Madame Rani Narayana
(Tiré de Heart2Heart du 1er avril 2008,
le journal sur Internet des auditeurs de Radio Sai et de la revue Prema)
Originaire du Tamil Nadu, Mme Rani Narayana, qui est depuis environ soixante ans une fidèle fervente et dévouée, est venue à Bhagavan Baba dès 1950. Âgée maintenant de 85 ans et tendrement appelée « Rani Ma » par Bhagavan Baba, sa vie est une mine d’expériences éblouissantes. Chercheur spirituel sincère, elle réside actuellement à Puttaparthi et c’est avec une conviction, une perspicacité et une foi profondes qu’elle partage avec les fidèles enthousiastes ses souvenirs inspirants.
Le premier Appel…
Je reçus mon premier Appel divin en 1950. Je résidais alors à Nagpur (dans l’État du Madhya Pradesh, en Inde Centrale). N’étant pas dans le Sud, je n’avais aucune opportunité d’entendre parler de Swami. C’est Mme Kamala Sarathi, une fidèle que je considère comme une sœur, qui me parla de Swami pour la première fois. Lorsqu’elle était à Delhi, elle apprit l’existence de Swami par une personne qui lui enseignait la musique. C’était un chanteur classique qui avait l’habitude de chanter à Puttaparthi et qui lui dit qu’il fallait absolument qu’elle aille voir Baba. C’est ainsi que Mme Kamala Sarathi vint pour la première fois à Swami, et elle fut très impressionnée par Sa Présence. Tout ce qui concernait Puttaparthi la toucha énormément, aussi m’écrivit-elle ceci : « La prochaine fois que je m’y rends, tu dois venir avec moi, car tu manques vraiment quelque chose ! C’est une très grande Âme ! Il est considéré comme étant Bhagavan1. » À l’époque, nous n’avions pas la conviction qu’Il était Dieu.
Ah ! Quelle odyssée inoubliable !
Bien que je lui aie dit que je l’accompagnerais lors de son deuxième séjour, je ne pus le faire en raison de contraintes familiales. J’allai finalement avec elle lors de son troisième voyage en 1950. J’avais emmené avec moi mes deux enfants, mon fils et ma fille. Le train s’arrêtait à peine deux minutes à la petite gare de Penukonda et je dus littéralement jeter en hâte mes bagages hors du train. Puis nous trouvâmes un chariot tiré par des chevaux – et non des bœufs – pour aller à l’arrêt de bus. Ce jour-là, il y avait une panne de bus : celui qui devait partir pour Bukkapatnam (le village le plus proche de Puttaparthi à l’époque) était en réparation. Le chauffeur nous annonça : « Amma (Mère), nous essayons de le réparer et, tant qu’il n’est pas remis en état, nous ne pouvons rouler. Aussi, nous ne savons pas à quelle heure nous pourrons partir. » 1 Dans les Écritures (Vishnu Pur?na), le terme Bhagavan est ainsi défini : « Celui qui connaît l’origine et la fin de
chaque être, ses venues et ses départs. Celui qui est le Maître et le souverain d’avidy? (l’ignorance), et le dépositaire de vidy? (la Connaissance), Celui-là est Bhagavan. »
Alors, nous attendîmes des heures et, finalement, nous montâmes dans le bus. Nous étions à peu près 10 ou 12 personnes. En plus de Mme Kamala Sarathi et de ses deux professeurs de musique, il y avait également les enfants de ma sœur. Lorsque nous arrivâmes à Bukkapatnam, il était presque 11 heures du soir. De là, nous dûmes prendre une charrette tirée par des bœufs pour nous rendre à Puttaparthi car, à cette époque, seul ce moyen de transport était disponible. Mais, en fait, il fallut marcher, car la charrette transportait principalement les bagages et les enfants en bas âge. On nous annonça :
« Dans la mesure du possible, nous prions les adultes de bien vouloir marcher et nous prendrons les enfants puisqu’ils ne pourront marcher pendant deux heures ! » De plus, il n’y avait pas d’autre charrette, car c’était une heure trop avancée de la soirée ! Ainsi, le temps que nous atteignions Puttaparthi, il était une heure du matin !
La Lumière qui guide sans cesse tout le monde
Il faisait nuit noire ! Il n’y avait pas de route ; seulement des pistes tracées comme dans la forêt, suffisamment larges pour laisser passer la charrette qui tressautait sur les cailloux ! C’était vraiment une expérience pour moi qui n’étais jamais allée dans un endroit pareil auparavant. Il faisait tellement sombre que nous n’y voyions absolument rien. Le professeur de musique, M. Chidambarair (qui jouait habituellement du violon pour les Bhajan de Swami) nous dit alors : « Ne vous inquiétez pas ! Swami est avec nous. » Puis, soudain, nous vîmes une boule de lumière dans le ciel ! Elle était semblable à la lune et très grosse ! « C’est Baba ! Il est au service du monde. Il est avec nous ! », dit-il. Nous ne comprenions pas. Nous pensions qu’il y avait un feu de forêt qui s’approchait de nous, formant une boule de lumière ou quelque chose de ce genre, puisque nous n’avions jamais expérimenté de tels miracles auparavant. « C’est la Lumière de Baba ; Il voyage la nuit pour voir comment est le monde (prapancha) », déclara-t-il.
En tous cas, nous allions bien et nous arrivâmes à une heure du matin ! À dire vrai, la Demeure de Swami était très quelconque. Il n’y avait pas, à proprement parler, de murs érigés ou d’entrée, ni de véritable structure ! Il n’y avait pas non plus vraiment de jardins, juste des ronces et des fourmilières partout. Après que nous soyons descendus, je demandai : « Où allons-nous dormir ? » Quelqu’un répondit : « Vous devez dormir ici, à la belle étoile ! » Je me dis que l’on nous emmènerait à l’intérieur et que l’on nous trouverait une place. Mais on nous répéta : « Non, vous n’avez qu’à dormir ici. » Il y avait là-bas un grand shed (hangar), réservé uniquement aux fidèles. Et au bout de ce shed se trouvait le temple de Swami. C’était Son autel, l’endroit où était installée Sa chaise. Il n’y avait pas de pièce séparée pour Swami. Un rideau était accroché au milieu, en guise de séparation, et le même endroit servait également de temple pour Swami. C’est là qu’Il venait s’asseoir pour les Bhajan. À la fin des Bhajan, ils tiraient le rideau et nous, nous restions tous là, dans le même shed. La véritable pièce de Swami, un tout petit espace clos, était située dans la cour, près d’un puits.
Accueillis par le Seigneur
Donc, cette nuit-là, dans l’obscurité, nous vîmes soudain quelqu’un : c’était Baba ! Comment savait-Il que nous étions arrivés ? Il sortit de ce shed avec une énorme lampe torche ! Puis Il envoya la lumière dans notre direction. La porte qu’Il avait ouverte n’était pas une porte en bois, mais une grosse grille. Il dirigea donc la lumière vers nous pour voir qui était arrivé.
La vie spirituelle est différente de notre vie matérielle, tout comme le comportement spirituel est aux antipodes du comportement matérialiste. Lorsque vous allez vers un Gourou, vous ne pouvez faire ce que vous voulez ! C’est ce que Swami a essayé de nous enseigner à travers cet incident. Nous réalisâmes également qu’Il n’était pas seulement un Maître difficile, mais aussi un très grand Maître – destiné aux quelques rares personnes disposées à accepter tout ce qu’Il dit. D’ailleurs, Il a déclaré que nous ne devrions pas chercher à Le comprendre.
Pour ma part, je constate que la compréhension vient lorsqu’on est humble. Notre intellect n’est d’aucune utilité ; en effet, quelle sottise ! Comment pouvons-nous comprendre Bhagavan ? Comprendre la Divinité est une Grâce qui doit venir de Lui ! Et cette Grâce nous est accordée lorsque nous construisons, ou menons, vraiment notre vie sous Sa direction.
Il vint ensuite près de ma sœur aînée, Kamala Sarathi, et lui demanda : « Avez-vous mangé ? Je peux aller vous chercher quelque chose, mais ce ne sera qu’un peu de riz et de channa (pois chiches) ; Je ne peux vous donner davantage. Si vous voulez de l’eau, Je peux vous en apporter. Que souhaitez-vous ? » Ma sœur répondit : « Swami, ne Vous inquiétez pas, nous avons tout ; tout va bien. » Swami dit alors : « Si vous allez bien, alors maintenant dormez et Je vous verrai demain matin. » Puis Il partit. Le matin, nous entrâmes nous asseoir. Swami Se dirigea vers nous. À cette époque, Swami allait et venait dans le shed un certain nombre de fois. Il arrivait à n’importe quelle heure – 9 h,
10 h, 12 h, 2 h ou à tout autre moment – et ne cessait de parler à chacun de manière très informelle. Aucune discipline n’était nécessaire. Vous pouviez Lui poser toutes les questions que vous vouliez, à tout moment. Il était toujours disponible ! Donc, Il vint le matin à 8 h ou 8 h 30 et nous dit : « Vous êtes tous bien installés. » Il nous informa également qu’il y avait une salle d’attente et que nous pouvions mettre notre lit et nos affaires dans un petit endroit là-bas. À peine 20 à 30 fidèles étaient présents en ces lieux, ce n’était donc vraiment pas la foule.
L’impénétrable Résident intérieur
Swami arriva le matin et parla à mes deux sœurs. Puis Il me regarda, se retourna et partit sans rien me dire. Le lendemain, Il revint et fit la même chose – Il leur parla, me regarda et ne me dit pas un mot. Alors, je crois que c’est le troisième jour où ma sœur aînée, désolée pour moi, me fit cette remarque : « Nous nous rendons compte qu’Il nous a parlé à toutes les deux, mais pas à toi ; cela nous rend tristes. Aujourd’hui, je demanderai à Swami pourquoi Il agit ainsi ! » Quand Swami arriva, elle Lui posa donc la question :
« Swami, pourquoi ignorez-Vous mon autre sœur ? Vous ne lui avez même pas demandé qui elle était ! Pourquoi faites-Vous cela ? » Il répondit : « J’ai une bonne raison. Je connais ses sentiments et ses pensées. Elle ne se sent pas à l’aise ici, dans cet environnement, en compagnie de Ma Forme. Elle se dit : « Ses Cheveux, Sa Robe ! Je n’ai jamais vu quelqu’un comme cela ! » Elle ne se sent pas très bien. « Alors, Je lui donne du temps. Je ne l’ignore pas, mais lui laisse le temps d’être en accord avec son propre soi et de se sentir à l’aise. Tout est tellement étrange pour elle ; elle ne parvient pas à comprendre et ne sait plus très bien où elle en est. Aussi, à ce stade, Je ne peux rien lui dire. » Je sentais qu’Il m’accordait Sa grâce (krip?) et que Son aura m’aidait à m’apaiser ! Car Il peut nous donner de telles bonnes vibrations pour calmer notre mental, puisqu’Il est partout : à l’intérieur et à l’extérieur, tout est seulement Lui ! Puis Swami repartit et, quelques jours plus tard, Il m’appela pour un entretien. Il me fit venir seule et m’emmena dans une autre pièce. En ce temps-là, il n’y avait pas de salle d’entrevues ; mais, à côté de la première pièce, il s’en trouvait une autre qui ressemblait elle aussi à un temple. Lorsqu’il pleuvait, l’eau pénétrait dans le shed ! Il n’y avait pas de fenêtres, mais l’eau s’infiltrait par une brèche et toutes nos affaires se retrouvaient mouillées. Nous devions alors changer d’endroit ! Où pouvions-nous aller nous asseoir ? Il existait un autre hall – pas très grand – où tous les fidèles se rassemblaient et s’asseyaient, car il n’y avait pas de place pour s’allonger ! Cela ressemblait également à un temple – ils avaient déposé de l’herbe pour Swami ainsi que d’autres choses. Swami ne s’asseyait pas là-bas pour les Bhajan, mais seulement dans le shed ! Aussi prenait-Il parfois quelques personnes dans cette pièce pour un entretien privé.
« Lorsque vous allez vers un Gourou, vous ne pouvez faire ce que vous voulez ! » – Rani Ma
Il me demanda donc d’où je venais ainsi que d’autres détails, et enfin me posa cette question : « Quel est ton programme ? » Je répondis : « Swami, j’ai la permission de rester ici seulement 10 jours. Ma belle-famille ne m’a autorisée que cette durée après laquelle je devrai partir, car ils ne savent pas où je me suis rendue ni qui je suis allée voir. Ils se feront du souci pour moi, je ne pourrai donc pas prolonger mon séjour. » Il me dit alors : « Non, tu ne peux pas partir. Au bout de ces 10 jours, Je ne te laisserai pas partir ! » J’étais un peu inquiète. J’insistai : « Swami, ils seront très fâchés contre moi si je leur désobéis et ce sera une tâche ardue que de gérer cette situation. » Il me répondit : « Cela M’est égal, Je ne te laisserai pas partir ! Tu dois rester ici au moins un mois ! Je te dirai quand partir. » Je rétorquai : « Mais Swami, je dois les prévenir. Je ne sais rien du tout ! Comment vais-je les informer ? » Il m’assura : « Je vais faire envoyer un télégramme ; donne-Moi l’adresse et ne te préoccupe de rien. Je l’enverrai pour toi. » Je répondis alors : « Très bien, Swami. » Ce que je cherche à vous dire par là, c’est que, à cette époque, je ne comprenais rien à tout cela parce que je n’étais pas ouverte à la vie spirituelle ! La vie spirituelle est différente de notre vie matérielle, tout comme le comportement spirituel est aux antipodes du comportement matérialiste. Lorsque vous allez vers un Gourou, vous ne pouvez faire ce que vous voulez ! C’est ce que Swami a essayé de nous enseigner à travers cet incident. Il nous préparait à cet état d’acceptation. Nous comprîmes le message immédiatement : « Si vous voulez Me suivre, vous devez accepter la manière dont Je veux que vous Me suiviez. Vous ne pouvez plus dire « Swami, je resterai seulement 10 jours ! » Vous ne pouvez prendre de décisions ! » Il me l’a très bien fait comprendre. Et maintenant, après avoir eu quelques expériences, je suis convaincue qu’à partir du moment où on commence à Le suivre le chemin est ardu, car il y a des résistances. Mais, si c’est Lui que vous voulez, vous devez être prêts pour tout cela !
Les gens peuvent faire toutes sortes de remarques, mais, si vous aimez Swami, vous devez courber la tête et être prêts. Il nous apparut que ce n’était pas un Gourou facile à suivre ; mais, si c’est Lui que nous voulons, nous devons emprunter ce chemin ; Il ne fera aucun compromis pour nous. Il nous dira exactement ce qu’Il veut. Que nous obéissions ou non, cela ne tient qu’à nous, et nous en subirons les conséquences – des bénédictions si nous obéissons, et aucune bénédiction si nous n’obéissons pas. Donc, j’acceptai cela. Ensuite, Il Se mit à me parler et tout se passa bien.
Pas de progrès sans souffrance
À cette époque, nous devions aller sur les collines pour nos ablutions matinales. Il n’y avait pas de salles de bains. C’était donc une période très difficile et Swami nous fit goûter à tout cela pour tester notre ardeur sur ce chemin ! Si vous êtes dévoués, vous pouvez supporter les difficultés et tous les désagréments sans protester !
Les moustiques nous piquaient, nous n’avions pas de ventilateurs, et toutes sortes de choses pouvaient arriver : par exemple, la pluie pouvait mouiller toutes nos affaires. Mais il nous fallait rester calmes. Si vous vous plaignez, il n’y a aucun mérite ; seulement du démérite. L’acceptation est un mérite ! Cela fut très clair pour nous. Nous réalisâmes également qu’Il n’était pas seulement un Maître difficile, mais aussi un très grand Maître – destiné aux quelques rares personnes disposées à accepter tout ce qu’Il dit. D’ailleurs, Il a déclaré que nous ne devrions pas chercher à Le comprendre. Pour ma part, je constate que la compréhension vient lorsqu’on est humble. Notre intellect n’est d’aucune utilité ; en effet, quelle sottise ! Comment pouvons-nous comprendre Bhagavan ?
Comprendre la Divinité est une Grâce qui doit venir de Lui ! Et cette Grâce nous est accordée lorsque nous construisons, ou menons, vraiment notre vie sous Sa direction. Swami dit que si vous suivez tout ce qu’Il demande, vous n’avez pas besoin de lire de livres. Il est venu une fois dans notre chambre, à Prashanti Nilayam. À cette époque, Il avait l’habitude d’aller et venir dans les chambres, de S’asseoir, manger et jouer avec nous ; nous étions très proches.
« La spiritualité est un voyage vers l’intérieur » – Baba
Ainsi, un jour, Il fit cette remarque : « Vous lisez tellement de livres ! » Nous Lui demandâmes : « Swami, que devons-nous donc lire ? Comme nous ne savons pas grand-chose à propos de la vie spirituelle, nous voulons aussi nous cultiver. » Nous pensions que toute ces lectures nous aideraient. Il répondit alors : « Lisez la vie des saints et vous comprendrez le message. Tout le reste n’est d’aucune utilité ! Cela ne fera que vous alourdir la tête. « Vous connaîtrez tout le fatras intellectuel et vous vous emplirez de la connaissance advaitique (relative à la non-dualité). Il n’y a pas besoin de tout cela ! Lisez seulement la vie des saints. Ils ont récolté les fruits ; ils ont suivi la voie spirituelle et l’ont réalisée. Le pèlerinage entier est à l’intérieur, ce n’est pas une recherche que vous pouvez faire à l’extérieur ; cela ne peut absolument pas se trouver à l’extérieur ; oubliez cela ! C’est un voyage vers l’intérieur. » Puis, nous donnant davantage de clés, Il ajouta :
« Lorsque vous avez des doutes, asseyez-vous en silence et faites cette prière à Swami : « Swami, je ne comprends pas. Je Vous en prie, dévoilez-moi ce que cela signifie, et dites-moi ce que je dois faire maintenant. » Demandez- Moi de l’aide, mais asseyez-vous et mettez-vous en contact avec Moi par la prière. » Il me dit : « Rani Ma, prie ardemment et non pas superficiellement. Assieds-toi calmement, va au plus profond de toi et prie. Je te montrerai Mon omniprésence. » Une fois, Il entra dans notre chambre à Prashanti Nilayam – à l’époque, Il venait S’entretenir avec nous dans notre propre chambre ! Nous n’avions pas à nous rendre dans une salle d’entrevues. Et nous étions également autorisés à aller dans Son appartement, autant que nous le souhaitions. Il avait donné la permission à certains de Ses fidèles de monter dans Sa pièce, et nous faisions partie de ceux-là.
