TÉMOIGNAGE DE J. JAGADEESAN
Juillet 1997
Au Luxembourg
Mr. Jagadeesan s’est rendu, pour son gouvernement, à Luxembourg. C’était l’occasion pour des fidèles Sai Belges et Luxembourgeois, d’entendre quelques-unes de ses expériences. Mr. Jagadeseesan est très actif dans l’Organisation Sai. Il est le coordinateur central de la région A et il a organisé la conférence mondiale de la jeunesse en été 1997, à Puttarparti. Il est aussi l’auteur de plusieurs livres.
Je vais vous raconter des histoires. Tout le monde aime les histoires de Baba. Combien de vous, ici présents, ont lu mon premier livre «Journey to God», «The Malaysian expérience with Sai Baba» ? Personne ? Je vais partager mes expériences et vous expliquer comment j’ai été impliqué avec Sai Baba. Je suis né dans une famille hindoue. Mon père est décédé quand j’avais sept ans et c’est ma mère qui nous a élevés. Nous étions une famille de cinq enfants. J’étais le numéro deux. Pour moi, ma mère était Dieu. Ma mère travaillait dans deux écoles, la journée et le soir. Lorsque mon père est décédé, il avait quarante ans et ma mère en avait trente, donc une très jeune famille. J’avais sept ans. La plus âgée avait neuf ans et le plus jeune, un bébé d’un an. Il n’y avait pas beaucoup d’éducation religieuse mais ma mère avait l’habitude de prier. Moi, je ne comprenais pas ma religion. Quand j’ai grandi je suis devenu de plus en plus intelligent, ou je pensais que je devenais plus intelligent. Quand vous avez environ vingt ans, vous pensez que vous savez tout. Quand on a quarante-cinq ans, on sait qu’on ne connaît pas grand chose. Mais quand on a dix-huit ou vingt ans, on sait tout. C’est un monde amusant.
Très vite je suis devenu un athée. J’ai commencé à me questionner sur l’existence de Dieu : « Où est Dieu ? Montrez-moi Dieu. Dieu n’a pas créé l’homme. L’homme a créé Dieu parce que les gens mentalement faibles ont besoin de Dieu. Les gens mentalement faibles ont besoin d’une religion. La religion est une béquille pour les gens faibles. J’ai un esprit solide. Je n’ai pas besoin de Dieu. »
J’ai été diplômé quand j’avais vingt et un ans. J’ai rejoint les services du gouvernement. Avant mes vingt-deux ans, j’ai rejoint le ministère de l’industrie de Malaisie Nous étions engagés dans les coulisses du pouvoir. Quand j’avais vingt-trois ans, je marchais dans les coulisses du pouvoir en Malaisie. Nous étions très proches de tous les ministres au sommet. J’étais dans une agence de développement industriel et la tâche de mon agence était de transformer l’économie malaysienne. Trois ou quatre d’entre nous sommes devenus les têtes les plus intelligentes de l’économie.
A trente ans, j’avais fait le tour du monde cinq ou six fois. On voyageait en première classe, on allait dans les meilleurs hôtels. Et tous les industriels les plus importants de Malaisie, ceux de l’étranger, les ambassades, les commissions, les ministres de Malaisie, tout le monde nous invitait tout le temps pour des cocktails et des repas, et venait nous voir. Donc, à ce moment, j’avais trente ans, j’étais populaire, j’avais du succès, j’avais une femme, un fils et une fille, une maison, une voiture, un chien, un chat, des souris, qui a besoin de Dieu alors ? Dieu était plutôt quelque chose d’ennuyeux dans ma vie. De temps en temps, ma mère me demandait d’aller au temple. Pour faire plaisir à ma mère, j’allais avec elle. Mais c’était vraiment ennuyeux, j’allais à un temple hindou. Je voyais tous les gens prier. Je pensais que ces gens étaient fous. J’avais l’habitude d’être très généreux. J’encourageais les autres à prier parce que des gens avec un mental faible ont besoin de prières : «S’il vous plaît, priez. Moi, je n’ai pas besoin de prières. J’ai un esprit puissant. » Ca, c’était mon attitude. C’était une arrogance intellectuelle.
