Dr Michael Goldstein

Coordonnateur de l’Occident
pour l’Organisation Sathya Sai

Conférence donnée au Centre Mother Sai en Italie en 1993




Ma famille et moi-même sommes reconnaissants envers Swami pour l’opportunité d’être ici avec vous aujourd’hui, de pouvoir visiter Mother Sai, de vous parler et de faire notre possible pour vous aider à résoudre quelques-unes des difficultés que vous rencontrez actuellement. En réalité, les épreuves qui vous frappent sont d’importance secondaire pour ceux qui sont dévoués à Sai. Les fidèles de Sai sont au cœur de l’action et lorsqu’ils sont réunis, la mise en scène, le sujet et les activités se doivent d’être spirituels. Cependant, même si elles revêtent une importance mineure, il y a des responsabilités d’organisation dont il est nécessaire de tenir compte.

Aujourd’hui, je voudrais vous parler du message de Swami et de la nature de son Organisation. Avant de commencer, je souhaite vous faire part d’une de mes expériences personnelles avec Swami, la plus intense de toutes celles qui me sont arrivées depuis des années que je suis son fidèle. Que ce soit à ma femme, à ma famille ou à moi-même, cette expérience a démontré l’Omniprésence et l’Omniscience de Sri Sathya Sai Baba.

Au retour d’un voyage en Inde, il y a sept ans de cela, ma femme et moi-même avons été pris en otage et notre avion fut détourné. Je voudrais vous raconter le rôle joué par Baba en cette occasion. Trois jours avant mon départ de l’Inde, Swami m’a appelé dans la pièce où Il se trouvait et me dit : « L‘esprit est la clef, le cœur est la serrure. Si tu tournes la clef vers l’extérieur, sur le monde, cela te conduit au chaos et au désir sans fin. Si tu tourne la clef vers l’intérieur, vers Dieu, tu trouves la sérénité et le détachement ».

Deux jours avant notre départ, Swami m’invita à nouveau chez Lui et matérialisa de la Vibhuti qu’Il mit dans un petit bout de papier en disant: « Garde-la toujours avec toi».
La veille du départ, Swami vint me rencontrer dans la véranda et me demanda quand est-ce que je partais. Je Lui répondis : «Je pars demain, Swami ». Il répliqua : « Repousse le départ d’un jour ». Nous restâmes donc un jour de plus à Prashanti.

Nous avions prévu de nous arrêter une journée à Bombay avant de retourner aux Etats-Unis, car je devais travailler avec des Organisations Sai. Étant donné que nous avions retardé notre départ pour obéir à la requête de Swami, je décidai d’annuler mon séjour à Bombay afin de pouvoir, malgré tout, partir avec le vol initialement prévu. Je vous raconte ces détails apparemment, futiles, pour vous montrer que, si j’avais usé de discernement et chercher à comprendre la signification des conseils de Swami, je ne me serais pas trouvé sur l’avion détourné. Lorsque Baba fut informé par des fidèles de ce qui s’était déroulé, Il dit : Que puis-je y faire ? Je lui avais dit de rester un jour de plus».

Le jour de mon départ, j’eus la chance de me trouver dans la voiture de Swami pour le trajet reliant le Mandir (temple) à l’Université. Baba est toujours heureux lorsqu’Il se rend dans les écoles. Aussi, quand Il se tourna vers moi, plein d’amour et d’affection, cela me rendit aussi heureux qu’un enfant. Comme si j’étais un enfant. Soudain Swami me dévisagea d’un air grave et, me désignant du doigt, Il dit d’un ton si sévère qu’Il m’effraya : « Goldstein, ceci est ta dernière chance ». Il le dit d’une façon tellement ferme et résolue, que je me mis à pleurer. A travers mes larmes je Lui demandai : « Swami. Pourquoi me dis-Tu cela ? Tu m’as dit que je serais de retour pour Ton anniversaire ». Swami se détourna et resta silencieux pendant quelques instants, puis Il me regarda de nouveau et me dit avec douceur: « Oui, tu reviendras ». J’essayais de chasser de mon esprit cette expérience, car elle m’effrayait. En fait, elle me paniqua bien plus que le détournement.