Bien qu’ayant ce privilège, je ne voulais pas tirer un avantage inconsidéré de cette précieuse opportunité et courir chez Lui dès que j’avais un doute. Puisqu’Il venait aussi dans nos chambres, nous pouvions donc Lui poser notre question. J’ai une autre sœur qui est une brahmacharin? ; elle ne s’est pas mariée parce qu’elle était en quête de Dieu. C’est notre quatrième sœur. Elle et moi étions dans la chambre quand Swami entra. Il nous regarda et dit : « Vous n’êtes pas encore convaincues que Je suis Dieu, c’est bien ça ? Vous avez des doutes à propos de Ma Divinité, n’est-ce pas ? » Il nous posait une question franche et directe. C’était l’époque où Prashanti Nilayam n’était pas encore construit. Nous restâmes silencieuses et Le regardâmes simplement, ce qui voulait dire « Oui ! ». Nous ne pouvions Lui dire directement ; Il sait tout, alors pourquoi aurions-nous dû le faire ? Puis Il ajouta : « C’est tout à fait naturel ! Il n’y a rien d’anormal. Si quelqu’un vient seulement vers vous en vous disant ‘Je suis Dieu’, comment pouvez-vous le croire ? Il n’y a là rien de mal ; c’est tout naturel ! »
« Vous devez tester Mon Omniprésence ! » – Baba
Nous pensions qu’Il pouvait ne pas être satisfait, mais Il nous affirma que c’était tout naturel ! Ainsi nous nous sentions heureuses à l’intérieur de nous d’avoir été, d’une certaine façon, pardonnées de nos doutes. Ensuite Il déclara : « Mais il y a une chose que vous devez faire pour vous débarrasser de vos doutes. Vous ne pouvez pas vivre toujours dans le doute, alors essayez donc ! Si Je suis Dieu, Je dois démontrer Mon Omniprésence ; personne d’autre ne peut être omniprésent – seul Dieu peut l’être ! » Les gourous ordinaires ne peuvent nous guider de la manière dont Swami le fait pour nous. Il nous dit : « Vous devez tester Mon Omniprésence ! » Et Il insista : « Vous devez le faire ! Il n’y a pas d’autre moyen ! C’est alors seulement que vos doutes se dissiperont. » Comment pouvions-nous tester Son Omniprésence à Puttaparthi ? Il est déjà là ! Il ajouta :
« Lorsque vous serez rentrés dans vos pays respectifs, testez- Moi pour savoir si Je suis disponible grâce à Mon Omniprésence. » Cela en soi prouve combien Il est un grand Gourou! Il ne nous a pas répondu : « Je vous ai dit que J’étais Dieu ; pourquoi devriez-vous en douter ? Pourquoi ne pouvez-vous pas le croire ? » Au lieu de cela, Il a déclaré :
« C’est normal ! Tout le monde a des doutes ; mais ils peuvent être dissipés par vos propres efforts dans votre propre vie. »
Swami me dit un jour : « Rani Ma, si Tu as obtenu Ma Grâce, c’est parce que tu as mené cette vie ! »
Celle-ci n’est peut-être pas parfaite, mais voyez-vous, lorsque vous suivez cette voie avec Baba, cela ne signifie pas que vous deviendrez parfait du jour au lendemain ! Nous avons beaucoup de défauts, beaucoup d’imperfections que nous devons transcender en tant qu’êtres humains. La vie spirituelle est si différente de ce à quoi nous sommes habitués que notre vie entière doit être réorientée, réorganisée ; c’est une grande tâche. Nos pensées, nos paroles, nos actions, tout doit êtrespiritualisé. Ce n’est pas facile, car nous avons pris des habitudes tout au long de nos nombreuses naissances, comme penser d’une manière et agir d’une autre – et pas seulement au cours d’une seule naissance ! Nous avons vécu comme des êtres humains pendant de nombreuses vies, et à présent nous devons mener une Vie divine !
Ce que signifie mener une Vie divine
Qu’est-ce que la vie spirituelle ? C’est une Vie divine dans laquelle vous vous connectez en permanence avec la Source ! Cela signifie penser, parler et jouer votre rôle en vous plaçant sur le plan de la Divinité.
C’est ce que Baba nous a dit : « Vous devez tester Mon Omniprésence. » Et Il a ajouté : « Vous avez gagné Ma Grâce simplement parce que vous avez travaillé avec votre Soi ; et non parce que vous l’avez réalisé. Vous commencez à vous éduquer vous-mêmes, mais vous devez passer un examen très important – le Ph. D ; le dernier. » Cela peut prendre pour moi de nombreuses vies ! Mais je ne peux pas abandonner. Même si je dois y arriver en dix fois, si ce n’est plus, j’aurai progressé de la première à la dixième vie. C’est pourquoi Baba a dit : « Ne vous préoccupez que d’un seul pas ! Pourquoi vous posez-vous des questions telles que ‘où vais-je ?’ ou ‘que vais-je atteindre au cours de cette naissance ?’ Cela n’est pas du tout correct ! » Il nous a personnellement déclaré : « Ne regardez pas au loin ! Regardez uniquement le pas que vous faites en avant ! » Supposons que j’aie mauvais caractère, ou que je sois gourmande, ou bien pas très aimable ou encore très égoïste ; quelque puisse être ce défaut – chacun en a un, ce peut être n’importe lequel – Baba veut que nous soyons altruistes. Il a dit : « Cela devrait être votre priorité ; vous devriez toujours faire passer Mme Rani Ma les autres personnes en premier. Vous devez vous oublier vous-mêmes ; cela est la suprême Réalisation ! »
Qu’est-ce qui est suprême dans la Réalisation du Soi ? S’oublier soi-même ! Nous désirons toujours ceci ou cela pour nous-mêmes – pour ce corps ! Cela n’est pas permis sur le chemin spirituel ; vous devez vous oublier vous-mêmes. Tout d’abord, voyez Dieu en vous ; vous devez être convaincus qu’Il réside en vous. Vous ne pouvez voir Dieu en chacun tant que vous ne voyez pas Dieu tout d’abord dans votre Gourou, puis ensuite dans votre Soi – en tant que Résident intérieur !
Tester le Seigneur
Donc, Swami a dit : « Venez Me tester. » J’ai testé Swami, et voici ce qui arriva : mon mari était médecin ; aussi, quand quelqu’un était malade dans la famille, je pouvais appeler des médecins autant de fois que je le désirais. Un jour, alors que mon mari était en voyage – il devait faire une tournée dans tout le Madhya Pradesh – mon fils tomba très malade et sa fièvre monta jusqu’à 40° pendant 5 jours ! Un docteur vint l’examiner et pensa tout d’abord qu’il s’agissait de la malaria, puis déclara ensuite que c’était une grippe ; il ne parvenait pas à trouver précisément la cause. Il commença donc un traitement, mais mon fils ne répondait à aucun médicament !
Puis le quatrième jour, il vint me dire : « Je l’ai soigné pour la malaria, la grippe puis pour la dengue, et j’ai changé de médicaments, mais il ne réagit toujours pas au traitement, il n’y a pas d’effet. Je pense donc qu’il pourrait s’agir de la typhoïde. » Pour diagnostiquer une typhoïde de façon fiable, il faut faire un test sanguin. Alors il décida : « Demain soir, je viendrai lui faire une prise de sang et, si l’analyse se révèle positive, je démarrerai un traitement contre la typhoïde. » Mon fils était âgé peut-être de 5 ou 6 ans, et sa fièvre ne baissait pas du tout ! Il commençait à délirer ! Son esprit était confus. Il ne reconnaissait personne et ne se rendait pas compte de ce qui se passait. Il disait toutes sortes de choses incohérentes ! Il ne se rappelait plus que j’étais sa mère ; il me regardait simplement, bredouillait, ou se sauvait de son lit en courant ! Je ne comprenais pas pourquoi il parlait ainsi ! Je n’y connaissais rien, je pensais qu’il s’agissait d’une sorte de fièvre cérébrale ou quelque chose de semblable ! J’essayais de le remettre dans son lit, mais il voulait courir ! J’étais inquiète et me demandais ce qui lui arrivait ! Puis, soudain, la pensée de Baba surgit dans mon esprit : « Je t’ai dit de tester Mon Omniprésence ! Le temps du test est venu ! Viens Me prier. » Ce n’est pas que j’aie entendu une Voix ou autre chose ; cela me vint simplement à l’esprit. Je demandai à la servante d’essayer de s’occuper de l’enfant comme elle pouvait, et lui dis que j’allais juste prier, puis que je revenais. Je me rendis donc devant mon autel – il était 9 heures – et je parlai à Swami :
« Swami, Tu nous demandes de tester Ton Omniprésence. Aujourd’hui, j’ai besoin de cette Omniprésence, car cet enfant se comporte si bizarrement ! Je ne comprends même pas ce qui arrive ! Je veux que Tu m’aides ! S’il Te plaît, viens et fais quelque chose. Si Tu viens véritablement le sauver, voici les trois conditions que tu dois satisfaire. La première est qu’à l’instant où je vais revenir vers lui il soit profondément endormi, qu’il n’ait pas essayé de courir et n’ait pas proféré toutes sortes de choses ! Alors je saurai que Tu es Omniprésent.
La seconde est que, lorsque je me lèverai demain matin et que je prendrai sa température, elle soit normale : exactement 36,9° ; je n’accepterai même pas 37,2° ! Habituellement, la température remonte dans l’après-midi. Alors, quand je la contrôlerai à nouveau l’après-midi et le soir, elle devra se maintenir à 36,9° ! Son état devra être absolument normal à tous points de vue ! Alors je croirai que Tu l’as aidé. » Swami nous a dit que, pour nous mettre en contact avec Lui, nous devions pratiquer japa, répéter Son Nom. Il est hridayav?si, le Résident intérieur, et Il m’écoute non seulement moi, mais Il écoute aussi tout le monde, car Il est à l’intérieur de tous. Ainsi le message parvient jusqu’à Lui. J’avais un mantra que je commençai à répéter quelques instants, assise dans ma pièce de prière.
Puis je me levai et retournai dans la chambre où je trouvai mon enfant profondément endormi ! Je demandai à ma servante : « Quand s’est-il endormi ? » Elle répondit : « Amma, quelques minutes après votre départ, il a sombré dans le sommeil. » Et même lorsque j’eus quitté la chambre, il ne se réveilla pas ; il dormait profondément ! De plus, le matin, il se leva dans un état tout à fait normal ! Il n’y avait plus ces espèces de bredouillements ! Il me reconnaissait comme depuis toujours ! Je pris sa température l’après-midi et le soir : elle était de 36,9° ! De quoi avais-je besoin de plus ?
La réponse ferme du Seigneur
À ce moment-là, Swami Se trouvait à Venkatagiri, avec le Mah?r?ja de Venkatagiri, et à 9 heures, Il était en train de parler avec eux. Il avait l’habitude de séjourner chez le Mah?r?ja et son fils, Kumara R?ja, lors de la fête de ?ri R?ma Navami. Le Mah?r?ja L’emmenait en voiture à Venkatagiri. C’était un grand fidèle du Seigneur R?ma, et Baba était pour lui sa Déité de prédilection. Donc, au moment où je priais, à 9 heures, Swami était en train de parler au Mah?r?ja de Venkatagiri, et Il entra en transe ! Il tomba tout simplement en arrière. Ils ne comprirent pas ce qui arrivait ! Kumara R?ja pensa que Swami était subitement tombé parce qu’Il avait perdu connaissance !
Lorsqu’Il revint à Lui, ils Lui demandèrent : « Swami, que s’est-il passé ? » Ils avaient déjà entendu parler de transe, mais n’en avait encore jamais été témoins. Ils Lui posèrent donc ces questions : « Était-ce une transe ? Vous êtes-Vous rendu quelque part ? »
Swami le confirma. Puis ils demandèrent à Swami: « Que s’est-il passé ? Pourquoi êtes-Vous entré en transe ? » Swami répondit : « Une de Mes fidèles, Rani Ma, avait de gros problèmes. » Il leur dit mon nom ! Il poursuivit : « Son mari est parti en voyage ; il est absent et elle est seule avec ses deux enfants. Son fils délire à cause de la fièvre. Elle est très inquiète et perturbée. Alors elle M’a prié : ‘Swami, viens et montre- Moi Ton Omniprésence !’ Donc J’y suis allé et J’ai sauvé le garçon. Maintenant, il va très bien. »
Très heureux, le Mah?r?ja de Venkatagiri dit : « Oh ! Merveilleux ! » Mais Kumara R?ja, le jeune garçon, déclara : « Swami, la prochaine fois que cette Rani Ma vient, je veux la voir. Et je veux aussi voir le petit garçon que Vous avez sauvé. Me les présenterez-vous ? » Le Mah?r?ja, qui avait déjà totalement accepté Swami, ne demanda rien de tout cela, mais le jeune R?ja voulait des preuves. Swami lui dit : « Ne te fais pas de souci, elle vient ici tous les six mois. »
Acquérir la Paix
J’avais effectivement l’habitude d’aller à Puttaparthi tous les six mois, et parfois même trois fois par an. Je dois vous dire qu’à cette époque l’aura de Swami était très puissante ! Il pouvait véritablement transformer tout notre mode de pensée en très peu de temps ! Dès la toute première visite, en quelques jours, je pouvais tout accepter. Habituellement, je n’aurais pas supporté que la pluie pénètre dans ma propre maison, j’aurais réagi ! Mais là, je n’ai pas réagi. Il nous a fait expérimenter Sa Puissance. Certaines personnes peuvent ne pas comprendre, mais, lors de ma toute première visite, j’ai compris ; Baba nous a donné la grâce de réaliser que Son Pouvoir était infini ! Comment l’avons-nous assimilé ? Nous pensions que cela allait nous perturber, mais cela ne nous perturba pas du tout. Nous devions aller dans la colline pour satisfaire nos besoins naturels, mais cela ne nous dérangeait pas « d’avoir à marcher » ou « de ne pas avoir de toilettes » ; nous marchions joyeusement.
Nous ne disposions pas de robinets, et nous devions tirer de l’eau du puits et faire tout le chemin à pieds, du Patha Mandir jusqu’à la rivière Chitravathi, pour laver nos nombreux vêtements – il y avait tant d’enfants ici – et ensuite les ramener, comme des blanchisseurs. Nous n’étions pas habitués à tout cela ! Et pourtant, nous pleurions souvent au moment de quitter Puttaparthi ! Vous rendez-vous compte ? Nous ne voulions pas rentrer chez nous ! Comment avait-Il donc fait ? Ce fut un changement soudain ! Je considère que nous sommes vraiment bénis. Je ne dirais pas qu’actuellement je suis détachée de tout cela ; il se peut que je sois maintenant davantage sensible au confort. Mais, à cette époque, Il avait fait en sorte de nous donner simplement un aperçu : ce n’était pas un acquis définitif – tout comme Sri Ramakrishna donna un court instant l’expérience du nirvikalpa sam?dhi1 à Swami Vivekananda, puis ensuite le fit revenir et en garda le secret. Baba fit la même chose. Il nous donna l’expérience de Sa Grâce et de Son Pouvoir infinis, et du fait qu’Il pouvait accomplir toute chose, simplement comme ça, instantanément ! Je n’avais pas eu besoin d’une Sadhana de six années, ni même d’autre chose, pour l’obtenir. Ce fut instantané ; mais il ne s’agissait que d’un aperçu. C’est seulement par la Sadhana que je peux obtenir une réalisation permanente de Son Pouvoir. Encore maintenant, nous devons travailler sur nous-mêmes car, dans nos familles, il arrive tant de choses : des évènements difficiles à accepter – comme des incidents tragiques – ou tout ce qui attriste généralement les gens. Cela peut nous affecter quelque temps, mais pas de façon permanente, car nous avons cette connaissance qui nous permet de dépasser la situation. Pourquoi ne sommes-nous pas toujours affectés ? C’est parce que nous ne nous inquiétons pas – même si, sur le moment, nous sommes perturbés, car non encore ancrés dans notre jñ?na (connaissance). Tant que cette connaissance n’est pas stabilisée, nous ne pouvons bénéficier de l’acquisition permanente de l’équanimité du mental.
Swami nous le montre à travers nos expériences – quelque chose de désagréable peut se produire et nous nous mettons à penser : « Pourquoi faut-il que cela arrive ? » Nous y réfléchissons, et cela remplit notre esprit de façon excessive – non pas que nous nous inquiétions, mais nous prions Swami. Accorder à ces évènements beaucoup de notre temps et de nos pensées est précisément ce qu’il ne faudrait pas faire. Nous devrions acquérir une indifférence instantanée à tout ce qui peut nous arriver sur le plan extérieur. C’est cette réalisation que nous devrions atteindre et que Swami veut nous donner, mais nous devons pour cela travailler sur nous-mêmes. Et chacun y parviendra selon ses propres capacités. Les capacités sont associées au pr?rabda karma, les tendances et mérites acquis au cours des naissances précédentes. Il se peut que je souhaite faire comme quelqu’un d’autre, mais que je n’en sois pas capable ! Pourquoi ? C’est mon pr?rabda karma. Nous avons le plus haut état de conscience ; état de béatitude absolue, de parfaite équanimité et d’immersion dans le Un indifférencié.
Nous devrions acquérir une indifférence instantanée à tout ce qui peut nous arriver sur le plan extérieur. C’est cette réalisation que nous devrions atteindre et que Swami veut nous donner, mais nous devons pour cela travailler sur nous-mêmes. Et chacun y parviendra selon ses propres capacités.
J’ai demandé un jour à Swami si le pr?rabda karma pouvait être effacé. Il a répondu :
« Oui. Vous avez créé votre pr?rabda karma ; Dieu n’a rien à voir avec votre karma. Vous avez écrit votre karma, votre destinée, et vous vous êtes retrouvés ici ; vous devez l’effacer. « C’est comme pour un examen, vous devez répondre vous-mêmes aux questions qui vous sont posées. Quelqu’un d’autre peut-il venir le faire pour vous ? Non ! Pas même le professeur ! C’est un test que vous devez affronter seuls ! Vous avez écrit votre destinée, vous pouvez effacer votre destinée. » Comment s’y prendre ? Un jour, à Whitefield – je ne l’oublierai jamais – Il me parla de « l’obéissance au Gourou ». Vous n’avez pas besoin de savoir autre chose. De nos jours, nous entendons Ses discours qui traitent de l’obéissance au Gourou. Il n’en parle pas avec chaque individu : à présent, des millions de personnes viennent ici, comment pourrait-Il le faire avec chacun individuellement ? Non, cela n’est pas possible ! À l’époque, il y avait à peine 100 personnes ! Il pouvait donc donner beaucoup de Son temps. Maintenant, quel temps reste-t-il à Swami ? Il n’y a que 24 heures et les heures ne sont pas extensibles ! Pour Lui aussi, cela fait toujours 24 heures ! Il doit gérer tant de choses : il est maintenant impossible pour Lui d’accorder à chaque personne un entretien ou de parler avec elle !
Il nous avait prévenus de cela il y a des années ! « Vous êtes très fortunés ! Cette chance ne se représentera pas ! Dans quelques années, vous n’aurez plus cette opportunité ! »
À présent, ai-je l’occasion de parler à Swami ? Non ! Nous voyons simplement Swami, puis nous repartons. Je n’arrive pas à croire qu’à une époque nous ayons passé tant de moments heureux avec Lui ! Un jour, Il me dit ceci : « Les fidèles de longue date doivent se retirer et se mettre à l’arrière ; laissez la place aux nouveaux arrivants. » Telle est la Grâce d’une dévotion ancienne.
Que devrions-nous demander à Dieu ?