C’est à trente-deux ans que j’ai entendu parler de Sai Baba. Des amis me disaient qu’il y avait de la cendre sacrée qui sortait de ses portraits. Alors j’allais dans la maison de mes amis, des fidèles de Sai, et je frottais les portraits sur le mur. Si vous allez dans une maison et frottez les portraits avec la main, vous pouvez trouver de la poussière. Je demandais si c’était ça la vibhouti. Ne soyez pas stupides : si vous ne nettoyez pas votre maison pendant une semaine, il y aura beaucoup de «vibhouti». Alors comment est-ce que vous pouvez croire qu’il y a de la vibhouti qui sort du portrait ? Vous voulez absolument avoir des miracles. Cet homme est un magicien. Je vous le dis : je disais des choses mauvaises. Aujourd’hui, je ne peux plus dire un mot
Le 8 Juin 1976, quelque chose est arrivé qui a changé ma vie. Il y avait un homme qui venait de Ceylan et qui était en Malaisie pour parler de Sai Baba. Il était venu voir ses amis. Comment il connaissait Sai Baba, certains centres Sai l’avaient invité. A ce moment là, il n’y avait que des petits groupes : de trente, quarante, cinquante personnes. Maintenant ils sont des milliers. Cet homme logeait dans la maison de ma tante. Alors quand il était là, je pensais de plus en plus à Sai Baba. Je pensais à Lui tout le temps : Comment attaquer cet homme ? Comment me moquer de Lui ? Comment faire des blagues et m’amuser ? Puisqu’Il était plus âgé que moi, je L’appelais mon oncle. Et puis, je L’appelais Ali Baba. Mais cet homme venant de Ceylan connaissait les mystères de Sai Baba. Il connaissait aussi la numérologie. Il connaissait les nombres qui portent chance.
Donc le 8 juin, je dis à ma femme : allons voir ce monsieur Packiarasah, pour obtenir de lui quelques chiffres qui portent chance. On est allé dans la maison de ma tante. En entrant dans le hall, j’ai vu un livre avec, en couverture, une photo de Baba. J’ai regarder le livre. Dans mon esprit j’ai dit : «Hum, avatar.» Alors j’ai ouvert le livre d’une façon très arrogante. A l’intérieur j’ai vu l’image d’un vieil homme. J’ai demandé à ma tante : «Qui est ce vieil homme ? » C’était Shirdi Sai Baba. «Qui est-il ?» «C’est l’incarnation précédente de Sathya Sai Baba.» «Oh, mon Dieu, est-ce que ce gaillard vient en série ? » Et avec ça, la discussion a commencé. De huit heures à dix heures et demie, pendant deux heures et demi, j’ai attaqué Sai Baba. Maintenant vos bhajans ne durent qu’une heure. Là, j’ai répété le nom de Sai Baba pendant deux heures et demie. C’est «namasmarana». Regardons ce drame : il y avait ma tante, monsieur Packiarasah, ma femme, mon neveu et moi, donc ça faisait cinq personnes. De huit heures à dix heures et demi, j’attaquais, j’attaquais, j’attaquais. Monsieur Packiarasah et ma tante défendaient Baba. Ma femme et mon neveu écoutaient.
Pourquoi cela arrivait-il ? C’est très facile à comprendre. Tout le monde est dans la même position quand on est face au monde extérieur. Ce que l’esprit humain ne peut pas classer, il le rejette. Ce que nous ne pouvons pas mettre dans l’armoire des pensées traditionnelles, nous le rejetons. C’est quelque chose de normal pour l’esprit humain. Il y a quelques siècles, l’homme occidental pensait que la terre est le centre du monde et que le soleil tourne autour. Et puis, quelqu’un est venu et il a dit : «Non, non. C’est le soleil qui est au centre et la terre tourne autour.» Et cet homme a été presque crucifié. Il a été excommunié pour cela. Tout un temps l’homme a dit : «La terre est plate.» Et puis quelqu’un a dit : «Non, non. Je pense que la terre est ronde.» Et il a eu des problèmes graves. Donc maintenant dans notre monde, ce que nous ne pouvons pas accepter, ce qui ne rentre pas dans notre façon habituelle de penser, nous le rejetons comme impossible. J’étais sur le même bateau. Maintenant, s’il y a d’autres personnes autour de vous qui ne connaissent pas Baba, ne soyez pas désolés, comprenez-les.