Finalement nous avons décollé de Bombay et Limes escale à Karachi, au Pakistan, pour le ravitaillement. J’étais endormi sur mon siège et ma femme était dans la cabine avec l’hôtesse lorsque, soudain, un grand bruit me réveilla. Je me retournai et vis deux hommes, ma femme et l’hôtesse : l’un des hommes avait un bras autour du cou de l’hôtesse et un pistolet sur sa tempe. L’autre pointait un pistolet mitrailleur sur ma femme, laquelle répétait sans arrêt, 0M SAI RAM. Pendant un instant, j’ai pensé que je me trouvais au milieu d’un horrible cauchemar et que j’allais sûrement me réveiller. Mon premier sentiment fut l’incrédulité. Puis, lorsqu’un terroriste pointa sur moi son pistolet mitrailleur et m’ordonna de reculer en levant les bras en l’air, mon incrédulité se mua en teneur. Les pirates de l’air nous réunirent au centre de l’appareil où nous restâmes assis, les uns sur les autres, pendant dix-sept heures. Je priais Swami et me rappelai Ses paroles « L’esprit est une clef, le cœur est la serrure. Si tu tourne la clef dans la serrure vers l’extérieur, sur le monde, cela te conduit au chaos et au désir sans fin. Si tu tournes la clef vers l’intérieur, vers Dieu, tu trouves la paix, la sérénité et le détachement. » Je priais Swami tout en répétant : « Seigneur adoré, remplis d’amour le cœur des terroristes, protège ma femme et tous les autres passagers innocents à bord de cet avion. Si Tu désires que je meure, fais que je puisse mourir dans l’honneur, en faisant mon devoir fidèlement et avec amour. Fais que je pense à Toi jusqu’au dernier instant ».

Je continuai ainsi à méditer sur les paroles de Swami et à répéter cette prière. A un certain moment, au cours des dix-sept heures, Swami me permit d’atteindre un tel état de détachement, que je devins témoin de ma propre peur au lieu d’y être soumis. Nous restâmes assis pendant dix-sept heures et à un moment donné, le carburant vint à épuisement, ce qui eut pour résultat de nous plonger dans l’obscurité. Soudain, sans aucun avertissement, les pirates commencèrent à tirer sur hommes, femmes et enfants, tuant cinquante à soixante personnes. Ma femme et moi-même réussîmes à atteindre la trappe d’évacuation qui était ouverte et nous pûmes quitter l’appareil, indemnes. Alors que je touchais le sol en bas du toboggan de secours, je fus saisi d’une peur intense, plus grande encore que celle ressentie à bord de l’avion. J’avais l’impression que Swami m’avait fait me trouver dans cet avion pour une raison précise dont je ne saisissais pas le sens. J’aurais dû faire quelque chose et je me sentis coupable d’avoir survécu, terrorisé à l’idée que j’avais pu, d’une quelconque façon, décevoir l’attente de Swami.

Je fis quelques pas et tombai sur une très jolie femme et un charmant jeune homme. La femme était étendue par terre, avec plusieurs blessures d’arme à feu au thorax et à l’abdomen. L’homme, agenouillé à ses côtés, essayait de la faire se lever mais, elle ne cessait de répéter « Je ne peux pas, je n’y arrive pas ». Je compris instantanément qu’il s’agissait là de l’occasion de rembourser ma dette ; ma seconde chance. Je dis à l’homme que l’avion allait exploser d’un instant à l’autre et que, par conséquent nous devions nous dépêcher de transporter la jeune femme loin de là. En la soutenant entre nous deux, nous nous mîmes à courir en direction d’une zone non éclairée de l’aéroport. Il faisait noir comme dans un four et nous ne réussissions pas à voir le terminal. A trente ou quarante mètres d’un mur de protection, je vis cinq ou six personnes cachées derrière des camions Épuisé par le poids de la femme, je demandai au jeune homme d’arrêter un instant et je criai : « Au secours. Au secours. Nous avons une femme blessée ». Je n’oublierais : jamais la réponse. Une voix dans l’obscurité répondit : «Tu ne trouveras aucun secours. Aide-toi tout seul. » Finalement nous couchâmes la femme dans un chariot portes bagages vide, dans un endroit où elle était en sécurité. Puis je courus chercher ma propre femme qui s’était mise à l’abri dans l’aérogare et était encore sous le choc.