Les anciens fidèles veulent s’asseoir dans les premiers rangs et désirent un entretien. Qu’est-ce qui a été assimilé ? Rien ! Il me parla d’une ancienne fidèle qui était une de mes amies et qui souhaitait un entretien à chaque fois qu’elle venait. Swami aussi l’aimait bien. Elle venait de Madras et restait ici pendant un ou deux mois, et, à chaque fois, elle demandait un entretien avant de partir. Swami ne voulait pas, mais elle insistait, alors Swami disait : « Okay, go. » Il ne sait pas dire non à Ses anciens fidèles – je L’ai déjà testé sur ce point ! Nous Lui demandons, mais nous ne devrions pas le faire ! À quoi cela sert-il de venir pendant tant d’années ? Le fait que je vienne ici depuis 57 ans n’est pas une distinction, permettez-moi de vous le dire ! Quelqu’un qui est là depuis à peine 10 jours peut avoir compris davantage de choses que moi ! Il se peut qu’il ait la compréhension, qu’il soit prêt, qu’il soit mûr ! Vous devez avoir la maturité spirituelle pour comprendre Swami. Votre vie doit aussi être en harmonie avec Ses enseignements – et non avec ce que vous désirez. Vous pourrez alors recevoir samp?rna krip?, la Grâce complète, et votre pr?rabda karma sera effacé. Il ne demande pas de grandes performances : pensez à Lui constamment, n?masmarana – cela est si facile !
Priez ainsi : « Swami, je T’abandonne toute chose ! » et soyez en paix. Il y a longtemps, deux ans après que je sois venue à Lui, Il me dit : « Tu ne sais pas prier, ta prière est complètement erronée. Je vais t’apprendre comment prier. » J’ignorais ce qui n’allait pas chez moi, c’est pourquoi Il ajouta : « Tu demandes toutes sortes de choses !
« Je veux ceci… je veux cela… je veux que cela se passe ainsi… etc. » Tu demandes constamment une chose ou une autre. Ne le fais pas. Si, par exemple, tu demandes un collier ou un bracelet, ou quelque chose de matériel, c’est une bribe de prière ; fais une prière totale. La prière totale consiste à demander sh?nti, parama sh?nti – la Paix suprême que rien d’extérieur ne peut ébranler. Voilà ce pour quoi tu dois prier et Je te le donnerai. » Puis Il ajouta : « Tu ignores comment Je te le donnerai ! Je connais la façon dont cela te parviendra, laisse-Moi faire ! Dis simplement : “Swami, je veux la paix.” C’est tout ce que tu dois demander dans ta prière. Ne me dis pas que tu voudrais que telle personne soit ainsi, ou que telle autre t’ennuie, ou que tu veux davantage d’argent ou encore une maison. Ne demande pas ; Je te donnerai. »
La richesse que Seul Dieu peut accorder
Un jour que nous lisions dans la Bhagavad Gita un passage sur le pravritti marga – le sentier de la dualité3, Il me dit : « Parce que tu es une bonne fidèle, que tu M’es dévouée, que tu pries et que tu accomplis une Sadhana, Je t’accorderai tout ce que tu désires en ce monde ! Mais alors, tu ne pourras pas M’obtenir ! Tu obtiendras tout ce que tu veux en ce monde, mais pas Dieu ! Dieu est Paix ! Il est Vérité, Action juste, Paix et Amour ! Je suis Amour, Paix et Compassion ! Et cela, tu ne pourras l’avoir ! Mais, dans ce monde, tu peux acquérir tout le reste : argent, position sociale et aussi pouvoir ; Je te le donnerai puisque tu le désires ! Mais, avec cela, tu deviendras plus agitée ! Tu auras davantage de problèmes ; alors, ne demande pas cela ! Si tu es une personne sage, une bonne fidèle, demande de l’or ! La Paix est de l’or ; si tu l’as, tu peux obtenir toute autre chose. Donc, réclame de l’or, de l’Or pur ! La Paix est de l’or pur et massif ! Voilà ce que Je suis venu vous donner à tous – la Paix suprême ! »
Le Seigneur Krishna dit la même chose dans la Bhagavad Gita, lorsque Arjuna Lui pose cette question : « Swami, qu’obtiendrai-je si je T’obéis ? » Il répond : « Arjuna, Je t’accorderai la Paix suprême, celle qu’aucune chose extérieure ne peut troubler ; gain ou perte, louange ou critique, victoire ou défaite, tous seront équivalents. Ce sont toutes des paires d’opposés ; tu les transcenderas toutes. »
De même, nous n’aurons plus aucun problème avec le chaud ou le froid – car quand il fait chaud, si nous ne cessons de dire : « Oh ! Il fait si chaud ! », il s’agit aussi d’une régression ! Ou lorsqu’il fait froid, si nous disons constamment : « Oh ! Qu’il fait froid ! Si seulement il faisait plus doux ! », cela signifie que nous réagissons aux choses ! Nous ne devrions pas nous préoccuper des petites choses.
Nous ne devrions même pas faire de remarque ! Et cela, même s’il s’agit de la Vérité – j’en suis certaine – car cette remarque nous empêchera d’accéder au niveau de conscience qui peut nous conférer la paix. Nous ne pourrons ainsi gagner cet état de conscience qui est à notre disposition.
Jusqu’à ce que les bâtiments (à l’intérieur de l’ashram) soient construits, nous, les fidèles, venions tous les jours à Prashanti Nilayam depuis le Patha Mandir (le Vieux Mandir) et nous aidions au balayage ou à d’autres choses. Ainsi, lors de la construction des logements, Swami eut « besoin d’aide » pour planter des arbres ou accomplir d’autres tâches, et nous servions souvent. Il nous attribuait Lui-même notre travail : « Tu fais ceci ; tu fais cela… »
Nous ne cessions de faire les allées et venues entre Puttaparthi et Prashanti Nilayam, et nous assistions également aux Bhajan dans le Hall – jusqu’à ce que les bâtiments soient terminés. Par la suite, les gens commencèrent à s’installer ici. Certains pouvaient rester ici et y habiter de façon permanente ; d’autres venaient un certain temps puis repartaient. On ne nous donnait donc des chambres que lorsque nous venions – car nous n’étions pas là constamment. Ceux qui vivaient ici avaient un logement permanent. C’est Swami qui S’occupait du logement. Aussi, dès que nous arrivions, Il était au courant. Il Se tenait debout sur le balcon, là où se trouve maintenant la porte en argent – à l’époque, il n’y avait pas de porte, ce n’était qu’une véranda ouverte. Donc, lorsque nous arrivions, Il nous disait depuis le balcon : « Ah ! Vous êtes venus ! Très bien ! Vous pouvez aller vous installer dans cette chambre. » Comme il n’y avait pas assez de logements pour tout le monde, Il nous mettait avec une autre famille. Nous nous retrouvions le plus souvent chez Kasturi Mama (oncle Kasturi) : « Allez-vous installer chez Kasturi », nous disait alors Swami. Nous avions les mêmes habitudes alimentaires et étions issus du même milieu socioculturel (blanchisseurs) ; nous prenions le même type de nourriture et nous nous rejoignions sur de nombreux sujets. Nous devînmes ainsi très proches d’oncle Kasturi.
À l’époque où les résidences n’étaient pas encore terminées, voici ce qui se passa devant le Nouveau Mandir en construction, alors que nous entrions dans Prashanti Nilayam. Chaque jour, nous venions simplement aider à différentes tâches et participions aussi aux Bhajan – nous ne cessions d’entrer et de sortir de Prashanti Nilayam. Les fondations du Mandir avaient été posées, et Swami était assis sur le sable – il n’y avait pas de chaises. Nous arrivâmes donc, mes deux sœurs et moi – ma quatrième sœur n’était pas avec nous : elle ne vint que beaucoup plus tard.
Le dispensateur de bhakti (la dévotion) et mukti (la libération)
Alors que nous avancions, Il nous appela : « Venez ici ! » et nous fit nous asseoir près de Lui sur le sable ! Nous nous assîmes. Il regarda alors ma sœur aînée, Kamala Sarathi – elle a reçu tant de bénédictions de Swami – et lui demanda : « Que veux-tu ? Je te donnerai tout ce que tu désires ! » Elle se tourna vers nous, toute surprise ! Puis elle répondit : « Swami, je veux bhakti et mukti. » Alors, Il la regarda et lui demanda : « Es-tu sûre que c’est cela que Tu désires ? C’est difficile. Est-ce bien que tu veux ? Bhakti et mukti ? » Elle répondit : « Oui. » Il insista : « Tu ne dois pas répondre cela simplement parce que Je te pose cette question ! » Comment aurait-elle pu dire : « Je veux une belle maison » ou « Je veux davantage d’argent » ou encore « Je veux que mes enfants réussissent dans la vie » ? Nous avons tant de désirs. Swami reprit : « Sois honnête ! Ce n’est pas parce que Je t’ai posé la question que tu dois Me demander bhakti et mukti. Si tu désires une chose en ce monde, sois honnête et demande-la ; Je te la donnerai. » Elle dit alors : « Non, Swami, j’ai déjà tout ; je ne pense pas vouloir autre chose. Je désire bhakti et mukti. » Il répondit : « Accordé ! C’est accordé ! » Puis Il demanda à mon autre sœur : « Que veux-tu ? » Elle aussi répondit la même chose. Il lui dit également : « Réfléchis avant de me donner ta réponse ! Sois honnête ! » Et de même, elle répondit : « Swami, je veux également bhakti et mukti. » Puis Il me demanda : « Que veux-tu ? » Je répondis : « Swami, moi aussi, je désire la même chose. » Puis, je ne sais pas pourquoi Il répéta à mon intention : « Rani Ma, ce sera difficile ! Es-tu sûre que c’est ce que tu veux ? » Je répondis : « Oui, Swami, c’est ce que je veux. » Il déclara : « D’accord, Je te le donnerai ! »
Puis Il nous parla d’un sujet spirituel – Il nous racontait toujours quelque chose tiré des Écritures, soit du Râmayana, soit du Bhagavata. Il ne parlait pas beaucoup de la famille, ou d’autres sujets. Après cela, nous repartîmes.
La réalisation par les épreuves
Après cet incident, Il vint dans mon rêve et me dit : « Rani Ma, sais-tu ce que tu vas traverser ? Tu as demandé bhakti et mukti ! Je vais te traiter comme une serviette mouillée ! Tout comme on essore une serviette pour en rejeter l’eau, Je vais te tordre. Pourras-tu le supporter ? » Je répondis : « Oui, Swami ! » Il ajouta : « D’accord, mais tu te prépares à de grandes épreuves ! »
Voyez-vous, j’imaginais qu’Il n’avait pas précisé tout cela en rêve à mes sœurs ; alors je pensai, tout simplement : « Pourquoi m’a-t-Il dit cela ? » À tort ou à raison, j’arrivai à la conclusion que, chez certaines personnes, leur prarabda (mérites accumulés) est favorable. Avec quelques épreuves, ils peuvent probablement atteindre bhakti et mukti, ou peut-être ne parle-t-Il pas de cette naissance lorsqu’Il dit « Je vais te le donner » ! Il est possible qu’Il l’accorde dans la vie suivante, parce que, pour Lui, la mort et la naissance n’ont pas de signification ! La Vie est continue ; la même âme va et vient.
Voyez-vous, ce qu’Il voulait dire est que, lorsque nous dormons, nous ne sommes pas conscients que nous sommes en train de rêver. Dans le rêve, vous pensez que c’est vraiment vous ; vous ne vous rendez pas compte qu’il y a un autre ‘je’ qui dort dans le lit et qui rêve ! Il n’y pas deux « je » – mais un seul ! Swami dit : « De la même manière, en ce moment, tu es en train de rêver. »
Nous lisons aussi dans la Bhagavad Gita que la mort ne signifie pas la fin d’une personnalité : le voyage continue également après la mort. Alors pour quelle raison m’a-t-Il donné cela, je ne le sais pas encore. Mais, dans le rêve, Il m’a bien dit : « Es-tu prête ? Je vais te tordre comme une serviette mouillée ! Tu peux aussi changer d’avis maintenant ! Tu peux dire : “Non, je suis heureuse et je me sens bien dans le monde ; je ne pense pas vouloir mukti pour l’instant.” » Plus encore que bhakti, mukti est difficile – se libérer complètement de l’entrave du mental, à la manière d’un renonçant. Je répondis : « Non, Swami, je veux à la fois bhakti et mukti. Tu peux me tordre ! » Après cela, je passai par de nombreuses épreuves et difficultés – toutes sortes de souffrances. Je suppose que, comme je l’avais demandé, il fallait que je m’attende à toutes sortes de tests ! Bien que j’aie souffert lors de ces épreuves, quelque chose me donna le courage d’y faire face – sans pour autant que je les transcende. Je ne me laissais pas abattre ; je continuais à répéter Son Nom et je priais davantage. Swami dit que c’est le seul moyen de conserver l’équanimité du mental – prier sans cesse.
Swami déclare : « Lorsqu’un problème arrive, ne pensez pas au problème. Dites-vous seulement : « Tout cela est anityam (non réel) et appartient à mithyaloka (le monde matériel) ; je vais transcender tout cela. » Continuez à répéter Mon Nom et Je vous donnerai la force d’y faire face. »
Le rêve se confirme
Un jour, Il m’appela en entretien à Prashanti Nilayam, seule. Habituellement, c’était en groupe, mais Il pouvait aussi nous appeler seul. Il me demanda : « Rani Ma, as-tu des problèmes personnels ? » Je répondis : « Oui, Swami. » Il reprit : « Sais-tu comment transcender ces problèmes ? » J’avouai : « Non, Swami, je ne sais pas ; Tu vas devoir me le dire. » Il continua : « Lorsque tu fais un rêve, quand réalises-tu que tu rêves ? » Je répondis : « Swami, c’est quand je me réveille que je réalise que c’était un rêve. » Il dit alors : « Tant que tu n’es pas réveillée, ne t’identifies-tu pas à ce rêve ? » J’acquiesçai.
Voyez-vous, ce qu’Il voulait dire est que, lorsque nous dormons, nous ne sommes pas conscients que nous sommes en train de rêver. Dans le rêve, vous pensez que c’est vraiment vous ; vous ne vous rendez pas compte qu’il y a un autre ‘je’ qui dort dans le lit et qui rêve ! Il n’y pas deux « je » – mais un seul ! Swami dit : « De la même manière, en ce moment, tu es en train de rêver. Tous ces problèmes se déroulent dans le royaume du rêve. Alors, sais-tu ce que tu dois te dire ? “Swami, tout cela est un rêve éveillé !” Si tu te le dis, tu n’en seras pas affectée ! Mais si tu t’identifies à tout ce qui arrive, tu souffriras. Tu dois donc simplement jouer ton rôle. »
Voilà comment Il expliqua que nous devrions nous défaire de cette identification. Il ajouta : « Vois-tu, vous tous ne faites que jouer un rôle ! Le rôle est lié au j?va – l’âme individuelle – » « Je suis comme ceci, comme cela ! », c’est-à-dire à l’ego, la fausse identification. Ce n’est pas votre soi réel. Tu dois te dire : « Je joue un rôle, mais ma nature véritable est Atma. Je suis au-delà de tout cela, Swami ! » Tu dois méditer sur cette pensée, constamment ! Sinon, tu seras submergée par tes problèmes, tu souffriras, tu seras inquiète, soucieuse. Tu dois donc t’aider toi-même – en guise d’antidote – et ne cesser de te répéter : « Tout cela est un rêve, Swami ! » Si malgré cela, tu n’acquiers pas cette conscience, alors demande-Moi : « Swami, je T’en prie, » Il déclara : « La Sadhana en elle-même ne peut vous y conduire. Il devrait y avoir une combinaison d’autoanalyse et de Sadhana – la discipline spirituelle doit être associée à l’autoanalyse, parce seule l’autoanalyse vous montrera où, en tant qu’être humain, vous vous trompez. » accorde-moi cette conscience ! « Je suis toujours prêt à te donner tout ce que tu demandes ! Mais tu dois le demander ! Je ne te le donnerai pas de Moi-même ! »
Il poursuivit : « Si tu demandes les choses justes, je t’aiderai certainement. Si tu demandes des choses matérielles, Je te les donnerai aussi ; cependant, tu seras à nouveau prisonnière de maya, l’illusion. Mais si tu me le demandes, je t’accorderai l’expérience que tout cela est un rêve, et tu ne seras pas affectée. » Ainsi, dès le début, Swami ne nous a donné que des instructions spirituelles.
Accomplir de rapides progrès
Après de nombreuses années, Il nous appela un jour pour une entrevue, ma sœur et moi, et nous dit : « Voyez-vous, vous êtes des personnes qui avez accompli beaucoup de Sadhana (discipline spirituelle) ! Et, grâce à toute cette Sadhana, vous devez avoir atteint un très haut niveau ! Vos journées étaient remplies d’activités spirituelles – répétition, Bhajan et lecture. Mais, en dépit de tout cela, vous n’avez pas atteint le niveau que vous auriez dû. Pourquoi ? Le savez-vous ? » Nous répondîmes : « Non, Swami. Nous pensions que la Sadhana nous y emmènerait. » Il déclara : « La Sadhana en elle-même ne peut vous y conduire. Il devrait y avoir une combinaison d’auto-analyse et de Sadhana – la discipline spirituelle doit être associée à l’autoanalyse, parce seule l’auto-analyse vous montrera où, en tant qu’être humain, vous vous trompez. » Nous n’agissons pas au niveau de l’Atma (le niveau de l’Esprit) ; j’agis actuellement dans le monde comme un être humain – je suis la mère, l’épouse, la sœur, etc., de quelqu’un. Il ajouta : « L’auto-analyse vous aidera à prendre conscience de vos erreurs, et vous indiquera où vous avez échoué spirituellement. Sans cette autoanalyse, vous ne serez pas capables de progresser. À présent, vous devez réduire votre Sadhana à un quart, votre auto-analyse devant occuper les trois autres quarts. Alors, vos progrès seront très rapides. Comment vous parlez, ce que vous entendez, ce que vous faites, ce que vous mangez, vous devez tout analyser – chaque pas de votre vie ! « Est-ce que je fais la bonne chose ? Est-ce spirituellement correct ? Est-ce que je pense de la bonne manière ? Est-ce que je parle d’une façon correcte ? Est-ce que j’agis de manière juste ? »
Même en ce qui concerne les possessions, Il nous dit à ma sœur et à moi : « La simplicité est absolument indispensable dans cette voie. Rendez votre voyage confortable grâce à des bagages légers ! Il n’est pas nécessaire d’avoir trop de possessions ; réduisez-les au minimum. N’en accumulez pas de plus en plus dans votre vie, car cela est comme un obstacle sur votre chemin spirituel. Ne gardez que le minimum, afin que votre mental ne se tourne pas vers diverses choses. » Par conséquent, après cela, nous commençâmes à pratiquer davantage l’auto-analyse – parce que, auparavant, nous organisions beaucoup de séances et passions beaucoup de temps à faire du japa, de la méditation, des Bhajan, etc.
Déterminer la juste priorité
Ensuite, un autre incident très intéressant se produisit, alors que j’étais ici, à Prashanti Nilayam. Un jour, Il me fit appeler à 7 heures du matin. Ma plus jeune sœur accomplissait son service personnel à cette époque-là – elle est brahmach?rini et ne s’est donc jamais mariée. Il lui envoya un mot : « Va chercher Rani Ma. » Elle descendit me dire : « Swami veut que tu montes. » Je me rendis à l’étage où Il m’accueillit très gentiment. « Je t’en prie, assieds-toi ! » dit-Il. Je me demandais pourquoi Il m’avait fait appeler et j’étais nerveuse. Je me disais que j’avais peut-être fait une erreur et qu’Il allait me gronder et me corriger. Il m’annonça : « Rani Ma, Je dois te parler d’un homme qui est dans les affaires. » Je me demandais pourquoi Il avait à me parler d’un homme d’affaires, mais je ne Lui posai aucune question. Il continua : « Un homme d’affaires est venu à Moi et Je lui ai accordé une entrevue. À un moment, au cours de l’entretien, il M’a dit qu’il avait de nombreux problèmes et qu’il était soumis à beaucoup de tension et de stress à cause de soucis liés à ses affaires. Je lui ai répondu que Je lui indiquerais des pratiques spirituelles à accomplir, puis qu’il revienne Me voir après quelque temps.