Donc la discussion a duré de huit heures à dix heures et demie. En fait, c’est une longue histoire que je raccourcis. Sinon, vous serez ici jusqu’à demain matin. A dix heures et demie, j’ai mis Baba au défi. J’étais en train de gagner le débat parce que cet homme et ma tante étaient pleins de dévotion mais ils ne savaient pas comment faire un débat. Ils n’avaient pas d’expérience, seulement de la dévotion. Donc c’était très facile de me moquer et de démolir Baba. A dix heures et demie, j’ai mis Baba au défi. J’étais très arrogant. Dans mon esprit, j’ai dit : «Hé, Baba, si tu es ce qu’ils disent que tu es, donne-moi un signe et je te croirai». Et de la vibhouti est apparue sur Son portrait ! A ce moment-là, ma vie a changé. Pour la première fois de ma vie, j’ai réalisé qu’il y a un pouvoir au-delà de ma science. Et ce pouvoir n’est pas un pouvoir aveugle et sourd. Ce pouvoir peut m’entendre et me répondre. Il peut arriver dans mon monde sous forme de cendre sacrée. A ce moment-là, mon mental a explosé. Je me disais : «Si un tel pouvoir existe, laisse-moi chercher la source de ce pouvoir.» C’est ainsi qu’a démarré mon voyage vers Dieu.
Mais le plus dramatique de l’histoire est que si quelqu’un m’avait appelé et montré la vibhouti sur le portrait, je ne l’aurais jamais cru. J’aurais dit qu’ils avaient mis eux-mêmes la vibhouti. Mais Baba m’a attrapé car j’étais le premier à voir cette vibhouti. Tout le monde dans la maison m’a accusé d'avoir mis, moi, la vibhouti sur le portrait. Et moi, j’étais le seul qui savait que je ne l’avais pas mis. C’était très comique Tout le monde a dit : «Tu as mis la vibhouti.» Et je disais : «Non, non, je n’ai pas mis la vibhouti.» C’était le début d’un voyage incroyable. C’était à dix heures et demi et on a commencé à téléphoner à tout le monde. Imaginez, il était onze heures du soir et toutes mes relations arrivaient à la maison pour voir la vibhouti.
Toute ma vie a basculé et a été bouleversée de haut en bas. Je suis rentré chez moi vers onze heures et demi ; je m’assit et regardai la télévision. Dans mon cœur, c’était comme un volcan. Ma mère était assise à côté de moi et me regardait. Je ne disais rien. Ma mère était une merveilleuse personne. Elle disait : «Tu as l’air d’être bouleversé. Pourquoi ne vas-tu pas prier ? » Mais je ne prie pas. Je ne sais pas comment prier. Toujours bouleversé, j’ai continué à regarder la télévision. Mais la douleur dans mon cœur devenait trop grande. Ce volcan devenait trop fort. Dans mon cœur, je savais que la seule façon d’arrêter cette douleur et d’éviter ce volcan d’exploser, était d’aller prier. Mais je ne voulais pas dire à ma mère que j’allais prier. A ce moment là, il n’y avait aucune image de Dieu dans ma maison. Ici il y a quelques images de Baba, de Shiva, de Bouddha, du Christ. Dans ma maison, il n’y avait rien du tout. Il y avait les souvenirs de tous mes voyages autour du monde : Japon, Allemagne, la Suisse, partout. Tout le monde les voyait et disait : «Oh, tu es allé là et là.» Dieu n’avait pas de place dans ma maison. Il en avait à un seul endroit : c’était dans la chambre de ma mère. Là, ma mère avait un autel à la façon hindou, avec beaucoup de dieux. Et tout en bas sur le sol, il y avait une petite image de Baba, comme une assurance. Beaucoup de gens prennent Baba comme ça, comme une assurance.
Alors je me suis levé et j’ai dit à ma mère que j’allais dormir. Je suis monté doucement dans la chambre de ma mère. Je me suis assis ; la chambre était sombre, il y avait seulement une lampe à l’huile sur le sol. La lampe n’éclairait que la photo de Baba au sol. C’était une vieille photo. Je me suis assis, j’ai regardé la photo. J’ai eu l’impression que la photo se moquait de moi. Vous pouvez l’imaginer. J’avais trente-deux ans et je me suis mis à parler à la photo à haute voix, comme un fou. Je parlais à voix haute à cette image : «Qui es-tu ? Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? » Intérieurement, je souffrais beaucoup. «Est-ce que tu es un homme ou est-ce que tu es Dieu ? » Et comme je criais comme ça, mon premier chant à Baba est sorti. Le chant est sorti dans ma langue natale qui est le Tamil. Et jusqu’aujourd’hui, neuf cents chants sont sortis ! Beaucoup en Tamil, beaucoup en anglais. J’ai fait maintenant plus de 35 cassettes, 4 avec des chants en anglais. Ce sont des chants à Baba, à Bouddha, au Christ, à toutes les formes différentes de Dieu. Je ne suis pas musicien. En fait, je ne peux pas bien parler Tamil, ma langue natale. Mais les chants viennent de l’intérieur. C’est un don que Baba m’a donné. Les chants sont venus comme ça. Le volcan a explosé à travers ces chants. Et puis j’ai commencé à vouloir en savoir plus sur Sai Baba.