Deux mois plus tard, nous retournâmes en Inde avec le même vol, mais sans faire escale Karachi. Dès que nous arrivâmes, Swami me fit appeler et me dit : «Goldstein, tu te rappelles lorsque Swami t’a dit que cela était la dernière chance pour toi ! Quand Swami t’a dit cela, Il te voyait dans l’avion et ils avaient tiré sur toi. Mais Swami est intervenu et Il a changé la situation ».

Ceci est un exemple de la capacité que possède Swami de changer le destin de chacun de nous. C’est la preuve qu’Il est l’auteur, le producteur et le metteur en scène du drame humain. Il peut manipuler celui-ci selon son plaisir. Swami me dit de raconter cette histoire aux étudiants de Kodaikanal. Après que je leur eus raconté, Il leur dit (cela me fut rapporté par la suite) que l’homme qui avait pointé son arme sur moi, à bout portant, avait réellement tiré. Mais, Baba avait levé la main pour arrêter la balle.

Nous sommes tous réunis ici pour comprendre que nous sommes le résultat de nos expériences intérieures. Celles-ci sont les considérations, les inspirations et les intuitions. Ces expériences influent sur la transformation spirituelle que nous recherchons tous. Cette transformation est très simple : nous voulons abandonner une vie égoïste pour aimer de manière désintéressée.

Lorsque nous nous engageons sur le chemin de la spiritualité, nous luttons contre l’ignorance. Très vite, nous apprenons que la connaissance spirituelle n’est pas quelque chose que l’on peut apprendre en écoutant quelqu’un qui détient le savoir, ou en lisant un livre qui contient la vérité. C’est grâce à l’enrichissement de nos propres expériences que nous comprenons la nature de la spiritualité.

Il y a quelques armées, j’eus une expérience spirituelle illuminante alors que je me trouvais à Prashanti Nilayam. Plus les jours passaient à l’ashram et plus je sentais croître en moi le détachement. Je cessai de m’inquiéter du passé et du futur. Je cessai de me préoccuper des événements du monde, ainsi que des actes et des pensées des autres. Je commençais à ressentir chaque chose comme faisant partie de la Création Divine. Je sentais naître en moi une profonde affinité, peut-être bien un amour altruiste, envers chacun. Je me rendis compte que l’expérience que je vivais était peu ordinaire lorsque, assis sur la véranda du Mandir, je réalisai que je partageais le bonheur de la personne qui se trouvait à mes côtés (Swami s’était arrêté pour parler avec elle), sans que mon bonheur ne fût entaché par la jalousie. Ce sentiment de détachement resta en moi durant plusieurs semaines. Pour la première fois, je compris la signification de la spiritualité et de l’amour altruiste.

Lorsque je rentrai à Los Angeles, ce détachement demeura en moi, bien qu’atténué. Puis je revins progressivement à ma façon habituelle d’être et de percevoir les choses. Je ne sais pas quand, pourquoi ni comment les choses changèrent. Quand je retournai voir Swami, je Lui racontai l’expérience et Lui demandai, « Swami, cette expérience que j’ai vécue, était-elle réelle ou était-ce le fruit de mon imagination ? A-t-elle eu une valeur spirituelle ? » Swami répondit : « Elle était réelle, mais tu dois travailler pour pouvoir maintenir un tel état ».