« Il revint donc plus tard et Je l’appelai à nouveau en entrevue, au cours de laquelle Je lui demandai où en étaient ses problèmes d’affaires. « Ils doivent s’être estompés, n’est-ce- pas ? » Il répondit : « Non, Swami ! C’est toujours pareil ! » Je lui demandai :
« Comment cela peut-il être pareil ? Non ! C’est impossible ! As-tu fais ce que Je t’ai demandé ? » Je lui avais donné quelques instructions… « Fais ceci le matin et cela le soir », etc.
Il répondit : « Swami ! Que puis-je dire ? J’étais tellement occupé et tellement pris par mes propres problèmes que je pouvais à peine trouver le temps d’accomplir les pratiques spirituelles que Tu m’as conseillées. » » Alors Swami lui posa cette question :
« D’accord, tu étais très occupé et tu n’avais pas le temps d’accomplir ta discipline spirituelle. Mais, dans ces moments-là, alors que tu étais si occupé, renonçais-tu à ton café matinal ? » Il répondit : « Non, en effet. » « Et ton petit déjeuner ? T’en privais-tu ? Même si tu ne le prenais pas à la bonne heure, tu devais le prendre plus tard, n’est-ce pas ? » Il répondit : « En effet, Swami, je ne manquais pas mon petit déjeuner. » « Manquais tu ton déjeuner ? », « Non » ; « Ton thé ? », « Non » ; « Ton dîner ? », « Non », répondit-il.
Puis Swami lui dit : « Combien de fois t’es-tu assis pour deha (le corps), shar?ra ah?ra (la nourriture du corps) – le café, le petit déjeuner, le déjeuner, le thé et le dîner ! Tu t’es assis cinq fois pour le corps ! Ce corps que tu devras abandonner un jour ou l’autre ! Mais qu’as-tu fais pour ton Atma (Esprit), qui est ta véritable nature et qui va réellement te bénir et te garder en paix et heureux – seul le niveau de l’Atma peut t’accorder cela, et non le niveau du corps (shar?ra) – pour cela, tu ne t’es même pas assis une seule fois. Et tu désires Ma Grâce ? Comment puis-Je t’accorder la Grâce ? »
Swami m’expliqua alors : « Vois-tu, les gens veulent Ma Grâce, mais ils n’obéissent pas à Mes instructions. » Il a dit à l’homme d’affaires : « Atma ah?ra (nourrir l’Esprit) est plus important que shar?ra ah?ra (nourrir le corps). » Je ne sais pas ce qu’Il lui avait demandé de faire, mais si nous sommes sur le chemin spirituel et que nous donnons la priorité aux mauvaises choses, bien sûr, Sa Grâce sera toujours présente parce que nous sommes tous Ses enfants, mais elle dépendra du niveau de nos performances. Tout comme, lorsque vous êtes étudiant, vous obtenez 40 %, 80 % ou 100 % de réussite – selon votre performance ; eh bien, c’est la même chose avec Bhagavan !
Vous devriez réduire vos paroles au strict minimum. Si vous parlez trop, vous pouvez vous écarter de la Vérité. C’est pour cela que les anciens mettaient en pratique cette maxime : « Parlez moins, travaillez plus. » L’amour est le courant sous-jacent le plus important de vos paroles et de votre travail. Parler avec amour est Sathya et faire son travail avec amour est dharma. Cela vous procurera Shanti. Sathya Sai Baba
Voici ce que Swami me conseilla : « Vous autres devriez donner la priorité à Mes instructions et non à ce que vous voulez faire. » Il déclara : « Abandonnez shar?ra ah?ra, mais pas Atma ah?ra – tant que vous ne nourrissez pas l’Atma (l’Esprit), il ne peut s’éveiller. Il est votre Esprit, c’est-à-dire Bhagavan (Dieu) ; vous ne pourrez pas l’atteindre si vous nourrissez votre shar?ra (corps) sans cesse alors que votre Atma est affamé ! » Il dit à l’homme d’affaires : « En ne suivant pas les instructions de Swami, ton Atma mourra de faim. Tu as donné la priorité à la nourriture pour le corps et tu n’as accordé aucune importance à l’âme. Comment puis-Je t’aider ? Si tu veux Mon aide, tu dois faire ce que Je te demande. Cela devrait constituer ta priorité. »
Vous voyez, c’était en quelque sorte un conseil plus général ; mais il voulait aussi que je réalise cela. Au lieu de m’appeler et me dire directement de faire ceci ou cela régulièrement, Il a cité cet homme en exemple. Voilà tout. J’ai dit à ma sœur qu’il s’agissait d’un enseignement pour nous tous. Imaginez qu’un Gourou vous ait demandé de lire la Bhagavad Gita, ou de faire du japa, ou encore de méditer ; que se passera-t-il alors si vous dites : « J’ai trop de travail aujourd’hui, donc je ne lirai pas la Bhagavad Gita » ? Si vous n’avez pas le temps de la lire le matin, faites-le le soir ! Dieu ne dit pas : « Fais-le à telle heure ! » Si cela vous élève, pourquoi ne la lisez-vous pas ? Cela vous apportera de l’aide. Est-ce que les autres gens vous viennent en aide ? Faire des courses ou aller voir quelqu’un ici et là – ce n’est pas cela qui va vous aider ! Si nous sommes sur le chemin spirituel et que nous donnons la priorité aux mauvaises choses, bien sûr, Sa Grâce sera toujours présente parce que nous sommes tous Ses enfants, mais elle dépendra du niveau de nos performances. Tout comme, lorsque vous êtes étudiant, vous obtenez40 %, 80 % ou 100 % de réussite – selon votre performance ; eh bien, c’est la même chose avec Bhagavan !
Prescriptions divines personnalisées
Swami a dit : « Ceux qui obéissent à Mes instructions, Je les bénis. » Mais Swami donne à chacun de nous un conseil différent. Par exemple, je voulais pratiquer n?masmarana avec un Japamala (répétition du Nom du Seigneur à l’aide d’un rosaire). Mais Swami me dit : « Non ! Pas de Japamala pour toi ; fais-le uniquement avec la respiration. » En revanche, lorsque ma sœur demanda : « Swami, je souhaite utiliser le Japamala », Il répondit : « Oui, tu peux le faire ! » Et plus tard, lorsque je voulus me lancer dans certaines activités, Il me dit : « Ce n’est pas nécessaire ! Toi, tu dois méditer ! »
À cette époque, les fidèles – la plupart du temps – devaient faire beaucoup de cuisine pendant Dasara, car il n’y avait pas de cuisiniers. Swami nourrissait des centaines de pauvres lors de cette fête, et des fidèles de Madras et de Bangalore aidaient eux aussi à préparer les repas. Les femmes les plus âgées, habituées à gérer de telles situations, creusaient dans l’ashram des trous semblables à des tranchées pour y brûler le bois, car il n’y avait pas alors de véritable cuisine. Des fidèles de Bangalore apportaient d’immenses récipients ; nous en avions en effet besoin pour préparer de la nourriture pour des centaines de personnes. De cette manière, tous les fidèles participaient et chacun aidait selon ses capacités. Tandis que les fidèles de 50 à 60 ans s’occupaient principalement de la cuisine proprement dite, d’autres aidaient à des activités telles que couper les légumes, fournir les épices, etc. Et tout cela se faisait sous le soleil éclatant, car il n’y avait pas de toit ! Une fois, lors d’une telle occasion, je venais juste d’arriver à l’ashram. Ma plus jeune sœur était déjà là. Swami avait l’habitude de l’appeler Lilly ! Il alla vers ma sœur et lui dit : « Hé, Lilly ! Va aider Savitri Amma, elle est en train de préparer le repas pour les pauvres ; va la seconder. » Je me trouvais là aussi, à côté de ma sœur. Alors, elle regarda Swami et Lui demanda : « Swami, que fait-elle ? Peut-elle aussi venir aider avec moi ? » Il répondit : « Non. Rani Ma se contentera de rester ici. » Ma sœur ajouta alors : « Swami ! Pourquoi m’envoies-Tu toujours travailler et non Rani Ma ? S’il Te plaît, Swami, laisse-la venir. »
À cela, Il répliqua : « Non, Je ne l’y envoie pas ! » Surprise par la réponse de Swami, ma sœur demanda : « Pourquoi ? » Swami répondit alors : « Tu es une brahmach?rini (célibataire) ; tu as besoin de travailler. Rani Ma est une grihastha (maîtresse de maison), elle a déjà beaucoup travaillé chez elle ! Elle s’est occupée de ses enfants, de son mari, etc. ! Elle vient ici pour sa Sadhana spirituelle, parce qu’elle ne peut pas en faire beaucoup là-bas. Elle veut méditer, ici, et évoluer spirituellement. Elle vient chercher cela à Puttaparthi et près de Moi. Donc, Rani Ma restera dans la chambre et méditera. » Swami avait pris la décision pour moi en lui disant : « Je ne l’y envoie pas ! » Quelle que soit l’activité à laquelle je voulais participer, c’était la même chose. Dès que je parlais d’une activité, je ne sais pas pourquoi, mais Swami répondait toujours : « Non,
pas pour toi. » Ce que je voudrais faire comprendre par-là est que Swami est un Gourou à l’enseignement très personnalisé ! Il ne dit pas : « Vénérez- Moi toujours ! » Quoi que vous fassiez dans la maison, faites-le comme si vous serviez Dieu. Voici ce qu’Il dit aux maîtresses de maison : « Prenez soin de votre mari comme s’il était Dieu ; ne criez pas après les enfants ; ne vous fâchez pas, parlez gentiment ; quoi qu’ils disent, recevez-le avec la conscience qu’ils sont Dieu. » Telle est la Sadhana qu’Il nous indique.
Parler franchement en famille
Mais, une fois, Swami me dit une chose tout à fait différente. J’avais l’habitude de supporter tout ce que mon mari disait sur le fait que je venais à Puttaparthi. Mon mari n’était pas opposé à Baba, mais il ne pouvait comprendre mes voyages fréquents pour aller Le voir. Ainsi, un jour où il me déposait à la gare pour que je me rende à Puttaparthi, il me demanda : « Quand vas-tu revenir ? » « Je ne sais pas », répondis-je. Il poursuivit : « Que veux-tu dire par ‘Je ne sais pas’ ? Qui le saura ? Tu devrais connaître ton propre emploi du temps ! » Je répondis : « Je suis désolée de te dire que nous ne programmons pas le moment où nous quittons Puttaparthi, car c’est Swami qui
décide cela. » Telle était la manière de faire à l’époque – toujours ! Nous ne pouvions acheter nos billets à l’avance. Si, par exemple, nous prenions un billet pour le 24 du mois, Swami disait : « Pars le 1er du mois prochain. » Comment aurions-nous pu aller annuler le billet ? C’est pourquoi je répondis à mon mari : « Je ne peux faire aucun plan, car cela dépend de la décision de Swami ! Donc, lorsqu’il sera temps pour moi de partir, Il me le dira. Moi, je ne peux pas décider. » Il ajouta : « Je ne comprends pas pourquoi tu dois agir ainsi ! » Je répondis : « Swami est notre Gourou ! Je dois Lui obéir ! » Après cela, lorsque j’arrivai à Puttaparthi, Swami me fit appeler. Je me rendis à l’étage. Ce qui se passa alors est une autre preuve de Son omniprésence.
Swami m’annonça : « Subramaniam t’as dit ceci dans la voiture… et tu as répondu cela… » et Il me répéta le dialogue exact que nous avions eu ! Il ajouta : « Regarde ! Tu restes trop silencieuse ! Il est grand temps que tu commences à dire à Subramaniam certaines choses sur la vie spirituelle et aussi sur ce qui est dharma et ce qui ne l’est pas ! Tu dois parler ! Pourquoi gardes-tu le silence ? »
Je répondis : « Swami, je ne veux pas de disputes – je n’aime pas chercher querelle. » Il insista : « Non ! Tu dois mener dharma yuddha (la guerre de la droiture) ! Tu ne te bas pas pour une raison égoïste. C’est pour ton Gourou – l’Obéissance à ton Gourou ! Tu dois lui parler et l’éduquer, car il ignore tout cela – puisqu’il n’a pas de Gourou. Par conséquent, ne reste pas silencieuse. Lorsque cela est lié au dharma, parle donc. En te taisant, d’une certaine manière, tu es égoïste parce que tu ne veux pas entamer une dispute. Tu veux ta paix à n’importe quel prix ! Cela n’est pas correct. Pour quelle raison la Gita a-telle été prêchée ? Pour dharma yuddha ! Il ne s’agit pas de lui faire la morale, mais, lorsqu’il t’accuse, tu dois lui dire ce qu’est le dharma ! Tu ne dois pas faire de sermons ! Mais, lorsque tu es attaquée, tu dois l’éduquer ! » C’est arrivé plusieurs fois dans ma vie – et même avant cela avec ma belle-mère. Ainsi, peu après, je commençai à expliquer aussi certaines choses à mon mari. Il ne voyait pas pourquoi Swami écrivait des lettres et pourquoi je Lui répondais ! Il me demandait : « Qu’écris-tu ? » Il n’avait aucune idée du concept Gourou-disciple ! C’est pourquoi Swami me dit : « Tu dois l’éduquer. C’est ton devoir ! Tu ne fais rien de mal ; tu fais ce qui est juste. Si tu te trompes, alors, bien sûr, tu dois garder le silence. »
Recevoir Sa tendre attention à Whitefield
Après avoir été guérie du tétanos, j’allai voir Swami lors de Sa venue à Chennai. Il parla longuement à mon mari de mon autre naissance (janma) et de Son voyage en Andhra Pradesh. Swami lui a même dit une fois que des rebelles naxalites1 voulaient Le tuer et qu’ils étaient tous perchés en haut des arbres pour attaquer. Swami raconta : « Je faisais un déplacement… les naxalites étaient là… juchés en haut des arbres… rien ne se passa… » Puis, après avoir dit tout cela, Swami S’approcha de moi : « Rani Ma, après cette maladie, tu es très affaiblie. Viens à Whitefield et reste avec Moi quelque temps. Tu dois te rétablir ! Alors ne retournes pas chez toi pour l’instant, viens à Whitefield et reste avec Moi à l’ashram de Brindavan. » Je décidai donc d’aller y faire un séjour et j’informai également Swami de la date approximative de mon arrivée. Mais, bien avant que j’atteigne l’ashram, Swami avait donné l’instruction suivante aux femmes bénévoles : « Une personne, Rani Ma, va venir et sera assise dans la foule. Vous devrez aller demander : ‘Qui est Rani Ma parmi vous ? Swami veut que vous alliez à l’intérieur.’ » Pouvez-vous le croire ? Swami avait pris de telles dispositions ! Elles vinrent donc demander : « Qui est Rani Ma ? » Mais je n’avais pas encore rejoint l’ashram. J’arrivai un peu plus tard ! Pendant ce temps, la sevadal était retournée dire à Swami : « Swami, nous sommes allées voir, mais aucune Rani Ma n’était là ! » Swami répondit : « En effet ! Elle arrive ! Retournez-y ! Elle est un peu en retard. Allez essayer à nouveau. » Il les renvoya chercher et, entre temps, j’avais atteint l’ashram.
Donc, dès mon arrivée, une sevadal demandait dans la foule : « Y a-t-il quelqu’un ici qui s’appelle Rani Ma ? Veuillez vous lever, je vous prie. Swami veut que vous entriez immédiatement ! » Je l’accompagnai alors jusqu’à Swami. Il m’attribua une chambre où loger, mais comme j’avais également amené ma fille avec moi, je voulais obtenir Sa permission. Je demandai donc : « Swami, j’ai amené ma fille avec moi. Dois-je lui dire de repartir ou peut-elle rester avec moi ? » Swami répondit : « Oui, tu peux garder Sheela avec toi ; elle sera utile. Tu peux la prendre avec toi. » C’est alors seulement que j’amenai ma fille à l’intérieur car, sans la permission de Swami, vous ne pouvez faire entrer personne. Mouvement révolutionnaire communiste d’inspiration sino-soviétique.
La fidèle idéale
Puis, un matin, pendant mon séjour là-bas, Swami vint dans mon appartement vers 7 heures et me dit : « Viens avec Moi. » Mon logement était au rez-de-chaussée ; il ressemblait à une suite, avec un salon, une chambre à coucher avec salle de bains et une terrasse. L’appartement de Swami était à l’étage. Il était descendu et, voyant que ma fille dormait dans l’autre pièce, Il ne voulut pas la déranger.