Maintenant vient la prochaine histoire amusante. Ceci est arrivé en Juin. En octobre, je suis allé à une conférence à Paris, une conférence du gouvernement. Donc j'ai dit à mon patron: «Donne-moi quatre jours de congé, je voudrais aller en Inde pour voir Sai Baba. Je te verrai après à Paris. » Donc je me prépare pour aller en Inde. En Malaisie, je connais beaucoup de monde dans la société. Il y a beaucoup de sociétés indiennes en Malaisie. Ma mère me dit : «Tu ne vas que quatre jours en Inde, c’est tellement court. Pourquoi ne demandes-tu pas à un de tes amis indiens d’arranger un rendez-vous avec Sai Baba ? » Je me dit : «Tiens, c’est une bonne idée.» Alors j’ai appelé la société indienne, les directeurs locaux en Malaisie. Cette société avait son siège principal à Bangalore. J’ai beaucoup aidé cette société en Malaisie et je ne leur demandais jamais aucune faveur. C’était la première fois que je demandais quelque chose. Donc cet homme était très heureux. Je lui dis : «Est-ce que tu peux me faire une faveur. Je vais aller en Inde.» «Oui, bien sûr, je vais faire tout pour toi.» «Est-ce que tu peux m’arranger un rendez-vous pour que je puisse voir Sai Baba ? » «Pas de problème. J’appelle mon siège principal à Bangalore. Ma société a beaucoup d’influence à Bangalore. On prendra un rendez-vous pour toi.» Je dis : «Oh, c’est très bien. C’est très facile.» Alors une semaine après, il me rappelle : « Mr. Jagadessan, j’ai reçu un message de mon siège principal. Il disait qu’ils pouvaient m’arranger un rendez-vous avec n’importe quel ministre en Inde mais avec Sai Baba que c’était impossible.» Je répondis : «Bon, o.k.» Alors je suis allé en Inde pour quatre jours. Une aventure incroyable. Lisez le livre et vous comprendrez.
Le troisième jour, je suis à Puttaparthi. Je suis assis dans une foule d’un millier de personnes. Quand vous allez en Inde, vous avez l’air différent. Quand moi je vais en Inde, j’ai l’air comme tout le monde dans la foule. J’ai l’air très indien. Personne ne peut savoir qui je suis. Je suis assis dans la foule. Baba arrive. Il va vers les Indiens. Il parle dans une langue indienne, je ne comprends rien. Alors, Il arrive près de moi : «Tu es Malaysien.» J’eus un choc quand Il me dit ça. J’ai répondu : «Oui, monsieur.» Puis Il a dit : «Viens.» Il m’a appelé pour une entrevue. En fait, je fus le seul à être appelé ce jour là. Dans la chambre d’entrevue, j’ai trouvé mon Père. Mon père est décédé quand j’avais sept ans. A trente-deux ans, je l’ai retrouvé. Il m’a traité comme si j’étais un enfant. Il m’a embrassé, Il m’a embrassé sur la joue, avec tellement d’amour. Nous pensons tellement que l’amour est une émotion. La première fois que j’étais devant Baba, j’ai senti que l’Amour est une énergie. Cette énergie incroyable venait et m’entourait. D’abord Il a commencé à parler en Tamil qui est ma langue maternelle. Mais mon Tamil est très mauvais. Alors j’ai dit : «Swami, mon Tamil est très mauvais. Parle-moi, s’il Te plaît, en anglais.» Et Il a commencé à me parler en anglais. Imaginez, Il m’a donné tellement d’amour, alors que je m’étais opposé à Lui quatre mois auparavant. Je pensais aussi que je devais m’excuser. Mais comment dire à un Avatar que vous vous êtes opposé à Lui ? Je me disais que j’allais le dire d’une façon un peu gentille. Alors j’ai dit : «Swami, excuse-moi. Il y a quatre mois, je ne croyais pas en Toi.» Je ne disais pas que j’étais un opposant, je disais que j’étais incroyant. Baba à répliqué : «Eh, pas seulement un incroyant, un opposant farouche, un opposant farouche ! » J’étais debout face à Lui. Alors quand Baba à dit : «Pas seulement un incroyant, un opposant farouche » , mes genoux ne m’ont plus porté, je suis tombé, j’ai commencé à pleurer très fort. Baba disait : «Ne pleure pas, ne pleure pas, Baba sait tout ».