Dans Son Divin discours adressé aux responsables de l’Organisation Internationale Sai, au cours de Son anniversaire en 1992, Swami dit que Son premier et plus important message était de servir et d’aimer tous les êtres. Nous devons comprendre le sens de l’amour spirituel et du service. Amour spirituel signifie amour altruiste. L’amour spirituel n’est pas une pulsion émotive, l’expression d’un désir physique ou la gratification de notre propre ego. Il est étranger au besoin de posséder, d’être payé de retour ou d’être reconnu. Lorsque nous pensons, agissons et parlons en harmonie avec notre conscience, nous sommes altruiste. Lorsque nous développons l’altruisme, nous aimons spontanément toute la création de Dieu. Nous aimons et servons tous les êtres car nous sommes tous Un. L’amour est pur et altruiste quand il n’y a pas de séparation entre le sujet et l’objet de l’amour. Autrement dit, nous sommes purs et altruistes lorsqu’il n’y a plus de séparation entre nous et Dieu.

Dans cette époque matérialiste, plus particulièrement dans les pays occidentaux, on nous enseigne que le bonheur est le résultat des succès obtenus dans le monde ; ceux-ci étant acquis en rabaissant et dépouillant les autres pour satisfaire notre propre ego et notre personnalité inférieure. La puissance de l’ego est considérée comme étant une alliée essentielle pour atteindre la réussite ; c’est pourquoi elle est une qualité tellement désirée. Or, ceci est une erreur fatale. En effet, cette opinion est responsable des éternels cycles du bonheur et du malheur, du plaisir et de la douleur. Le bonheur durable et profond est notre véritable nature. Il est la bénédiction de Dieu. Nous le perdons lorsque nous nous laissons envoûter par le monde.

Swami a dit que celui qui cherche Dieu est fou, car Dieu est omniprésent. Par conséquent, nous devrions réaliser que la spiritualité n’est pas la recherche de Dieu. Elle est le fait de reconnaître et d’expérimenter l’omniprésence de la Divinité et ainsi d’atteindre l’union avec Dieu.

Nous nous tournons vers l’intérieur de nous-mêmes pour accéder à notre conscience. Celle-ci nous permet de devenir les instruments de la Volonté Divine. Ainsi la notion de spiritualité signifie qu’il nous faut obtenir cette communion et la conserver en tout temps et en tout lieu.

La vraie spiritualité, c’est d’accéder à notre conscience et maintenir ce contact, en tout temps et en toute chose.

La signification de l’appartenance à l’Organisation Sai

Qui que nous soyons, si nous sommes des fidèles de Sai, de grandes espérances sont placées en nous. Swami nous assure que nous avons les moyens de réaliser l’union avec Dieu. Nous devons avoir une foi absolue et la certitude d’arriver à l’auto réalisation maintenant, dans notre vie actuelle.

Quand atteindrons-nous l’auto réalisation ? Combien de temps cela prendra t-il?
Ceci dépend de quatre facteurs
1. La ténacité de notre foi.
2. L’intensité à connaître Dieu.
3. Les conséquences des actions de nos vies présentes et passées. Il est absolument certain que nous récoltons ce que nous avons semé. Quoi que nous fassions dans cette vie, cela aura des répercussions dans la prochaine. De même, ce que nous avons fait dans nos vies antérieures produira des conséquences dans cette vie ou dans nos vies futures. Notre âme continuera à prendre une forme humaine tant que celle-ci ne réalisera pas sa nature divine. Par conséquent, l’auto réalisation peut arriver ici et maintenant, ou bien nous pouvons encore vivre de nombreuses existences avant de l’obtenir.
4. Le quatrième facteur qui détermine la réalisation du Soi est le plus important: Il s’agit de la Grâce de Dieu. Nous devons aspirer à la Grâce de Dieu ! Swami est ici ! A travers Lui, tout est possible.

Nous avons la possibilité d’accélérer notre évolution spirituelle. Autrement dit, nous pouvons atteindre l’auto réalisation plus rapidement en nous appliquant à réunir les quatre facteurs nommés précédemment. Nous pouvons renforcer notre foi, intensifier notre volonté de connaître Dieu, améliorer nos actions et obtenir la Grâce de Dieu. Nous pouvons faire tout cela en menant une vie spirituelle et en pratiquant réellement cette spiritualité.