Alors, Il m’emmena sur la terrasse, puis me dit : « Que veux-tu ? Demande-Moi et Je te le donnerai ! » Je m’étonnai que, soudain, Swami me repose cette question ! Je répondis : « Swami, je veux être une fidèle idéale. » Il poursuivit : « Sais-tu ce que tu dois faire ? » J’avouai : « Non, Swami. S’il Te plaît, dis-moi ce que je dois faire. » Alors Il déclara :
« Obéissance. Un jour, lorsque Tu viendras Me voir, Je te recevrai très gentiment et Je te parlerai ; un autre jour, lorsque tu arriveras, Je pourrai te demander : « Qui t’as dit de venir ? Je te prie de repartir ! » Je serai peut-être très sec et très rude ! Tu devras prendre les deux choses de la même manière ! Il ne devra y avoir aucune différence ! Il faudra l’équanimité face aux deux façons d’être traitée. Tu ne devras pas réagir. Lorsque Je suis gentil, tu es heureuse ; et, lorsque Je ne suis pas gentil, tu es malheureuse ! Cela n’est pas la caractéristique (lakshana) d’une fidèle. »
Puis Il ajouta : « Il y a quelque temps, tu venais ici à Whitefield pour apprendre un Bhajan à quelqu’un, n’est-ce pas ? » Je répondis : « Oui, Swami. » J’étais à Bangalore avec ma sœur et j’allais à Whitefield apprendre quelques Bhajan à une étrangère. Cette femme résidait à l’intérieur avec Swami, lorsqu’Il Se trouvait à Whitefield. Mais, après que Swami Se fut rendu à Chennai, elle me demanda si je pouvais lui enseigner des Bhajan. Je lui rendis ce service avec joie et vint donc chaque jour à Bangalore pour les lui apprendre. Ce fut la routine pendant un bon moment, jusqu’au jour où Swami revint de Chennai. Comme d’habitude, j’étais venue à Whitefield pour la faire travailler, mais elle me dit : « Swami est revenu ! Aujourd’hui, c’est mon anniversaire ; j’ai tellement de chance qu’Il soit rentré de Chennai ! Aujourd’hui, je ne peux apprendre de Bhajan. » Cela signifiait qu’il fallait que je reparte et, devinant cela, elle dit : « Mais comment pourrais-je te renvoyer ainsi ? Je vais entrer demander à Swami si tu peux venir à l’intérieur. » Personne n’était accepté à l’intérieur sans la permission de Swami, alors elle alla demander à Swami : « Swami, Rani Ma est là ; elle est venue régulièrement m’apprendre des Bhajan. Mais, aujourd’hui, je ne souhaite pas travailler ; je veux être avec Toi. Aussi, puisqu’elle a fait tout le trajet depuis Bangalore, puis-je la faire entrer ? » Swami répondit : « Non ! Dis-lui de repartir. » Ne s’attendant pas à cette réponse de Swami, elle continua à Le questionner : « Pourquoi, Swami ? Pourquoi ne peut-elle pas venir ? » Elle essayait d’argumenter avec Swami ! Une autre étrangère, que je connaissais et qui était également présente à l’intérieur à ce moment-là, demanda à Swami : « Elle est aussi Ta fidèle ! Pourquoi ne Lui donnes-Tu pas Ton darshan à elle aussi, Swami ? Je T’en prie, laisse-la venir ! » Mais Swami resta ferme. Il dit : « Rien à faire ! Je ne veux pas de cette Rani Ma à l’intérieur ! Dis-lui de repartir ! » Alors, la femme à qui j’avais appris des Bhajan ressortit avec un air très triste. Elle me dit : « Rani Ma, tu vas devoir repartir ; nous avons essayé de dire à Swami que nous voulions que tu viennes à l’intérieur, mais Il a répondu non ! Alors tu vas devoir t’en aller ! » Pour repartir, je pris le train puis un autre moyen de transport jusqu’à ma maison. Aussi, dans le train qui me ramenait, je me mis à penser : « Pourquoi Swami a-t-Il fait cela ? Est-Il dépourvu d’Amour ? N’a-t-Il pas de gentillesse ? Swami ne devrait pas agir ainsi. Après tout, que perd-Il à me donner Son darshan. J’aurais été si heureuse, mais Il me l’a refusé. Comment peut-Il faire cela ? » C’était juste une pensée et je n’en parlai à personne, car je voyageais seule dans le train. Mais, immédiatement, une autre pensée suivit : « Non ! Je ne peux mettre Swami en doute. Après tout, Il est mon Gourou. Et Swami dit que nous ne devrions pas remettre en question notre Gourou. Donc, quoi qu’Il dise, nous devrions l’accepter. » Je me consolai en disant cela, parce que je ne comprenais vraiment pas pourquoi Swami ne m’avait pas laissée entrer. Je n’arrivais pas à y croire, lorsque Swami me relata cet incident, juste au moment où je Lui disais que je voulais être une fidèle idéale ! C’était arrivé quelques mois auparavant ! Swami ajouta : « Tu es venue et, lorsque tu es repartie, tu te disais dans le train : “Comment Swami peut-Il faire cela ? Où est Son Amour ? Il n’y a pas d’Amour ! » C’est ainsi que tu pensais en toi-même ; telle fut ta première pensée. Et la seconde fut : « Oh ! C’est Lui qui sait le mieux ! Il sait comment agir, comment puis-je Le remettre en question ? » Puis tu te consolas ; cependant la compréhension était absente ! Tu t’es consolée sans comprendre, mais tu étais triste. » Swami poursuivit alors : « Aujourd’hui, Je suis venu te dire que ta première pensée n’aurait pas dû être cellelà.Ta deuxième pensée qui est « Swami connaît tout chose ! » aurait dû venir en premier. La première pensée, qui consistait à Me remettre en question, « Pourquoi fait-Il cela ? », aurait dû être évitée. Qui es-tu pour Me poser cette question ? Un fidèle idéal ne doit pas questionner. Ta deuxième pensée, « Swami connaît toute chose, est juste. Ensuite, ton travail est terminé ; tu es une fidèle idéale ! Donc, pour être une fidèle idéale, il ne faut pas remettre en question le Gourou ! »
Cela peut expliquer que de nombreux fidèles qui venaient ici pendant des années se soient soudain éloignés de Swami. Tous avaient un bon niveau d’éducation et une bonne situation. Mais ils ne comprirent pas Swami ! Swami nous a constamment répété dans Ses discours et dans les entretiens également : « Ne cherchez pas à Me comprendre ! C’est un effort futile et inutile. » Je me souviens d’un exemple que Swami avait donné il y a quelques années pour nous faire réaliser pourquoi il est difficile de Le comprendre. Il avait dit : « C’est comme si vous vouliez compter les grains de sable sur une plage ! » Pouvons-nous compter les grains de sable d’une plage ? C’est une tâche impossible ! Et c’est pourquoi nous ne Le comprendrons jamais, car il s’agit d’une révélation, et non de quelque chose issu d’une compréhension. « Qui est Swami ? » ne peut être appréhendé avec notre intellect, notre faculté de raisonnement, d’investigation, en lisant ou par la Sadhana. Rien ne nous y emmènera ! S’Il est heureux et satisfait de nous, Il Se révèlera à nous ! Ainsi, même si nous essayons maintenant de dire qu’Il est Paramatma (l’Être suprême), souvenons-nous que nous aurons tendance à l’oublier plus tard et à faire nombre de choses qui ne sont pas en harmonie avec Ses enseignements. De cette manière, nous Le trahissons, en tant que Paramatma ! Voilà le sujet sur lequel Swami a insisté ici. « Je ne suis pas important. « Ce qui est important, c’est Mon enseignement. » – Baba
Un jour, ma fille posa cette question à Swami : « Swami, Tu as été si bon pour notre famille, nous aimerions cette Grâce pour toujours ; comment pouvons-nous la garder ? » Il nous appelait très souvent en entrevue et venait parler avec nous dans nos appartements. C’était très spécial. Donc, ma fille Lui demanda : « Swami, Tu prends soin de nous d’une telle façon, aurons-nous toujours une telle Grâce de Ta part ? » Swami répondit : « Vois-tu, tu n’obtiens pas la Grâce en venant à Puttaparthi, ou en bénéficiant de Mon darshan, mais, si tu suis Mes enseignements, tu obtiendras samp?rna krip? (la Grâce totale) ! Ce sont Mes enseignements que Tu dois suivre, et non Moi ! » Si nous le suivons Lui, qu’arrivera-t-il ? Nous chercherons à le posséder ! « Swami doit me regarder ! », c’est comme le posséder ! On ne peut Lui dicter ce qu’Il doit faire ! Il déclara : « Je ne suis pas important. Ce qui est important, c’est Mon enseignement. » Swami expliqua tout cela à ma fille au cours d’un entretien.
Lors d’une autre entrevue, Swami nous dit : « Si vous ressentez l’inspiration de venir à Puttaparthi, alors venez. Si vous êtes perturbés et ne sentez pas de motivation, alors ne venez pas ! Car ce chemin nécessite une inspiration constante. »
Voyez-vous, si nous sommes tristes, découragés et contrariés, nous ne pouvons pas faire de notre mieux – en ce qui concerne la Sadhana. Il continua : « Vous devez avoir sans cesse des sentiments joyeux et heureux pour accomplir toute chose, et vous devez ressentir de l’inspiration à le faire. Lorsque vous ressentez de l’inspiration, vous vous sentez bien. C’est absolument nécessaire – toujours ! » Mais se dire : « Que vont penser les gens si je n’y vais pas ? », ne devrait pas être pris en compte. Ce ne sont pas des considérations importantes. Nous devons nous demander : « Est-ce que je ressens l’inspiration d’y aller ? » Si la réponse est ‘non’, alors nous ne devons pas y aller !
Chercher l’Omniprésence de Sai
Lors d’une autre entrevue à Prashanti Nilayam, j’avais demandé : « Swami, je n’accomplis aucun travail pour le Sathya Sai Samithi de Chennai ; est-ce correct ou non ? Étant Ta fidèle, devrais-je aller offrir mes services ? » Il répondit : « Sathya Sai ! Sathya Sai ! Tu ne M’as pas compris, Rani Ma ! Je ne suis pas seulement Sathya Sai ! Le monde entier est Moi ! Partout où tu fais du bon travail, cela M’atteint ! Il est grand temps que tu le réalises ! Pourquoi Me limites-tu à Sathya Sai seulement ? Si tu ne ressens pas l’inspiration d’aller là-bas, n’y va pas ! Sois partout où tu veux être, mais fais du bon travail. Où que tu sois et quel que soit Celui pour qui tu accomplis ce bon travail Rama, Krishna, etc. – cela n’a aucune importance ! C’est uniquement Moi que cela atteindra ! »
Ainsi, ce sont tous des sujets très profonds ! Les gens Le limitent à Son corps physique, et c’est ce qu’Il est maintenant en train d’essayer de changer. Vous comprenez, c’est pourquoi nous sommes parfois déçus : « Oh ! Swami ne m’a pas parlé ! »
Il déclare que seul celui qui a compris qu’Il est antaray?mi (le Résident intérieur) est véritablement sage. Il dit : « J’écoute ! Ne le croyez-vous pas ? » Bien que vous ne L’entendiez pas vous répondre, Lui, l’antaray?mi, vous écoute assurément ! Dans le livre « Sai Darshan », Swami dit que, lorsque vous serez vraiment prêts à l’écouter, Il vous répondra de l’intérieur. Tant de fidèles vivent cette expérience ! Il n’appartient qu’à vous de travailler pour atteindre ce niveau de conscience : « Suivez-Moi sans réserve. À tout moment, soyez conscients de Ma présence en tout lieu, afin que vous ne blessiez personne. Lorsque vous serez conscients de Ma présence, ce qui se passera est que Je commencerai à travailler à travers vous et à vous faire accomplir la juste chose. »
Supposons que j’aie envie d’être désagréable avec quelqu’un, ou que je ne sois pas dans un bon état d’esprit. Avant que je réagisse vraiment, la pensée qui viendra immédiatement après sera : « Non ! Occupe-toi de tes propres affaires ; ne dis rien, tais-toi ! » Cela se produira, parce que vous mettez constamment en pratique ce que Swami enseigne. Ce ne sera peut-être pas toujours spontané, mais, grâce à cette pratique, cela le deviendra en temps voulu. C’est inévitable ! Telle est la Loi de Dieu ! Swami a dit : « Plus vous êtes proches, plus Je deviens distant physiquement ! » C’est une de Ses caractéristiques. Baba déclare : « Lorsque Je suis proche de vous en esprit, je deviens très distant de vous par le corps. Parce que vous avez reconnu Ma véritable nature. C’est la raison pour laquelle Je suis venu ! Ma Mission principale est de réveiller le Gourou intérieur. Le Gourou intérieur n’est pas à l’extérieur ; cela débute avec le Gourou extérieur, mais le Gourou extérieur vous mène au Gourou intérieur. »
Tel est le but de la mission de Swami ! Étant un Gourou, il est de Son devoir de vous conduire à cela. Sinon, Il ne serait pas un véritable Gourou ! Il n’est pas venu pour vous donner des choses matérielles ! Il essaie de vous détacher du monde ! Il vous donne toutes ces choses parce que vous n’êtes pas encore prêts pour ce qu’Il veut réellement vous donner. Progressivement, Il provoquera des déceptions. Et, lorsque vous en aurez assez, Il vous donnera toutes sortes d’expériences et vous direz : « Oh ! Je ne veux pas ces choses-là ; je ne retire rien de tout ça. » C’est à cet état d’esprit qu’Il vous amènera certainement. Il rendra les choses très difficiles pour vous en ce monde, afin que vous ne vous mettiez pas à aimer le monde. Vous penserez : « Je ferais mieux de m’extirper de ce sams?ra (la vie matérielle) ! » C’est une manière indirecte de nous enseigner Jnana (la sagesse) ! « Le monde ne peut rien nous donner ! Seulement de la peine, des problèmes et des déceptions ! Pourquoi y suis-je attaché ? » Ces pensées doivent venir de l’intérieur ! Swami donnera tout ce que nous demandons, mais souvenons-nous que le monde ne peut nous apporter la paix. Si nous pensons que le monde peut nous donner la paix, alors c’est de l’ignorance ! Mais, si nous pensons que le monde ne peut pas nous apporter la paix, c’est Jnana ! C’est la connaissance ! Comprendre cela est suffisant ; ensuite, nous devons commencer à travailler dessus. Swami nous a dit un jour : « Vous n’êtes pas obligés de trop lire ! Lisez juste ce qui est nécessaire à l’inspiration. » Il nous a interdit de lire trop de livres. À la place, Il nous conseille : « Les différents auteurs ne feront que vous embrouiller avec leurs contradictions ! Les grandes discussions philosophiques et intellectuelles ne sont d’aucune utilité. Si vous voulez lire, lisez la vie des saints – n’importe quels saints, qu’ils soient chrétiens, musulmans ou hindous – car ils ont emprunté le chemin et accompli leur voyage spirituel. Leur voie est très claire et ils connaissent les pièges et les obstacles. Leur vie vous révèlera toutes les difficultés et comment ils sont devenus finalement de bons exemples. »
Il y a quelque temps, j’allais au darshan une fois par semaine, mais, maintenant, j’y vais seulement deux fois par mois. À ce sujet, Swami m’a dit : « C’est suffisant ! Tu viens et tu reçois Mes bénédictions, Mon Aura. Demeure en toi ; dis-toi : “Swami, Tu es partout ! Tu es dans ma maison.” Alors Je te révèlerai cette Vérité ! Tu dois mettre cela en pratique. Si tu Me limites à cette salle, à tel ou tel endroit, ou même à ce Bhajan Hall, J’y apparaîtrai et tu seras heureuse, mais tu M’auras limité et tu ne seras pas capable d’expérimenter Mon Esprit omniprésent, le Parabrahma. » Ainsi, tandis que Swami nous guide constamment, nous devons mettre en pratique autant que nous le pouvons. Mais je trouve que ce chemin est difficile, et nous avons une longue route à faire.
Un jour, j’eus une discussion avec une dame, à Prashanti Nilayam. Celle-ci me révéla que la raison de sa venue à Puttaparthi était d’être en bonne santé. Cependant, elle était très mécontente de ce qu’elle avait reçu. Je lui répondis : « Vous n’êtes pas consciente de ce que vous recevez ici ! Swami vous donne la santé – la santé spirituelle ! » « Que voulez-vous dire ? » demanda-t-elle. Je lui expliquai : « Il n’a pas appelé cet endroit un ashrama – qui signifie littéralement que c’est un lieu où il n’y a pas de shrama (effort) ; Il l’a appelé « Prashanti Nilayam » parce que c’est la demeure de Dieu, dans laquelle vous recevrez la paix. Il a promis une paix qui dépasse toute compréhension, une paix que l’on obtient de l’Amour divin. Une telle paix est permanente, non affectée par les circonstances. Il ne s’agit pas de cette paix temporaire qui vous rend heureux quand quelqu’un est gentil avec vous, et malheureux quand il ne l’est pas. » La même vérité est énoncée dans nos Écritures anciennes. Dans la Bhagavad-Gita, le Seigneur déclare : « Celui qui transcende les paires d’opposés est Mon véritable fidèle », c’est-à-dire celui qui n’est pas affecté par la dualité des bons et des mauvais traitements, de l’honneur et du déshonneur. On ne doit pas se préoccuper de ceux-ci, car ils n’existent que dans le royaume de l’illusion. Swami dit : « Vous êtes tous plongés dans le sommeil, Je suis venu pour vous réveiller ! » Un jour, Il m’expliqua : « Rani Ma, pour Moi, il n’y a pas de problème. Le problème est une erreur de perception ; tu vois quelque chose qui est irréel. Tu es au-delà des problèmes, mais tu ne le réalises pas parce que tu n’as pas encore atteint cet état de conscience. Par conséquent, tu rêves que tu es le corps. Toutes tes expériences ne favorisent que ta conscience du corps. Tu juges chacune d’elles en te plaçant au niveau du corps. Swami ne S’est pas incarné pour vous aider dans vos problèmes liés à votre conscience du corps. Demain, une maladie ou une tragédie quelconque peut vous frapper – pourtant, elles appartiennent au domaine de la conscience du corps. »
La plus douce des victoires Il s’agit de l’illusion ou de ce que nous appelons en sanskrit maya ou moha. Que sont cette illusion ou cet attachement auxquels Swami fait référence ? Ce n’est rien d’autre que l’ignorance que la joie et la tristesse sont relatives au corps. C’est cette ignorance que Swami est venu déraciner. Il est un avat?ra purusha (une Incarnation divine) ; Il n’est pas comme les autres Gourou. Un jour, Swami dit à un groupe de fidèles dont je faisais partie : « Ne pensez pas qu’en venant à Puttaparthi vous allez être très heureux. En fait, vous serez très perturbés, mais, si vous gagnez votre victoire ici, vous pourrez aller dans n’importe quel endroit du monde et plus rien ne vous perturbera. Puttaparthi est le champ de bataille du Kurukshetra. Le Seigneur Krishna a donné le message immortel de la Bhagavad-Gita sur un champ de bataille, car la vie est une lutte. Et quand vous en sortez victorieux, qu’obtenez-vous ? La Paix ! De la même manière, lorsque vous transcenderez ici les difficultés, avec l’équanimité acquise par la connaissance de celui que vous êtes réellement et de ce qu’est réellement le monde, vous bénéficierez de cette Paix permanente que Je suis venu donner. » Voilà pourquoi Il appela ce lieu ‘Prashanti Nilayam’, la Demeure de Paix suprême. Il y a de nombreuses années, la belle-mère de ma fille voulut s’installer à Prashanti Nilayam. Elle devint une fidèle seulement après nous avoir rencontrés, et elle eut l’occasion par la suite d’être présente lors d’une entrevue avec Swami, où elle Lui exprima son désir de résider à Prashanti Nilayam. Swami lui demanda alors : « Pourquoi veux-tu rester ici ? Tu as deux fils, vis avec eux. Qui prendra soin de toi, ici ? » Elle répondit : « Swami, ici, je suis en paix. » Mais Swami répliqua : « Non, non ! Il n’y a pas de paix ici. Sais-tu où est la paix ? Elle se trouve dans le Soi intérieur. Prashanti Nilayam t’aidera à lutter de manière vertueuse pour atteindre cette paix. Ici aussi, la lutte est nécessaire. Ne croyez pas qu’en venant à Prashanti Nilayam tout dans votre vie se règle automatiquement. Vous devez travailler sur vous-mêmes à l’aide de votre connaissance. Swami vous donne cette sagesse, mais vous devez la mettre en pratique. C’est comme aller à l’école ou à l’université où le professeur vous fournit un enseignement sans pour autant faire le travail à votre place. »
Comprenez qu’Il est le Maître divin. Le but de Sa venue n’est pas de nous donner des choses insignifiantes. Il nous accordera tout ce que nous désirons. Un jour, Il me dit :
« Rani Ma, Je te donnerai tout ce que tu demandes, mais cela ne t’apportera pas la paix. Si tu veux obtenir la paix, demande la paix elle-même et abandonne-Moi le reste. Dis-Moi : « Seigneur, je désire la paix permanente, je ne veux rien d’autre. » C’est cela l’abandon. Le véritable abandon est lorsque vous ne voulez obtenir rien d’autre que la paix. Vous courez après tant de choses – argent, position sociale, pouvoir, etc. – parce que vous pensez qu’elles vous apporteront la paix. Mais, malgré cela, vous êtes perturbés. C’est parce qu’il manque Jnana (la connaissance). » « Prashanti Nilayam », et non « Ashram Sri Sathya Sai Baba » Swami dit que c’est pour cette raison qu’Il appelle l’ashram de Puttaparthi « Prashanti Nilayam » et non « Ashram Sri Sathya Sai Baba ». Vous devez faire l’effort, shrama. Il peut seulement vous aider et vous guider pour affronter les hauts et les bas de manière efficace. Tout ce que vous avez à faire est de Lui demander de vous guider. Il m’avertit une fois en me disant que cela serait difficile, et Il ajouta : « N’aie pas peur. Tu Me pries ainsi : « Swami, ne me teste pas trop durement, je risque d’échouer ! »
(Comment connaît-Il mes prières les plus profondes ? Je ne les Lui avais jamais exprimées !)