Beaucoup de choses se sont passées. Au moment où j’ai été Le voir, j’avais composé 35 chants. J’avais mis tous les chants dans un petit livre et Le lui ai donné en disant : «Swami, merci pour les chants.» Il a mis Sa main sur mon épaule, m’a regardé dans les yeux en disant : «Ne t’en fais pas. Tu es mon instrument. Répands-les, répands-les.» Maintenant, j’espère être un bon instrument en voyageant autour du monde et en faisant tout ce travail.
Puis un nombre de choses très intéressantes se sont passées. Je Lui ai demandé : «Swami, en Malaisie je chante pour une image. Est-ce que je peux chanter pour Toi directement, maintenant ? » «Non, non. Viens ce soir et viens avec tous les autres Malaysiens.» Mais j’étais venu seul. Je ne savais pas qui étaient les autres Malaysiens. J’ai dit : «Swami, je ne connais pas les autres Malaysiens.» Il répondit : «Non, non, il y a vingt-quatre Malaysiens dans la foule.» Vous voyez c’est amusant. Swami vient près de vous et vous demande combien vous êtes et vous dites : «Baba, je ne sais pas.» En fait, Lui le sait très bien. La première fois, quand je suis allé en Inde, je ne connaissais aucun autre Malaysien. Et Lui me dit combien ils sont dans la foule. Chaque fois que je suis allé en Inde, Il est venu près de moi et m’a demandé : «Combien de Malaysiens ? » Il s’avait combien il y en avait. Ce sont des jeux. Le soir, j’étais là avec tous les Malaysiens. J’étais donc assis au milieu d’un groupe. Vous voyez, quand vous parlez de Dieu, qu’est-ce que c’est, Dieu ? Un jour quelqu’un m’a demandé : «Est-ce que Baba est Dieu ? » C’est une question que je peux poser à vous tous. Moi, je suis un disciple très directe. Si quelqu’un me demande «Est-ce que Baba est Dieu ? » Je dis : «Je ne sais pas.» Par exemple : ceci, qu’est-ce que c’est ? C’est un stylo. Comment savez-vous que c’est un stylo ? Parce que cela a l’air d’être un stylo. Et pourquoi est-ce que cela a l’air d’être un stylo ? Parce que vous avez vu d’autres stylo avant. Alors vous savez que c’est un stylo.
Si quelqu’un vient de Mars et qu’on lui demande : «Qu’est-ce que c’est ? » Il dira : «Je ne sais pas.» Tu sais que c’est un stylo. Comment le sais-tu ? Ici je n’ai pas vu Dieu. Tu me demande si Baba est Dieu. Comment est-ce que je pourrais le savoir ? Les écritures, la Bible, le Coran, la Gîta ne décrivent pas Dieu par des détails physiques. Ils ne disent pas que Dieu a des cheveux étranges ou une robe orange. Ils ne disent pas si Dieu a une moustache ou pas de moustache, qu’Il est vert ou bleu. Aucune Écriture ne décrit Dieu par des détails physiques. Mais toutes les Écritures décrivent Dieu par Ses caractéristiques. Quelles sont les caractéristiques de Dieu ? Omniscience, omnipotence, sachant tout, voyant tout, Il peut tout faire, Il peut matérialiser n’importe quoi, Il peut ramener les morts à la vie, Il peut donner et prendre la vie, tout cela sont des pouvoirs de Dieu. Il est l’Incarnation de l’Amour, Il est l’Amour, Il est la Vérité, ce sont des caractéristiques de Dieu, pas des critères physiques.