La recherche spirituelle débute à l’instant où nous nous posons la question fondamentale : « Qui suis-je ? » Les Écritures répondent que je suis Dieu et que vous êtes Dieu. Le problème est qu’il est facile de dire que nous sommes Dieu ; pour autant nous ne nous sentons pas différents. Notre apparence et nos actions ne sont pas changées. Il est évident qu’il y a une grande différence entre la connaissance intellectuelle du fait que nous sommes Dieu et la réalisation spirituelle du même fait.

Comment devenir ce que nous sommes réellement ? Qui sommes-nous et que sommes-nous?

Pour pouvoir répondre à ces questions, nous devons aborder la spiritualité d’un autre point de vue. Au lieu de nous demander : « Qui suis-je » ?, demandons-nous plutôt « Que suis-je ? », autrement dit : quelle est l’anatomie d’un être humain, non pas l’anatomie grossière de la science médicale, mais plutôt celle subtile, de la spiritualité ?

L’analogie avec le cocher nous éclaire sur la façon dont nous sommes constitués :
• Le corps représente le cocher, la voiture.
• Les sens sont les cinq chevaux.
• Le mental est symbolisé par les rênes.
• La conscience (Buddhi) est le cocher, le conducteur.
• L’Ame est le passager du cocher, de la voiture.

Maintenant, considérons l’aventure humaine dans un tel contexte. L’Âme réside dans le corps. Dans ce monde, le corps est dirigé par les sens et le mental. Les sens et le mental devraient être sous le contrôle de la conscience. Bien comprendre ces différentes relations est très important.

L’Âme est le propriétaire des sens physiques et du mental, il a engagé la conscience pour qu’elle les guide et prenne soin d’eux. Si notre corps physique, nos sens, notre mental et notre conscience fonctionnent correctement, alors nos pensées, nos paroles et nos actions seront remarquables et nous réaliserons notre origine spirituelle. Ces différentes relations, lorsqu’elles sont comprises dans le contexte de l’amour altruiste, constituent l’essence même de la spiritualité.

Nous sommes le Seigneur se manifestant dans ces corps qui utilisent les sens et le mental pour naviguer sur les mers de la vie terrestre. Le Seigneur communique avec nous au travers de l’ensemble mental sens corps grâce à la conscience, ou voix intérieure. Celle-ci représente l’étoile qui nous guide et sur laquelle nous devons baser notre navigation.

Nous sommes la Divinité incarnée se déplaçant dans ce monde sous la forme d’hommes et de femmes.

Pour devenir ce que nous sommes réellement, nous devons être en permanence conscients de cette vérité, utiliser ce corps et ce mental pour suivre les indications dictées par notre conscience. Elle est la voix intérieure de Dieu.

Nous avons la possibilité de ne faire qu’Un avec la Création Divine. Aussi, nous devons laisser de côté tous les fardeaux futiles et ridicules dont nous nous imposons la charge. Faisons en sorte d’être remplis de joie.

Swami dit: « Soyez heureux. »

Maintenant, prenons en considération l’Organisation Sathya Sai. En tant qu’individus, nous devons tous débuter notre recherche spirituelle en nous posant la question fondamentale « Qui suis-je ? » Mais pour faire en sorte que l’Organisation Sathya Sai puisse être un moyen au service de notre développement spirituel, nous devons aussi nous demander :
« Qui sommes-nous ? »

Nous ne sommes pas une nouvelle religion ou un nouveau culte.

Notre religion est celle de l’amour altruiste et de la vérité éternelle, bases de toutes les religions. Notre église est le monde entier. Notre congrégation est l’humanité entière. Nos Écritures sont les Écritures de toutes les religions et les discours sacrés de Bhagavan Sri Sathya Sai Baba. Notre but est de réveiller la Divinité en nous et de servir nos compagnons hommes et femmes afin qu’ils puissent, eux aussi, aspirer à la réalisation de cette même origine Divine que le Seigneur Dieu a conférée à chacun de nous depuis le commencement des temps et pour l’éternité.

Notre conviction est que le monde sera sauvé et que la civilisation humaine sera rétablie lorsque les hommes et les femmes ordinaires, comme vous et moi, reconnaîtrons et explorerons le potentiel infini du monde intérieur de l’Esprit.