« Pourquoi es-tu si effrayée par la difficulté ? Ce n’est pas correct. Lorsque Je te donne le défi, Je te donne aussi la force et la sagesse pour l’affronter. Tu devrais dire : « Swami, teste-moi autant que Tu le veux, mais accorde-moi la victoire. » Lorsque vous menez une bataille, que demandez-vous ? Dites-vous que vous voulez un pistolet, une épée, etc. ? Vous dites seulement, je veux la victoire ! Par conséquent, demande cette paix. » Vous êtes venus à Puttaparthi chercher cette paix, alors demandez-la. Mais, lorsqu’on est maîtresse de maison, on est sans cesse préoccupée par une chose ou une autre, et on est obligée de demander à Swami de nous aider dans ces difficultés. Parfois, Swami réagit immédiatement pour les alléger et, parfois, Il ne le fait pas.
Quoi qu’il en soit, demandez toujours des choses qui sont conformes au dharma (Droiture). Il ne prendra pas du tout en considération les choses qui ne le sont pas. Même dans le cas des désirs qui sont dans les limites du dharma, Il choisit selon que le désir nous élève ou non, car Il est le Gourou. Un jour, lors d’une entrevue, Il nous annonça que, quel que soit le bien auquel nous aspirions, cela serait accordé. Mais Il décide du moment opportun où nos désirs seront satisfaits, car Il sait ce qui est bon pour chacun de nous et connaît notre passé, notre futur et notre présent. Sur le chemin spirituel, la patience est une clé indispensable, aussi devrions-nous attendre patiemment que Swami réalise nos souhaits.
J’ai eu une expérience directe à ce sujet. Mon mari manifestait de la réticence à rester à Puttaparthi. Il disait qu’il n’arrivait pas à s’habituer à cet endroit et qu’il voulait quitter l’ashram. Lors d’un séjour, un soir, je lui annonçai au tout dernier moment que je ne quitterais pas Puttaparthi et que, s’il le souhaitait, il pourrait aller vivre chez nos enfants. Je passai toute la nuit à prier, pensant qu’il serait bon pour lui de rester à Puttaparthi et de s’imprégner de l’Aura de Swami. Je priai Swami en Lui disant que, s’Il voulait le garder ici, Il le pouvait ; et je Lui abandonnai totalement le problème. Le lendemain matin, à ma plus grande surprise, mon mari me révéla qu’il avait décidé de rester à Puttaparthi ! Il séjourna à l’ashram jusqu’à ses derniers instants.
Abandonnez-Lui les fruits de l’action
Dans la Bhagavad-Gita, il est dit que vous avez seulement droit à l’action, pas aux fruits de l’action. Ils sont entre Ses mains et nous n’avons aucun contrôle sur eux. Ainsi, l’attitude correcte consiste à Lui abandonner les fruits de l’action, afin qu’Il nous les accorde au bon moment.
Le message que Swami transmet est celui-ci : « Lorsque vous venez à Puttaparthi, vous rencontrez de nombreuses personnes, certaines sont bonnes et d’autres, mauvaises. Un jour, vous pouvez obtenir un bon logement et, un autre jour, un logement inconfortable. Mais tout cela ne devrait pas vous affecter. Vous êtes venus à l’ashram pour votre voyage intérieur. Ne cherchez pas la paix à l’extérieur. Elle réside en vous, alors regardez à l’intérieur. Si vous pensez qu’il existe à Puttaparthi une paix facilement accessible, cela signifie que vous n’avez pas compris. Telle est la connaissance (Jnana) que vous devriez posséder. »
Le mental, parfois, nous joue des tours, mais il est aussi utile pour acquérir la sagesse. Par conséquent, nous devons former notre mental. C’est ce qui est mentionné dans le karma yoga (la voie spirituelle de l’action). Après avoir maîtrisé le mental, nous pouvons évoluer vers le Jnana yoga (la voie de la sagesse), puis vers le bhakti yoga (la voie de la dévotion). Jusque-là, notre dévotion n’est pas complète. Elle ne l’est que lorsque nous possédons la sagesse. Cela est également mis en évidence dans la Bhagavad-Gita. Avec Jnana (la connaissance), il faut pratiquer dhy?na (la méditation), et avec dhy?na, il faut développer phala ty?gam (le renoncement aux fruits de l’action).
Parfois, nous pouvons accomplir une bonne action, mais cela conduit à un résultat inopportun. Cependant, nous devrions accepter ce qui arrive, que cela soit bon ou mauvais. Nous n’entreprenons pas un travail pour obtenir la victoire, nous travaillons pour transcender la victoire et la défaite. Dieu ne veut pas nous voir tristes et découragés d’avoir obtenu un résultat décevant. D’un autre côté, Dieu veut que nous passions le test, mais sans souffrir.
Éveiller notre conscience
Une fois, à Whitefield, Swami me dit : « Rani Ma, Je suis venu éveiller le Gourou intérieur. Ne sois pas dépendante du Gourou extérieur. Prie-Moi ainsi : « Swami, je T’en prie, deviens mon Gourou intérieur. Dis-moi en mon for intérieur ce que je dois faire, et je le ferai. » Alors, il est certain que Je te guiderai de l’intérieur. » Il ne devrait y avoir ni « moi » ni « mien ». Tout devrait devenir totalement la propriété de Swami. À l’instant même où les sentiments du « je » et du ‘mien’ émergent, nous entrons dans le royaume de l’ignorance. Swami déclare : « Il ne doit y avoir ni préférences ni aversions. Le duo raga-dvesha (colère-haine) devrait être transcendé. » Sans se préoccuper de savoir si quelqu’un est aimable ou non, nous devons aimer tout le monde. Nous devrions avoir conscience qu’une personne agit de façon ignorante en raison de son identification au corps, et nous devrions par conséquent avoir pitié d’elle, puisqu’elle n’a pas encore compris le Principe de l’Atma (Esprit). Nous devons avoir de la compassion et prier pour de telles personnes. Nous devrions comprendre que Swami réside en tous les êtres, et ainsi ne blesser personne. C’est alors seulement que l’on peut déclarer que l’on comprend Swami, pas avant. Nous ne devrions pas comparer et juger les gens. Sinon, nous allons au-devant du chagrin. Si nous empruntons ce chemin, même Swami ne nous aidera pas, car c’est un chemin erroné. Une fois, alors que je Lui disais : « Swami, je veux être une bonne fidèle », Il me répondit : « C’est très simple, tout ce que tu as besoin de faire est de M’obéir. Ni les livres ni les Écritures ne peuvent t’aider. Seul le Gourou peut t’emmener le long du chemin spirituel. » L’obéissance au Gourou est une caractéristique très importante chez l’aspirant spirituel. Cela peut élever grandement une personne. Nous ne devrions pas, pour certaines choses, décider d’obéir à Swami et, pour d’autres, prendre nos propres décisions. L’abandon à Swami doit être total. Il nous a promis la libération si nous pratiquons ce type d’abandon. La libération n’est rien d’autre que se délivrer de l’ego et de l’identification au corps. Les sentiments du « je » et du « mien » constituent l’ego.
La leçon de Bhajan
Deux ans après que Swami Se soit installé à Prashanti Nilayam, nous étions toujours dans le Vieux Mandir et avions l’habitude de venir à Prashanti Nilayam pour les Bhajan. Une fois, pendant la séance de Bhajan, Il nous demanda d’arrêter de chanter. J’étais assise tout près de Lui. Swami me demanda en me regardant : « Est-ce que tu chantes ? » Je répondis par l’affirmative, en ajoutant que je ne connaissais pas la musique carnatique et ne savais chanter que de la musique hindustani. Je m’imaginais qu’Il n’aimait que les k?rtan de Thy?gar?ja (fondés sur la musique carnatique) et d’autres du même style. Mais Il me dit : « Cela ne fait rien, chante un Bhajan. » Alors je me mis à chanter le Bhajan qui me vint à l’esprit à ce moment-là. Je ne le réalisai pas alors, mais je compris plus tard, en y réfléchissant, que Swami voulait que je tire une grande et profonde leçon de ce Bhajan. Sa signification faisait ressortir le Principe de l’advaita (la Non-dualité) qui était ce sur quoi Swami voulait attirer mon attention.
Le lendemain, lorsque je revins, Swami voulut que je chante le même Bhajan, et il en fut de même le troisième jour. Je me sentais un peu frustrée de chanter toujours ce même Bhajan, car je ne prêtais pas attention à sa signification. Aussi demandai-je à Swami devant tout le monde : « Swami, je connais de nombreux Bhajan, puis-je en chanter un autre ? » Il répondit : « Ce n’est pas la peine ! C’est uniquement ce Bhajan que Je veux que tu chantes. » Nous ne pouvons jamais Le comprendre de nous-même. C’est Lui qui doit Se révéler à nous. Essayer de Le comprendre revient à compter les grains de sable d’une plage.
Quelques jours plus tard, Il appela quelques femmes pour venir faire le ménage de Sa chambre à l’étage. Nous fûmes à peu près cinq à monter et, alors que j’étais occupée à nettoyer, je L’entendis chanter « R?ma n?ma japan?r?… », le même Bhajan que celui qu’Il m’avait demandé de chanter quelques jours auparavant. Je fus un peu surprise et commençai à me dire : « J’en ai assez de ce Bhajan, pourquoi m’ennuie-t-Il toujours avec le même Bhajan. » Je me retournai et Le regardai, d’un air interrogateur. Il me dit : « Tu te demandes pourquoi Je chante ce Bhajan-là, n’est-ce pas ? Je le chante encore et encore parce qu’il contient l’essence de la connaissance. Si tu es capable d’assimiler cette connaissance, il ne te sera plus nécessaire de faire autre chose. Tu auras atteint ton but spirituel. »
Jusque-là, je n’avais pas réalisé que je n’avais pas prêté attention au sens du Bhajan. Lorsque nous chantons un k?rtana de Thy?gar?ja, nous devons entrer dans l’état d’esprit de Thy?gar?ja. Alors seulement pourrons-nous l’apprécier. Le sens est plus important que la qualité de t?la (le rythme) ! La signification de ce k?rtana était à peu près celle-ci : « Ô homme, chante toujours le Nom de R?ma ! Tant que tu respires, cette maison est la tienne (jab lag yah swaas tan bheetar, tab lag yah jag apna re) ! Tant que tu respires, tu dis « mon argent », « chez moi », etc. Mais, lorsque la respiration cesse, plus rien ne t’appartient ! » Puis cela continue ainsi : « La mère, le père, les enfants, la famille, etc., ne sont que ta propre imagination, kalpana. La création entière n’est qu’imagination : elle est une projection de ton mental qui, lui, n’existe pas réellement. C’est une illusion. Toutes les relations existent, mais seulement d’un point de vue relatif, et non de manière absolue. Tu joues seulement un rôle. » Kalpana signifie imaginer un rôle et le jouer. Cela n’est pas réel. Le chant se poursuit ainsi : « Tu devras quitter tes parents et amis (Jhooti jagath, kalpana saari, aakhir yah jag sapna rey) ! » La fin du chant ne signifie pas que la réalisation se fera après la mort. Cela me prit un certain temps pour le comprendre. Swami m’a dit : « Tu sortiras de ce rêve lorsque tu réaliseras que la vie est un rêve. » Le rêve n’est pas présent en permanence : quand vous vous réveillez, le rêve n’existe plus.
De même, lorsque nous nous éveillons à notre véritable Soi, le rêve cesse. Swami dit : « Éveillez-vous à votre véritable Soi et le monde qui vous tracasse cessera d’exister. » Il me fallut longtemps pour comprendre totalement ce chant. À présent, je répète ce chant partout où l’on me demande de prendre la parole. Il contient l’essence de ce que Swami m’enseigna 2 ou 3 ans après mon arrivée à Puttaparthi. Je vins ici en 1950, cela fait donc plus d’un demi-siècle. J’ai dû chanter ce Bhajan aux alentours de 1954. Ainsi, cela m’a demandé une longue Sadhana (discipline spirituelle) pour pénétrer dans ce chant et le comprendre vraiment parfaitement.
Une solution facile à nos problèmes
Il y a quelques années, Il m’avait déclaré, lors d’une entrevue : « Rani Ma, cela ne me pose aucun problème de descendre à ton niveau pour comprendre ton problème, car Je n’ai pas de problèmes. Mais je ne comprends pas du tout tes problèmes, car il n’y a en réalité aucun problème ! »
À ce moment-là, je ne compris rien de tout cela. Alors Il m’en dévoila la véritable signification à travers ce chant. Quel était mon devoir ? Le contempler. Il me dit : « Contemple-le, tu possèderas l’essence. » Je ne réfléchissais pas profondément à la signification du chant et continuais à ressasser mon problème. Alors Il m’écrivit dans une lettre : « Rani Ma, tu as un problème. » Un problème, de mon point de vue, mais pas du Sien. Souvenons-nous, Swami n’a pas de problèmes !
C’est nous qui créons la situation difficile, et qui devons la résoudre. La Bhagavad Gita déclare : « Vous êtes la cause du problème et vous devez trouver un moyen d’en sortir ; personne d’autre ne le fera, pas même le Gourou. » Il me dit donc : « Tu penses constamment à ton problème, et par conséquent Je ne peux pas t’aider. Si tu cesses d’y penser, alors Je pourrai t’aider. Lorsque tu oublies le problème, que tu gardes ton mental fixé sur Moi et que tu répètes constamment Mon nom, tu entres en contact avec Moi ! Le Nom divin est comme une flèche qui va de toi jusqu’à Swami. Comment te mets-tu en contact avec Swami ? En répétant Son nom. » Chante uniquement pour Lui.
Pendant les vacances, j’allais souvent à Delhi où je logeais chez ma soeur aînée, Kamala Sarathi. Elle habitait à proximité de la Fondation R?makrishna. Après notre première visite, Swami nous conseilla de rester en bonne compagnie (satsang) et nous Lui demandâmes comment faire. Il nous dit de participer aux exposés sur la Bhagavad Gita et autres activités similaires. Nous lui demandâmes si nous pouvions continuer à nous rendre à la Fondation R?makrishna. À cette époque, nous pensions que Swami était une personne importante, mais nous ne savions pas qu’Il était Dieu Lui-même. Donc, nous n’étions pas sûres qu’Il approuverait. Pourtant, Swami nous répondit : « Oui, c’est un très bon endroit, vous pouvez aller à la Mission R?makrishna ! Allez participer à tous leurs cercles d’études et à leurs conférences. » Ils organisaient régulièrement des cours sur la Bhagavad Gita et les Upanishad et nous les suivions en toute sincérité. Lors d’occasions telles que l’anniversaire de la sainte Mère ou de ?r? R?makrishna, ils souhaitaient que quelques bons chanteurs de Bhajan viennent chanter sur scène en présence d’un large public. Alors, ma sœur leur dit : « Rani Ma connaît des Bhajan, si vous voulez bien qu’elle chante, je lui demanderai. » Il arriva donc qu’à cette époque je chante quelques Bhajan de M?ra, Surdas, etc., lors de telles occasions. Par la suite, ils commencèrent à m’inviter régulièrement aux fêtes pour chanter et, comme il s’agissait de manifestations publiques, les gens vinrent à connaître mon talent. Ainsi, ils m’invitaient pour différents événements, anniversaires, etc., et me demandaient de chanter. J’apportais mon harmonium et je chantais. Je faisais cela en toute innocence. Lors de l’une des visites de Kamala Sarathi à Puttaparthi, alors qu’elle était venue seule, Swami lui confia, dans une entrevue : « Demande à Rani Ma si elle veut se réaliser ou si elle veut la célébrité. Si elle veut réaliser son Soi divin, elle doit cesser de chanter en public et ne chanter pour Dieu que dans sa pièce de Puja. Je la vois aller partout. »
Pourtant, Swami n’était pas à Delhi, comment pouvait-Il savoir ? Il nous prouve Son omniprésence, Il connaît tout ce que l’on fait ! Nous ne savions pas qu’Il était omniprésent. Je pensais qu’Il ne L’était qu’lorsque nous priions ! Ma compréhension de Son omniprésence était limitée. Je ne savais pas qu’Il était mon Soi intérieur et qu’Il était conscient de chaque pensée, chaque parole et chaque action, tout au long de la journée. Il sait ce que je vais faire. Je ne peux rien accomplir sans qu’Il le sache. Lorsque vous prenez conscience de cela, vous devenez très vigilant et prudent. Si vous savez que Swami est au courant de toutes vos actions, ferez-vous les mêmes choses que s’Il est absent physiquement ? Non.
Vous parlerez très poliment même aux individus avec qui vous êtes en désaccord. Vous penserez : « Swami me regarde, je dois être polie. » C’est cette conscience qu’Il voulait que nous développions. Il faut la développer, mais cela ne vient pas facilement. C’est le difficile passage du grain dans le moulin. C’est comme escalader les Him?layas. Donc Swami dit à ma sœur : « Demande-lui ce qu’elle veut ; si elle veut la célébrité, elle peut aller chanter partout où elle le désire. Mais, si elle veut réaliser son souhait véritable, elle doit cesser d’aller à l’extérieur et ne chanter pour Dieu que chez elle, dans sa pièce de prières. » Après avoir eu ce message, je ne me rendis plus nulle part. Un jour, une certaine Mme Malini m’appela pour me dire qu’elle souhaitait que je vienne chanter. Je répondis : « Je suis désolée, je n’ai pas la permission de mon Gourou. » Mais elle poursuivit : « Vous ne chanterez pas pour un public, mais uniquement pour des religieuses. » Je lui dis que je ne savais pas si je pouvais le faire ou non, et que je devais prier Swami et y réfléchir. Elle insista pour que je vienne. Je réfléchis et je priai. Quelque chose me disait que ‘puisque c’était pour des religieuses, je pouvais y aller, mais que c’était la dernière fois ; et cela, il fallait que je le fasse comprendre clairement’. Je me rendis là-bas parce que les religieuses s’étaient réunies et que Swami m’avait demandé de continuer à assister aux satsang de la Fondation R?makrishna. Les Fondations R?makrishna et Sharada nous avaient tant donné que je leur devais bien cela. Par conséquent, c’est dans cet état d’esprit que j’y allai, en ne sachant pas si c’était de l’obéissance ou non. J’eus l’impression que ma décision était cohérente avec le dharma. Ce n’était pas pour de la publicité ni pour la célébrité. Après cette occasion, j’arrêtai définitivement. Depuis ce jour, je ne chante plus lorsque je vais à l’extérieur. Swami est sans cesse en contact avec nous, car nous Lui demandons de nous guider.
Il me dit un jour : « Je ne guide pas tout le monde. Je le fais seulement pour ceux qui Me le demandent. Dans Ton cas, Tu Me demandes conseil pour tout, pour les petites comme pour les grandes choses (je le questionne même au sujet de choses très matérielles relatives à cette existence illusoire (m?y?) : « Dois-je cuisiner ceci ou cela », etc., donc J’interviens pour tout et Je te guide. » Je fus momentanément blessée en me demandant pourquoi Il m’avait fait cesser de chanter. Après tout, je ne chantais que des Bhajan, et pas du tout de compositions classiques. Cela fait longtemps maintenant que j’ai arrêté. Je me souvenais que Thy?gar?ja, lorsqu’il était invité à la cour du roi pour chanter, disait qu’il ne chantait que pour le Seigneur. Dès lors, je ne comprenais pas Swami. Je me disais que ce n’était pas comme si je me produisais dans des programmes de radio. Mais, lorsque j’y réfléchis plus profondément, je réalisai que je ne devais vivre que pour Dieu. On doit renoncer aux choses qui appartiennent au royaume du « je » et du « mien ».
