entier. Chantons quelque chose ensemble, voulez-vous ? Puis restons assis calmement pendant quelques instants, avec un sentiment de gratitude pour ce cadeau qui nous a été donné, pour la bénédiction de ce week-end. «Alléluia» veut dire : je remercie Dieu, mais aussi loué soit Dieu. Chantons donc ensemble «Alléluia» !
Sai Ram