Alors nous avons quelqu’un dans ce monde qui montre, pas seulement à une personne mais à des milliers et de milliers de gens, toutes les caractéristiques que nous assignons au divin. Baba a incarné en Lui toutes les caractéristiques du Divin. Dans cette mesure, Baba est l’Incarnation du Principe Divin. Je ne dis pas Dieu. Pourquoi est-ce que je ne dis pas Dieu ? Si je vous demande maintenant de penser à Dieu, tout le monde va y penser d’une façon différente. On pensera à Krishna, Shiva, Rama, Subramanyam, Jésus, Marie ; tout le monde a une image différente de Dieu. Quand on pense à Dieu, on a un réflexe conditionné. Si on dit le Principe Divin, il n’y a pas d’image. C’est pour cela que j’utilise le mot Principe Divin. Baba est une émanation du Principe Divin.
Voyons toutes les caractéristiques du Principe Divin que possèdent Baba. Omniscience, connaissance total. Je vous donne des exemples. Je suis assis à côté de Baba. Au moment ou je suis arrivé chez Baba, j’étais marié depuis six ans. Peut-être beaucoup de gens savent-ils que ma femme est décédée en novembre l’année passée. Ca, c’est une autre histoire. Si j’ai le temps je partagerai cela avec vous. Baba m’a mis devant un grand défi dans ma vie. Maintenant je remonte un peu plus loin. Donc à ce moment là, quand je suis allé chez Baba, j’étais marié depuis six ans. J’aimais ma femme. Je l’appelais habituellement ma ‘vie’. (life en anglais). Je disais : « ‘Vie’, viens ici, fais cela. » Mes amis commencèrent à se moquer de moi. Qu’est-ce que c’est que ça, un mari qui aime appeler sa femme ‘vie’. Alors je disais que c’était une plaisanterie. ‘Life’ veut dire ‘femme aimante’ (jeu de mots en anglais : ‘life’ = une forme contractée pour ‘loving wife’). C’est un jeu. Mais ‘life’ veut aussi dire ‘femme ennuyeuse’ (jeu de mot en anglais : ‘life’ peut aussi dire une forme contractée de ‘lousy wife’). ‘Vie’ est bon pour les deux contractions, cela dépend de ce qu’elle fait. Quand j’étais fâché, je disais ‘vie’ ce qui voulait dire ‘femme ennuyeuse’. Suivant la situation, c’était l’un ou l’autre. Ca, c’était après le mariage. Mais après trois semaines, tout le monde se moquait de moi et cela devenait difficile ; alors je me suis arrêté et je l’ai appelé par son nom : Shanti.
Six ans plus tard, je suis assis à côté de Baba et Il me demande : «où est ta femme ? » Sur ce moment, quand Baba pose une question on pense qu’Il ne s’ait pas la réponse. Alors on Lui raconte toute l’histoire. Je pensais devoir Lui raconter que j’allais à une conférence à Paris. Alors je Lui ai raconté : «Swami, je vais à une conférence à Paris…«Mais avant que je puisse terminer, Baba dit : «Oui, je sais, je sais. Ta femme, oui, une femme sympathique, avec un tempérament un peu fort, mais te sais (Il reprend le jeu de mot de Jagadeesan), la femme n’est pas la vie, la vie est la vie, la femme est la femme.» Je me demandais de quoi Il parlait. J’avais oublié cette histoire du début de mon mariage. Mais là, Il disait : «La vie n’est pas la femme. La vie est la vie et la femme e4st la femme.» J’ai cru qu’Il me racontait une blague. Je Le regardais en me disant : Qu’est-ce qu’Il raconte ? Il souriait. Et tout d’un coup, je me suis rappelé l’histoire. J’ai commencé à rire. C’est très intéressant. Quand j’ai raconté ceci à Kasturi, l’historien de Baba, il dit : «Tu sais, Jagadeesan, c’est très inhabituel. Normalement Baba dit à tous les maris que la femme, c’est la vie.» Kasturi me dit qu’il n’avait jamais entendu Baba dire cela à quelqu’un. Parce que tu appelais déjà ta femme : ‘Vie’, Il a voulu te dire qu’Il le savait. Mais en d’autres occasions j’ai entendu baba dire aux femmes (je suis sûr que cela ne s’applique pas ici) : «La femme, c’est la vie, mais ne devenez pas un ‘couteau’» (jeu de mot en anglais : Wife is life but don’t become knife.) Il n’y avait que cinq personnes au monde qui savaient que j’appelais ma femme « vie ». C’est une chose très privée que Baba a prise pour me montrer qu’Il le savait.