En renonçant au « je » et au « mien », la vie devient facile
Nous étions dans le Vieux Mandir. Lorsque les résidences furent terminées, Swami alloua des logements à tous les résidents permanents qui L’aidaient dans Sa mission. Mais nous, nous n’étions que des visiteurs occasionnels. À cette époque, Il attribuait Lui-même les chambres ! Nous devions L’informer de notre arrivée pour qu’Il puisse nous trouver un logement, suivant la disponibilité. Très peu de bâtiments étaient libres, particulièrement pendant les fêtes où Il nous logeait avec une autre famille. Nous vivions à environ huit ou dix dans une petite pièce. Nous devions nous adapter les uns aux autres et tout partager. Avant que l’on puisse disposer de ces pièces, c’était encore plus difficile. Il nous faisait passer par différentes étapes pour nous apprendre à nous adapter. Sommes-nous capables de restreindre nos besoins selon la situation ? Telle est l’exigence pour l’évolution spirituelle. Nous ne maugréions jamais, car Il nous donnait la force, l’acceptation et la joie. Intérieurement, nous ne ressentions jamais la tristesse. Je me demande maintenant : « Qu’est-ce qui nous a permis de traverser tout cela si joyeusement ? »
Une fois, nous devions quitter Puttaparthi deux jours plus tard ; c’était à l’époque où nous devions informer Swami quand nous partions. Cela se passait pendant Dasar? et Swami avait l’habitude de stopper toute entrevue un mois avant cette fête, car Il S’impliquait Lui-même dans l’organisation de cet événement. Les fidèles offraient leur aide, mais tout était sous Sa supervision directe. Il ne pouvait donc accorder d’entrevues à ce moment-là. Je désirais m’en aller avant Dasar?, je Lui écrivis donc une lettre où je disais : « Swami, j’aimerais partir. Salutations. » Je la fis transmettre par le Professeur Kasturi. Dès réception de la lettre, Swami lui déclara ceci : « Dis à Rani Ma que Je dois la voir avant qu’elle parte. Je ne peux pas la faire venir dans la pièce d’entrevues, car les autres vont croire que Je lui ai accordé un entretien. Alors demande-lui d’aller à l’Hôpital, Je vais y faire une visite. » Je dus me rendre à l’Hôpital Général qui était très petit à cette époque. « Elle peut venir avec sa jeune sœur. » Alors, le jour dit, nous allâmes L’attendre tranquillement à l’Hôpital. Il vint directement vers nous et nous emmena dans la salle d’opération. Je ne me souviens plus de la totalité de la conversation, mais voici ce dont je me rappelle très bien : je lui parlai de quelque chose qui m’avait perturbée. « Swami, Tu as attribué des logements à tout le monde, mais je n’en ai pas reçu. Il est difficile de loger avec quelqu’un à chaque fois que je viens ici. Peux-Tu, s’il Te plaît, me donner une chambre ? » Il me répondit : « Non, je ne te donnerai aucun logement ici ! Aucune chambre pour toi. » Je me dis que peut-être j’avais commis quelque erreur et que, par conséquent, je ne méritais pas d’avoir une chambre. Puis Il ajouta : « Sais-tu ce que tu es en train de travailler ? C’est le sentiment du « Tu » et du « Tien ». Si Je te donne une chambre, tu vas te mettre à penser ‘ma chambre’. Je veux que tu progresses, pas que tu régresses. C’est pourquoi Je t’ai mise dans un certain nombre de chambres. Une fois où vous étiez quatre dans une petite pièce, tu as dû aller chercher de l’eau à l’extérieur. Alors qu’à une autre occasion, dans le village de Chincholi Mah?r?n?, tu étais installée très confortablement. Tu ne t’es jamais plainte du fait que tu avais une grande pièce ou une petite ; tu es restée joyeuse et tu t’es dit que tout appartenait à Dieu. »
Swami a mis dans mon esprit la pensée que chaque endroit appartient à Dieu et, par conséquent, je ne me plaignais pas. Mais il y a une chose qu’Il m’avait promise : « À chaque fois que tu viendras ici, Je veillerai à ce que ton séjour ne soit pas perturbé par un problème extérieur. » Une fois, Il nous mit dans un garage. Il y avait la voiture de Swami, derrière laquelle se trouvait le chariot (ratham) de Shirdi Baba, ce qui ne laissait libres que les quatre coins du garage. Nous cuisinions dans un coin et dormions dans un autre.
Cela ne nous ennuyait pas. Nous gérions toute chose sans nous apitoyer sur nous-mêmes. Je dois remercier Swami pour cela. Il nous a donné ce pouvoir d’acceptation et la joie qui lui est inhérente. Il nous a démontré que cette acceptation devrait venir de l’intérieur, et qu’Il avait contribué à ce que cela se passe ainsi. Il nous a donné la capacité d’accepter parce que nous étions venus là pour Lui et qu’Il voulait nous accorder la paix. Il ne nous a pas donné une paix extérieure. Nous nous accommodions de toutes les épreuves que nous rencontrions, mais Il nous donnait la paix intérieure en abondance. Aujourd’hui, lorsque je repense à cette époque et que je me souviens combien j’étais heureuse même en composant avec toutes ces difficultés, je réalise qu’Il a fait tout cela pour moi. Si vous vivez pour Lui, Il s’occupera de tout – de vos pensées, paroles et actions. Si vous trouvez que c’est difficile, dites-Lui : « Swami, je trouve cela très difficile. » Il vous aidera certainement.
Parler le langage du silence
Ne vous dites jamais : « Je ne peux accomplir cette tâche. » Lorsque vous pensez ainsi, vous redescendez brutalement jusqu’au niveau du corps. Le « je » est l’ego. Il n’y a pas de « je ». Il y a seulement ‘Il’. Swami fait cela depuis l’intérieur de nous. Mon expérience est qu’à chaque fois où j’ai pensé que je devais résoudre un problème, cela n’a jamais marché. Mais, lorsque Je Lui ai abandonné le problème en disant : « Tu es Celui qui agit, je ne suis qu’un instrument », alors tout se mettait à aller mieux. Je n’ai pas encore atteint ce degré supérieur de réalisation.
Si quelqu’un vous fait des reproches sans raison, vous ne devriez pas riposter. Vous devriez supporter la blessure intérieurement et rester calme extérieurement. « Le silence est le langage du chercheur spirituel. » Nous sommes tous des chercheurs. Le mot
« bhakta » signifie « fidèle », c’est pourquoi Swami ne nous appelle pas des « bhakta ». Il nous révéla une fois qu’Il nous appelait« « Atma svar?pal?ra » (incarnation de l’Atma divin) parce que personne, dans cette assemblée, ne pouvait être considéré comme un fidèle.
En revanche, chaque individu ici est un Atma svar?pa (une incarnation de l’Esprit), bien qu’il puisse ignorer cette vérité. Il ne peut être appelé « fidèle », car ils ne se sont pas imprégné des qualités d’un fidèle telles qu’elles sont énoncées dans le chapitre XII de la Bhagavad Gita, qui le décrit ainsi : « Celui qui a transcendé les paires d’opposés et qui a reconnu la véritable nature du monde (qui est temporaire). » C’est pourquoi Swami conseille : « Ne parlez pas. » Nous ne devrions pas même parler des autres. Il y a quelques années, Il avait dit : « Vous venez ici uniquement pour vous concentrer sur vous-mêmes. Vous ne devriez pas être inquiets de la manière dont les autres se comportent. Tous sont mes enfants et chacun d’entre eux a commencé son propre pèlerinage. Certains sont spirituellement avancés ; d’autres suivent encore leur processus de développement. Ils sont désagréables parce qu’ils sont stressés, les pauvres ! Ils luttent tous pour conserver leur équanimité. »
Ainsi, dans un moment de colère, ils peuvent se comporter de façon impolie. Parfois, certains volontaires ne sont pas très gentils. Ils agissent ainsi, car, s’ils parlent avec calme et amour, personne ne les écoute. Par conséquent, il est nécessaire pour eux de se comporter de manière à maintenir la discipline des lieux. Toutefois, nous ne devrions pas nous inquiéter lorsque quelqu’un s’est montré impoli, car ce n’est pas à nous de nous en occuper.
Aimez Dieu, mais choisissez si vous voulez vivre pour Lui ou pour le monde
Il devrait être clair que tout cela est illusion. Que signifie « Asatoma sadgamaya » ? Cela veut dire « Conduis-nous de l’irréel vers le réel ». Nous chantons ce mantra tous les jours, mais comprenons-nous sa signification ? Le chanter simplement n’est d’aucune utilité. Nous devrions le mettre en application dans notre vie quotidienne. Mettre en pratique les enseignements de ces chants dans notre vie de tous les jours est très difficile. Cela ne peut être accompli que par quelques personnes. Celles qui sont sincères et qui ne veulent rien d’autre que Dieu sont les seules personnes qui ont mis en pratique tout ces enseignements dans leur vie quotidienne. Il est très ardu de s’imprégner des enseignements du Gourou, mais, un jour, Swami nous a dit : « Si vous trouvez que c’est très difficile, cela signifie que vous progressez rapidement. Le Gourou nous soumet à toutes ces épreuves afin que nous nous rapprochions de notre but. C’est comme s’approcher de la mer. Au fur et à mesure que nous avançons, le grondement des vagues est de plus en plus fort. Par conséquent, si vous voulez Dieu, soumettez-vous joyeusement aux tests qu’Il vous envoie. Sinon, si vous voulez profiter du monde, soyez honnêtes et dites-le à Swami.
Soyez un bon et vertueux aspirant spirituel, et poursuivez le désir que vous avez choisi. Swami vous facilitera les choses, pour tout ce que vous souhaitez. Il vous donnera tout ce que vous Lui demandez. Dans la Bhagavad Gita, il est dit qu’un homme doit atteindre quatre choses : dharma, artha, kama et moksha (action juste, richesse, désir et libération). Soyez honnêtes et dites-Lui : « Je ne peux passer les épreuves auxquelles Tu me soumets. Je T’aime, j’ai une foi totale en Toi, mais je désire le monde. Je ne peux pas vivre pour Toi. » Soyez d’abord vrais envers votre propre soi. Swami dit un jour : « Si vous ne ressentez pas l’inspiration de venir à Puttaparthi, alors ne venez pas. Bhagavan n’est pas limité à Puttaparthi. Il est le Seigneur de l’Univers. Allez partout où vous vous sentez inspirés d’aller. »
Apprendre le Pranava avec l’Être primordial Lui-même
Quelques années après que Swami fut venu S’installer à Prashanti Nilayam (déménageant du Vieux Mandir qui se trouvait dans le village de Puttaparthi), Il introduisit à l’ashram la pratique de la répétition des « Om «. Il annonça que tous les fidèles devaient se rassembler dans le Bhajan Hall, où la méthode correcte de le réciter leur serait enseignée. Ainsi commencèrent ces « séances d’omk?ra », chaque matin à 3 h 30, aux heures du Brahma muh?rta (heures divinement favorables). (Apparemment, Swami changea plus tard l’heure de ces séances). Quelques jours après le début de cette pratique, Il vint dans notre logement. Ma jeune sœur s’était vue attribuer une petite maison, mais, pour moi, Swami avait refusé ! Quoi qu’il en soit, Il entra dans la pièce et nous demanda à toutes les deux de nous asseoir sur le sol. Il Se mit aussi par terre, face à nous, puis nous demanda :
« Connaissez-vous le but de la récitation du omk?ra ? Je vais vous donner la signification du omk?ra et vous enseigner également la manière convenable de le répéter. Cela doit être fait correctement ! »
Il continua en expliquant les pouvoirs du omk?ra, disant qu’il purifiait l’antahkarana – manas, buddhi, chitta et ahamk?ra (le mental, l’intellect, la conscience et l’ego) – ainsi que toutes les ko?a (enveloppes) dans lesquelles le Jivatama (individu) était enchâssé (annamaya, pr?namaya, manomaya, vijñ?namaya et ?nandamaya – enveloppe grossière, d’énergie vitale, mentale, de sagesse et de béatitude). « À travers une telle purification, l’omk?ra rapproche l’individu de sa propre divinité », nous révéla-t-Il. Puis Il le chanta pour nous et nous répétâmes après Lui, exactement de la même manière. À cette époque, il n’y avait pas de chaises pour Swami ! Il S’asseyait simplement à même le sol et chantait. Nous répétâmes donc après Lui et fîmes un effort sincère pour apprendre. Quelques jours plus tard, Il revint chez nous en disant : « Je suis venu voir si vous aviez bien appris ! Montrez-Moi cela, chantez-Moi l’omk?ra ! » Il nous écouta et déclara que c’était satisfaisant. Puis Il nous conseilla de le répéter tous les jours. Mantropade?a – Initiation à un mantra. Quelques jours plus tard, lorsque nous nous trouvâmes en présence de Swami, nous Lui posâmes cette question : « Swami, nous n’avons pas de mantra. Il est dit que répéter un mantra est très important sur le chemin spirituel. Nous donneras-Tu l’upade?a (enseignement) et nous initieras-Tu à un mantra ? » Il répondit : « Non ! Je ne donne pas de mantra. » « Ta question montre que tu n’as pas compris le fait que Rama et Krishna sont les mêmes. Pourquoi vois-tu une différence ? Toutes les formes sont ‘Une’. Tu as reçu, pour une raison quelconque, un Rama mantra. Accepte-le avec révérence. Si tu continues à percevoir une différence entre les formes, l’efficacité du mantra diminuera. Laisse Rama être ton mantra et Krishna être ton ishtadevata, mais répète-le sans y voir de différence. Alors, tu atteindras certainement cet état de conscience. Tu as de la chance d’avoir reçu un si bon mantra. »
Rétrospectivement, je me rends compte que Swami nous faisait bien comprendre à ce moment-là qu’Il était pure advaita (Non-dualité) et que c’était ce que l’omk?ra représentait, bien que nous ne saisissions pas la véritable teneur de Ses déclarations. L’omk?ra désigne véritablement parabrahma, Celui qui est au-delà du nom et de la forme, comme cela est expliqué dans la Bhagavad Gita. À cette époque, nous n’avions pas lu ce Texte sacré, et n’avions pas non plus l’idée de ce que cela représentait. Swami savait que nous n’étions pas encore prêtes pour une explication approfondie. C’est pourquoi Il nous a simplement invitées à répéter l’omk?ra, disant que cela était bon pour nous.
À ce moment-là, nous Lui demandâmes avec désarroi : « Swami, comment allons-nous obtenir notre mantra, alors ? » Il nous répondit de prier Dieu pour cela et nous assura que nous le recevrions. « Mais vous devrez persévérer », nous dit-Il, « Cela viendra au moment opportun. D’ici là, continuez à prier. » Cependant, nous persistâmes dans nos requêtes. « En attendant d’avoir ce mantra, que devrions-nous répéter ? » Il répondit : « Chacun de vous devrait avoir une ishtadevat? – une forme spécifique que vous aimez. Je ne vous dirai pas quelle forme choisir, c’est vous qui en sélectionnerez une. Si vous aimez Rama, alors répétez ‘Om Sri Rama’, si vous aimez Krishna, répétez « Om Sri Krishna ». Souvenez-vous que vous avez deux Gourou. L’un est votre ishtadevat? (Dieu) et l’autre est le Gourou qui donne l’upade?a (l’instruction spirituelle). » Puis, prenant un ton plus léger, Il continua : « Si vous aimez Mon nom, vous pouvez également le répéter. »
Ensuite, Il me demanda quelle forme j’affectionnais. Je confessai que j’aimais Krishna, car je me reliais plus facilement à Lui qu’à Rama : la façon dont Il évoluait au milieu des Siens, Son amour, etc., tout cela m’attirait. Rama était trop austère, trop strict sur tout ! Swami me dit que cela convenait puisque le choix m’appartenait et qu’il n’y avait aucune différence entre les deux noms. Swami nous donna cette instruction à toutes les quatre, mes sœurs et moi. Quelques mois après cet épisode, chacune d’entre nous reçut un mantra dans son rêve, en accord avec son pr?rabda (ses mérites) ou sa préférence. Je ne reçus pas le mantropade?a à Puttaparthi, mais à Nagpur, l’endroit où je vivais à cette époque. Dès l’obtention du mantra, je me rendis à Puttaparthi et, très peu de temps après notre arrivée, Swami vint dans notre chambre. Je L’informai que j’avais reçu le mantra. Il répondit : « C’est très bien. Dis-Moi, quel mantra as-tu reçu ? » Lorsque je le Lui révélai, il m’avertit que l’on n’était pas censé le répéter à tout le monde. Il ajouta cependant que ce n’était pas grave parce qu’Il était mon Gourou. Il me rappela que, lorsque je vins Le voir la toute première fois, Il m’avait demandé d’accomplir p?da puja (le rituel d’adoration de Ses Pieds), et Il m’expliqua que c’était la raison pour laquelle Il m’avait invitée à le faire à ce moment-là. Nous n’avions même pas réalisé qu’Il était notre Gourou ! Pourtant, quelque chose me chagrinait. Je laissai échapper : « Swami, j’ai reçu un Rama mantra, alors que mon ishtadevat? (déité de prédilection) est Krishna ! Penses-Tu que cela soit approprié ? » Il me répondit : « Ta question montre que tu n’as pas compris le fait que Rama et Krishna sont les mêmes. Pourquoi vois-tu une différence ? Toutes les formes sont ‘Une’. Tu as reçu, pour une raison quelconque, un Rama mantra. Accepte-le avec révérence. Si tu continues à percevoir une différence entre les formes, l’efficacité du mantra diminuera. Laisse Rama être ton mantra et Krishna être ton ishtadevat?, mais répète-le sans y voir de différence. Alors, tu atteindras certainement cet état de conscience. Tu as de la chance d’avoir reçu un si bon mantra. » Depuis ce jour-là, je répète ce mantra.