Qui sommes-nous?

Swami a dit:
« Le Nom de Sai que portent ces Organisations entend seulement promouvoir et répandre la foi en Dieu et en la Divinité à travers l’humanité. Leur but est de diriger les consciences vers des pensées nobles et des idéaux élevés dans l’esprit des traditions religieuses et spirituelles. »

« Qui sommes-nous ? »

L’Organisation Sathya Sai est un groupe de personnes de bonne volonté, qui est à la recherche sincère de l’illumination spirituelle, au travers du Divin Programme donné au monde par Bhagavan Sri Sathya Sai Baba. L’Organisation Sai offre un cadre dans lequel la Volonté Divine se manifeste au monde au travers de la sagesse collective, du courage moral, et de la bonté que nous, fidèles de Sai Baba, acquérons en participant aux programmes Sai.

Nous aspirons à réaliser l’union avec Dieu grâce à l’amour, l’étude et les actes accomplis de la manière recommandée par Sai. Aimer, apprendre, agir, dévotion, éducation, service, Bakti Yoga, Jnana Yoga, Karma Yoga. L’Organisation Sai, par le moyen de son programme de dévotion envers Dieu, par son éducation spirituelle et par le service altruiste, nous donne la possibilité de nous appliquer à ce but.

« Qui sommes-nous ? »

L’Organisation Sai est un groupe de personnes qui place Dieu au-dessus de tout. En agissant ainsi, nos vies en sont transformées. Au lieu de vivre au coup par coup, agissant et réagissant selon les événements et les gens que nous rencontrons, nous développons une sérénité constante, ainsi qu’une voix intérieure qui nous réconforte dans les moments de peine en nous permettant de discerner le bien du mal.

L’Organisation Sai et ses programmes représentent un mode de vie simple qui nous aide à aller de l’avant dans un monde rempli de déception, ainsi qu’à conserver notre équanimité.

L’Organisation Sai nous offre une vision remarquable et immuable sur les événements du monde.

L’Organisation Sai nous permet de nous appliquer avec diligence au but Divin de la vie humaine.

Prêtez attention aux paroles de Swami : « L’Unité dans la diversité. » Dans le cadre de l’Organisation Sai, « l’unité dans la diversité » signifie, entre autres choses, diversité culturelle au sein d’une unité Spirituelle. Dans l’Organisation Sai, il y a des personnes de races, de religions et de pays différents. Néanmoins, nous avons tous foi en Dieu.

Nous aimons et révérons tous Bhagavan Sri Sathya Sai Baba. Nous étudions tous Ses Enseignements et nous nous efforçons de les suivre. Nous croyons tous que les hommes et les femmes peuvent réaliser l’union avec Dieu en pratiquant la spiritualité. Bien qu’il y ait une grande diversité d’ethnies, de religions et de nationalités, la foi est la même. Ceci est la diversité culturelle au sein d’une unité spirituelle.

Dans une Organisation spirituelle, tout ce qui est lié à la culture est relatif et peut varier. Ce qui est spirituel est constant et ne peut être modifié. Laissez-moi énoncer quelques-unes des plus importantes valeurs spirituelles de notre Organisation. Celles-ci ne changeront jamais.

1. Dans l’Organisation Sai l’amour et la sagesse prévalent. Il n’y a pas de place pour le pouvoir, l’autoritarisme, la politique et le favoritisme.
2. Dans l’Organisation Sai, le discernement et le respect des principes spirituels sont les buts primordiaux. A cette fin, se doter de règles et y obéir est une discipline nécessaire.
3. Dans l’Organisation Sai, le moyen est toujours plus important que la fin nous aimons et servons les autres sans rien attendre en échange de nos actions.

Certains fidèles occidentaux s’inquiètent pour l’avenir de notre Organisation. Ils se demandent pourquoi nous ne nous développons pas plus rapidement. Pourquoi certaines personnes viennent une fois dans les Centres et n’y retournent plus. Certains en concluent que nous n’avons pas adapté les programmes d’enseignements spirituels à la culture des pays dans lesquels nous vivons. Ceci ayant pour résultat que nous sommes incapables de nous faire respecter et accepter dans nos communautés respectives. Certains fidèles sont inquiets de cela.

Or, Swami a déjà répondu à ces craintes en disant « L’inquiétude est une peur créée par le mental. »

Certes, nous ne devons pas être trop complaisants vis-à-vis de nous-mêmes, car il est nécessaire que nous ayons une certaine adaptabilité et une créativité dans le mode de

La mère doit aimer, éduquer et enseigner. Les fils doivent bien se conduire, puis apprendre et ensuite mûrir afin de développer leurs caractères. La mère doit savoir les laisser partir afin de leur permettre de devenir indépendants. Les fils doivent être vertueux et faire honneur au nom de leur famille.

Les gens devraient avoir la possibilité d’apprendre et de pratiquer la vérité spirituelle dans un cadre qui soit compatible avec leurs propres origines culturelles.

En disant cela, je ne veux pas dire que chaque Centre devrait définir ses propres règles. Les critères limitant la flexibilité sont fixés à un niveau national. Partant de là, les différents Centres peuvent agir au mieux des intérêts de leurs membres, mais toujours en respectant les critères définis. Ils devront établir une interaction avec leurs Conseils Centraux et leurs Coordinateurs Centrales, avant d’effectuer un quelconque changement. En agissant ainsi, la qualité de nos Centre Sai sera maintenue et préservée.

Si des changements doivent intervenir, ils devront être effectués avec grand soin. Ne nous écartons pas des traditions observées en présence de Swami, à moins qu’il n’existe une bonne raison pour le faire. De plus, si nous agissons ainsi, nous devons être certains de ne pas affaiblir ou déformer Ses programmes.

Cependant, je n’insinue pas qu’au travers de ce processus de créativité et de flexibilité, nous devions devenir pragmatiques et opportunistes. Bien au contraire, je suggère que nous devenions plus attentifs à la diversité culturelle de nos membres et qu’ainsi nous mettions en place, au sein de l’Organisation, une politique qui permette à chacun d’apprécier les Enseignements de Swami dans une ambiance culturelle qui lui corresponde.

Si, lorsque nous sommes dans un Centre Sai, nous ne pouvons pas laisser tomber les défenses créées par notre ego, nous sentir en sécurité, aimés, en confiance ; s’il ne nous est pas possible d’y trouver la sérénité et la paix, alors comment pourrions-nous retirer un quelconque bénéfice spirituel du Centre ou de son programme?

Si nous ne pouvons pas y trouver ces différentes choses, alors il ne sert à rien qu’il existe une Organisation Sai.

Même si la langue utilisée pour les Bhajans et les prières diffère selon les Centres Sai, l’amour de Dieu sous la forme de Bhagavan Sri Sathya Sai Baba sera toujours le même. Certains aspects superficiels tels que l’apparence, les règles ou le décor peuvent différer d’un Centre à l’autre, mais la conscience que nous sommes tous dans la maison de Dieu et donc l’attitude qui en découle, seront toujours les mêmes.

Dans Ses livres, Swami explique la spiritualité. Il nous dit quoi faire et comment le faire. Mais Il nous dit aussi que la connaissance apprise dans les livres n’est pas suffisante. Ainsi, nous devons comprendre les Enseignements de Swami de façon à pouvoir les appliquer et les intégrer dans notre vie quotidienne. Nous voulons que

Ses Enseignements soient gravés de manière indélébile dans nos esprits et nos coeurs. Nous voulons, en même temps, acquérir les motivations et la discipline nous permettant d’agir selon Ses Enseignements, pour faire en sorte que Sa divine sagesse soit présente dans toutes nos activités et nos relations avec les autres.

Dans la vie spirituelle, toutes nos pensées et nos actions doivent refléter ce que nous avons appris. La spiritualité devient réelle uniquement lorsque les autres reconnaissent sa manifestation effective dans nos vies et lorsque, dans des situations nouvelles, nous pouvons appliquer ce qui nous a été enseigné. Si, véritablement, nous mettons en pratique la spiritualité, alors nous nous apercevrons des changements positifs survenus dans nos sentiments, nos paroles, nos actions et nos pensées.

Ces changements seront aussi évidents pour les autres. Si, véritablement nous mettons en pratique la spiritualité, nous serons capables d’affronter les situations de la vie d’une manière nouvelle et dynamique, avec confiance et sens de l’équité.

La pratique de la spiritualité n’est pas une série de techniques ou de méthodes. C’est un mode de vie. La spiritualité est basée sur la foi en Dieu. Elle se fonde sur l’idée que le but de l’existence humaine est la réalisation de notre Nature Divine. Par conséquent, il nous faut devenir des instruments de la Volonté Divine. Tant qu’elle n’imprègne pas toutes nos pensées, paroles et actions, la spiritualité ne porte aucun fruit.

Nombreux sont ceux qui pensent que la spiritualité se résume à la méditation, au chant de Bhajans, à la répétition du Nom du Seigneur, de mantras et d’autres pratiques. Or, ce ne sont que des exercices qui aident à la purification du cœur et de l’esprit. La spiritualité provient de la mise en pratique de ce qui est appris par l’étude, le résultat des exercices spirituels et l’expérience vécue. Swami dit clairement que nous sommes nés pour réaliser notre Nature Divine, pour voir Dieu dans nos frères et sœurs et pour servir notre prochain. Ceci est le but de nos vies.

A présent, essayons de clarifier ce que nous entendons par spiritualité

1. La spiritualité implique que nous vivions d’une manière qui nous permette d’atteindre le but que Dieu a prévu pour nos vies.
2. Les exercices spirituels tels que les chants sacrés (bhajans), la méditation, la répétition du Nom de Dieu (Namasmarana), les mantras, etc. nous préparent à l’amour et au service altruiste, qui sont la vraie pratique de la spiritualité.
3. Les exercices spirituels sont semblables à des gammes que l’on répète au piano. Par analogie, l’amour et le service altruiste sont comparables à des concertos.

Le but de toute Organisation est de faire en sorte que les gens agissent collectivement. Etant donné que nous agissons au Nom de Sai, nous devons nous consacrer à établir et maintenir la Divinité sur terre et en nous. Nous devons par conséquent exceller dans toutes les actions collectives.

Rappelons-nous les paroles de Saint Paul « Quand j’étais un enfant, je parlais comme un enfant, pensais comme un enfant et raisonnais comme un enfant. Quand je suis devenu un homme, j’ai abandonné les choses de l’enfance » (Corinthiens chap. 1.13:11).

Nous devons avoir conscience que la maturité est le préalable indispensable à la spiritualité. Pour nous, en tant qu’Organisation Spirituelle, il existe de nombreuses choses infantiles que nous devons dépasser Il ne devrait exister aucun sentiment de jalousie ou de compétition entre individus ou Centre Sai. Il ne devrait exister aucune soif de pouvoir, ni aucun désir d’autorité ou de reconnaissance entre individus ou Centre Sai. Il ne devrait exister aucune hostilité entre individus ou Centre Sai.

Bannissons de nos esprits et de nos cœurs tout conflit ou divergence d’opinions que nous avons pu éprouver dans le passé. Swami enseigne que nous devrions les considérer comme des nuages passagers et que nous ne devons pas nous cramponner au passé. Nous ne nuisons qu’à nous-mêmes, lorsque nous permettons à nos cœurs ou à nos esprits d’entretenir des sentiments de colère, d’amertume ou de déception. Par conséquent, sachons tirer les leçons de ces expériences négatives et extirpons de nous-mêmes les défauts. Voyons uniquement ce qui est bon chez les autres.

La chose la plus importante qu’il me reste à vous dire est que, lorsque j’ai quitté Swami vendredi dernier, Ses dernières paroles furent : « Transmets Mon Amour et Ma Bénédiction aux fidèles en Italie ».


Dr Michael Goldstein


Tiré de Mother Sai Magazine — Février 1994
Paru en français dans le Prema 22, 23 et 24 (1994 et 1995)