Invitation divine à Kodaikanal
À cette époque, Swami nous demandait en général de venir Le voir en été ; Il nous disait que, puisqu’il y avait peu de monde, l’endroit serait plus calme et qu’Il pourrait passer plus de temps avec nous. Aussi, l’été qui suivit l’événement que je viens de vous relater, je me rendis à Puttaparthi avec ma jeune sœur qui est brahmach?rini (célibataire), ma fille de neuf ans et ma nièce de quatre ans. Lorsque nous arrivâmes, Swami était à Puttaparthi. Cependant, quelques jours plus tard, Il quitta Puttaparthi en voiture, de manière inattendue et sans nous en informer. Nous allâmes demander à l’oncle Kasturi où se rendait Swami et quand il était prévu qu’Il revienne. Il nous répondit que Swami était parti à Kodaikanal. Déçues, nous questionnâmes l’oncle Kasturi : « Que se passe-t-il ? Nous avons fait tout ce trajet jusqu’à Puttaparthi dans le seul but de passer du temps avec Swami. Mais Il nous a laissées ici, sans nous donner la permission de partir et sans nous faire savoir quand Il reviendrait. Que devons-nous faire ? » L’oncle Kasturi nous conseilla de lui écrire une lettre : « Dites-Lui que vous ne pouvez quitter Puttaparthi sans Sa permission. Il vous donnera la date de votre départ – tel est le protocole à suivre. »
Nous envoyâmes donc une lettre à Swami à l’adresse que nous donna l’oncle Kasturi. Le contenu de la lettre était celui-ci : « Swami, nous sommes venus ici pour Toi. Mais tu nous as abandonnées. Que sommes-nous censées faire ? Sans Ta présence ici, nous n’avons aucune raison de rester à Puttaparthi. Devons-nous repartir ? Que souhaites-Tu que nous fassions ? » Puis nous reçûmes un télégramme de Swami, sur lequel était écrit simplement : « Venez séjourner à Kodaikanal avec Moi. » Nous étions heureuses ! Nous nous rendîmes à Chennai et contactâmes une de nos amies chères, à Kodaikanal, pour être logées. C’était une fidèle de Sri Ramakrishna et elle possédait là-bas deux bungalows. La fille de ma sœur Kamala Sarathi, ainsi que deux autres amies, se joignirent à nous. Nous étions donc un groupe de cinq adultes et enfants, et avions réussi à nous arranger pour occuper un bungalow prêté par mon amie pour deux mois. Le seul problème était qu’il se situait très loin de la résidence de Swami. Mais c’était le seul disponible à ce moment-là.
Dès le tout premier jour de notre arrivée à Kodaikanal, nous entreprîmes toutes les cinq, avec les deux enfants, la longue marche qui menait en haut de la colline où Swami logeait, dans le très beau bungalow de M. Venkatamuni. Alors que nous nous approchions de la maison de Susheelamma (Mme Venkatamuni), nous vîmes Swami partir en voiture, à notre grand désarroi ! Il était accompagné de quelques personnes ; M. Raja Reddy conduisait et Swami était assis à côté de lui, tandis que deux hommes se trouvaient à l’arrière de la voiture. Swami nous vit arriver, fit arrêter la voiture et nous appela : « Rani amma, viens voir. Ne t’inquiète pas. Je ne quitte pas Kodaikanal pour partir dans un autre endroit. Reste ici. Je reviens dans deux jours. Un de Mes très chers fidèles est gravement malade. Il désire Mon darshan. » Il nous avait demandé de rester à Kodaikanal jusqu’à ce qu’Il revienne et d’aller prendre notre déjeuner tous les jours chez Susheelamma. Après Son retour, nous prenions donc notre petit déjeuner et notre dîner à l’extérieur, mais passions pratiquement toute la journée avec Swami, chez Susheelamma, où le déjeuner et le thé nous étaient offerts.
Enseignements sur moksha (la Libération)
Lors d’une de ces journées, Il nous fit venir dans la chambre et déclara : « Il y a trois étapes sur le chemin spirituel. Vous en avez franchi deux. La troisième est très difficile à traverser. Les deux premières étapes sont comme le fait de marcher : c’est facile. En revanche, la troisième étape nécessite un grand saut – très peu de gens peuvent le faire et c’est là où ils hésitent. » « Vous avez tous peur de faire le dernier saut et vous reculez ; n’agissez pas ainsi. L’eau qui stagne se met à dégager une odeur nauséabonde. Vous devez courir comme l’eau de la rivière, qui est pure. Affrontez les soucis et les tribulations, car ce sont des épreuves par lesquelles vous devez passer – Baba vous soumet à un examen et, selon vos résultats, vous réussissez ou vous échouez. N’ayez pas peur, Je suis avec vous. Faites un pas après l’autre. Abandonnez de plus en plus de choses – si quelqu’un vous blesse, gardez votre sang-froid. Ne réagissez pas. Si quelqu’un est arrogant, restez calme et posé. Vous réagissez en raison de votre ego limité. Faites le saut et Je vous aiderai. Ne vous arrêtez pas ! »
Aujourd’hui, après avoir lu la Bhagavad Gita, je comprends que la troisième étape dont parlait Swami était moksha, la Libération. Moksha est très difficile à atteindre, on doit s’être totalement débarrassé de l’ego, vivre chaque instant dans la divine conscience, et aucune trace de désirs matériels, tels que artha (l’aspiration à la richesse) et kama (les désirs), ne doit venir assombrir le mental. C’est la dernière étape, c’est-à-dire l’étape de la libération du mental. Le mental est ce qui vous fait penser que vous êtes le corps. Il vous dit que vous êtes le fils de quelqu’un, le frère d’un autre, etc. Swami poursuivit : « La dernière étape est très difficile à atteindre. Mais vous devez l’atteindre. Les épreuves sur votre chemin seront rudes. Vous devez aller chercher la réponse à l’intérieur de vous. Swami vous dira comment gérer chaque situation. Fuyez votre ego. »
L’upade?a (enseignement) tout entier traitait de la manière dont nous devions déraciner totalement nos sentiments du « je » et du « mien ». C’est pourquoi Swami ne me donna pas de logement à Puttaparthi, me disant : « Tu travailles sur le « Tu » et le « Tien ». Pourquoi devrais-Je te donner une chambre ? Cela te ferait redescendre au niveau du ‘je’ et du « mien », si Je le faisais. » Swami poursuivit ainsi Son upade?a : « Vous avez tous peur de faire le dernier saut et vous reculez ; n’agissez pas ainsi. L’eau qui stagne se met à dégager une odeur nauséabonde. Vous devez courir comme l’eau de la rivière, qui est pure. Affrontez les soucis et les tribulations, car ce sont des épreuves par lesquelles vous devez passer – Baba vous soumet à un examen et, selon vos résultats, vous réussissez ou vous échouez. N’ayez pas peur, Je suis avec vous. Faites un pas après l’autre. Abandonnez de plus en plus de choses – si quelqu’un vous blesse, gardez votre sang-froid. Ne réagissez pas. Si quelqu’un est arrogant, restez calme et posé. Vous réagissez en raison de votre ego limité. Faites le saut et Je vous aiderai. Ne vous arrêtez pas ! »La carrière de mon mari – comment le Seigneur en prit soin.
Avant ce séjour, lors d’une précédente conversation avec Swami à propos de mon mari, je Lui avais confié : « Swami, mon mari traverse une mauvaise passe. Il est très déprimé, car il a été négligé pour une promotion qui lui revenait. » Mon mari aurait dû être promu au poste de Directeur des Services de Santé, mais le Premier ministre refusa cette promotion pour des raisons politiques. Celui-ci nomma son neveu à ce poste, bien que ce dernier soit professionnellement à un niveau hiérarchiquement inférieur. Dès lors, mon mari se retrouva sous ses ordres, ce qui l’amena à deux doigts de vouloir démissionner de son travail. Tout cela se produisit alors que j’étais à Delhi, où j’aidais ma sœur pour son accouchement. Il était seul, très agité, et ressentait le besoin urgent d’aller voir Swami à Puttaparthi. Il pensait que personne d’autre que Lui ne pouvait le soulager et le guider.
Mais il ne m’informa pas qu’il allait à Puttaparthi. Il arriva tranquillement à l’ashram depuis Indore et se rendit chez l’oncle Kasturi. Il se présenta comme étant mon mari et le pria de lui donner l’opportunité de voir Baba. M. Kasturi répondit : « Baba n’est pas ici ! Vous ne pouvez le voir ; vous allez devoir repartir. » Mon mari fut très déçu et décida de rentrer à Indore.
Entre-temps, Baba arriva en voiture ! Il se rendit directement dans Sa chambre, fit appeler M. Kasturi et lui dit : « Le mari de Rani Ma, Subramanya, est ici, n’est-ce pas ? Fais-le monter immédiatement ! » Mon mari alla auprès de Swami et se confia à Lui. Il Lui précisa aussi qu’il ne m’avait pas mise au courant de son problème et de sa venue à Puttaparthi. Swami lui répondit : « Ne t’inquiète pas au sujet de Rani Ma ! Elle M’appartient. Je prendrai soin d’elle. » Mon mari déclara qu’il voulait démissionner de son travail après cette expérience. Swami lui dit : « Non. Tu ne peux pas faire ça. Restes-y et Je t’aiderai. Cela prendra du temps, mais abandonne-Moi toute chose. » Ensuite, mon mari passa quelque temps avec l’oncle Kasturi, puis repartit grandement consolé.
Donc, tout cela s’était passé un peu auparavant et, à Kodaikanal, Swami me fit venir seule un jour dans la pièce et me parla de ce problème. Il me dit : « J’ai écrit une lettre à Subramanyam. » Il l’avait dictée à M. Raja Reddy. C’était écrit en anglais, dans une belle écriture. Il me tendit la lettre et me demanda de la lire. Elle parlait de la manière dont nous devions constamment suivre le dharma (Droiture) et abandonner tout le reste à Swami. Elle faisait trois ou quatre pages et contenait de nombreux conseils spirituels. La plupart du temps, les gens s’engagent à moitié dans le dharma et se laissent aller à moitié à l’adharma (impiété). Dans la lettre, Swami disait : « Tout arrivera au moment opportun. Tu dois adhérer au dharma et M’abandonner tout le reste. » Après que j’eus lu la lettre, Il me demanda : « Rani Ma, la lettre convient-elle ? » Je répliquai : « Swami, pourquoi cette question ? Qui suis-je pour faire des remarques sur une lettre écrite par Toi ? » Il répondit : « Non, Tu dois savoir ce que J’ai dit à ton mari, et tu dois être satisfaite que Je lui aie donné le bon conseil. » Je répétai : « Swami, puisque Tu l’as écrite, cela ne fait aucun doute. Qui suis-je pour faire une quelconque remarque ? » Swami envoya donc cette lettre. Quelques années plus tard, mon mari attira l’attention du Secrétaire d’État à la Santé sur l’injustice qui lui avait été faite. Le fonctionnaire de l’Administration indienne, M. Varadan, qui était Secrétaire du Gouvernement de l’État du Madhya Pradesh, était un de nos amis chers. Il prit en main le cas de mon mari et plaida sa cause auprès du gouvernement. L’initiative de M. Varadan incita le Premier ministre et le Ministre de la Santé à créer un poste de Directeur Adjoint des Services de Santé, ce qui ne s’était jamais vu dans l’histoire de l’État, afin de corriger l’erreur qui avait été commise et promouvoir mon mari à ce poste. Voyez le miracle de Baba !
Quelques mois après cet épisode, une réunion des Services de Santé présidée par le Directeur – neveu du Premier ministre – fut organisée au niveau de l’État, à Indore. Tous les docteurs et administrateurs représentant les différents districts du Madhya Pradesh devaient y assister. Lorsque la réunion commença, le Directeur s’écroula sur l’estrade après avoir prononcé quelques phrases. Mon mari, qui était assis à côté de lui, le retint alors qu’il tombait. Il fut transporté d’urgence à l’hôpital et ne survécut pas. Ultérieurement, mon mari fut nommé Directeur et le poste temporaire de Directeur Adjoint fut supprimé. Cela illustre ce que Swami disait : « Accomplis le dharma et les fruits viendront au moment opportun. Abandonne-Moi cela. »
Il y a quelques années comme nous étions à court d’arguments, nous priâmes Swami avec ferveur de lui accorder la juste explication. En réponse aux prières, je fis un rêve dans lequel Swami me dit : « Transmets ce message à Saroja : Je sais qu’elle pleure et cela la consolera. Lorsque le Maître de maison a des invités, S’occupe-t-Il des membres de Sa famille ou des invités ? Ceux qui sont proches de Moi, qui font partie de Ma famille, ne devraient pas penser que Je les ignore ! Vous êtes comme les Gopi, vous vivez pour Moi, réfléchissant sans cesse à ce que vous devez faire pour plaire à Swami. Vous êtes de la famille ! » Lorsque je me réveillai le matin, je relatai cela à Saroja, ce qui la remplit de joie. Dans un récent discours, Il avait annoncé que les fidèles de longue date ne devaient rien attendre et laisser joyeusement la place aux nouveaux arrivants. Les nouveaux fidèles devaient bénéficier de l’opportunité d’être éduqués et guidés par Swami. Il me dit aussi personnellement : « Rani Ma, Tu as tellement reçu ! Que veux-tu de plus ? Laisse la place aux nouveaux arrivants ! Sois satisfaite et heureuse. N’envie pas les autres. Ils ont besoin de Mes conseils. Toi, tu les as déjà reçus. Maintenant, tu dois les vivre. » Ce fut en 1984 que je fus reçue pour
la dernière fois en entrevue !
Davantage de travail personnel, davantage de Grâce
Il est pertinent de signaler ici une autre chose que Swami a annoncée : « Si vous n’avez pas mis en pratique ce que Je vous ai dit la première fois, Je vous ignorerai. » C’est presque comme aller à l’école lorsque vous n’avez pas fait vos devoirs ! Supposons qu’Il dise : « Aimez et servez tous les êtres » et qu’à notre retour à la maison nous nous mettions en colère, cherchant querelle à tout le monde, n’aidant pas les autres lorsque l’opportunité se présente, etc., quelle est l’utilité de revenir voir Swami pour d’autres conseils (upadesha) ? Il ne nous reparlera pas tant que nous n’avons pas mis en pratique ce que nous avons reçu.
L’Atma (le Soi) nous donne le pouvoir de la sagesse ainsi que la force. Dans toute famille, il se peut que l’on aime certains membres davantage parce qu’ils sont gentils, alors que l’on en aimera moins d’autres qui peuvent être durs. Mais nous ne pouvons agir ainsi ! Swami dit que l’Amour divin est inconditionnel et que l’amour humain est conditionnel. « Pourquoi vous préoccupez-vous de ce que sont les autres ? Occupez-vous de ce que vous êtes ! Si vous voulez Ma grâce, vous devez cultiver l’Amour inconditionnel ! Aimez tout le monde de manière égale et inconditionnelle. » Être bon nous aidera à grandir spirituellement, mais n’aidera pas beaucoup les autres. Si nous obtenons de bons résultats à l’école, cela n’aidera pas un autre élève à en obtenir aussi. Il doit faire lui-même un effort : s’il souhaite bien réussir, il doit travailler.
Mettre en pratique la véritable sagesse
Dans une lettre, Swami parle de « Communion avec Bhagavan ». Il dit : « Vous devez sans cesse Me parler. » À partir du moment où vous mettez cela en pratique et expérimentez constamment Sa présence en vous en tant que pure Conscience, cela devient méditation ! Qu’est-ce que la pure Conscience ? C’est savoir que le corps n’a pas grande importance, mais qu’il renferme l’Atma – la pure Conscience. Une fois, Il dit aux anciens fidèles qui réclamaient padanamask?r (toucher Ses Pieds) et couraient derrière Lui constamment : « Pourquoi courez-vous derrière Mon corps physique pour faire padanamask?r ? Vous pouvez toujours Me visualiser dans votre cœur et accomplir nombre de namask?r (prosternations). Cela donnera de meilleurs résultats parce que vous le ferez dans votre conscience spirituelle plutôt que dans votre conscience physique. »
Pourquoi courons-nous après la forme physique de Swami ? En agissant ainsi, non seulement nous nous limitons à notre corps, mais nous limitons aussi Swami à Son corps ! Cela n’est pas Jnana (la sagesse) ! C’est de l’ignorance. C’est pourquoi Swami dit que bhakti (la dévotion) doit progresser main dans la main avec Jnana. Dhy?na (la méditation) doit suivre Jnana et bhakti. Qu’est-ce que dhy?na ou la méditation ? Cela ne signifie pas rester assis dans une posture. Tant que vous ne descendez pas profondément en vous et n’êtes pas totalement en harmonie avec vous-même, cela ne peut être dhy?na. Au mieux, il peut s’agir de contemplation, mais pas de méditation. Dhy?na vient après des années de Sadhana (pratiques spirituelles). Swami dit : « Tout d’abord, exercez-vous à être en Ma présence. » Si vous parlez constamment à Swami dans votre cœur, quel besoin avez-vous d’aller à Puttaparthi et d’obtenir une entrevue afin de Lui parler ? Il est votre mata, pita, bandhu, sakha (mère, père, compagnon, ami) – Il est votre tout. Alors, ouvrez- Lui votre cœur et partagez toute chose avec Lui. Vous devez développer la conviction qu’Il est en vous.
J’ai vécu tant d’expériences, malgré le fait que je ne sois pas allée au darshan pendant de nombreux jours. Maintenant, j’y vais probablement deux ou trois fois par mois. Je ne parle pas à Swami physiquement ni ne Lui donne de lettres. Lorsque vous avez acquis Jnana, Il vous aide de tant de façons merveilleuses et particulières, et vous rend heureux. Dans mon cas et celui de mes sœurs, Il nous a donné Son enseignement par étapes. Au début, nous offrions des fleurs, du camphre et d’autres choses. Même à cette époque, Il nous recommandait de ne lire qu’un nombre restreint de livres. Il nous disait : « Les livres qui contiennent l’upadesha (enseignement) du Gourou et les livres de Swami vous aideront. » Il a Sa propre manière de vous donner des messages au bon moment – Il vous en délivrera à travers les livres.
Maintenant, je n’achète pas n’importe quel livre. Il y en a quelques-uns qui ont été publiés récemment et qui sont très instructifs – « Sai Darshan », « Sai-Chology » et « Sai Sandesh » pour ne citer que ceux-là. « Sai Sandesh » est d’une grande aide pour comprendre comment cela fonctionne ici. L’auteur explique pourquoi l’organisation de l’ashram de Prashanti Nilayam est ce qu’elle est. Nous sommes perturbés si, à l’ashram, une certaine préférence est parfois donnée à une personne particulière ou importante. Ce qui se passe à Prashanti Nilayam ne nous concerne pas. Nous devons abandonner totalement cela à Swami. Il dit : « Faites de votre mieux et Je ferai le reste ! » Il attend de nous une très bonne performance. Il déclare : « Vous devez faire trois quarts d’auto-analyse et un quart de Sadhana (pratique spirituelle). » La Sadhana peut consister en japa, dhy?na, Bhajan, lecture et autoévaluation – Comment me suis-je comportée aujourd’hui ? Ai-je aidé ou refoulé quelqu’un qui a frappé à ma porte pour obtenir de l’aide ? Ai-je été gentille avec tout le monde ? – Nous devons effacer nos différences de perception. L’advaitam (Non-dualité) n’est rien d’autre que l’Unité. Priez même pour les terroristes ! Cela est davantage en accord avec la compréhension spirituelle. Swami déclare : « Vous jouez tous un rôle sur la scène du monde. Lorsque vous interprétez votre rôle, vous concentrez-vous sur la façon dont l’autre joue le sien ? Vous devez veiller scrupuleusement à faire de votre rôle un véritable succès ! Vous n’êtes sur la scène que pour un temps très court. Vous devez jouer correctement chaque rôle. Mais, si vous vous identifiez à l’un deux, vous serez déçus. Restez concentrés sur ce qui se passe à l’intérieur. Ne vous souciez pas des événements extérieurs. »
Ayez foi en la compassion de Sai
Laissez-moi vous raconter un événement qui démontre de façon frappante l’omniprésence de Swami. C’était à l’époque où mon fils avait huit ou neuf ans et où nous habitions Nagpur. Mon fils avait l’habitude de monter sur des vélos d’adultes et, bien qu’il en possédât un plus petit, il ne l’aimait pas. Un jour, il était parti jouer chez ses amis, juché sur une grande bicyclette et tenant un ballon de football dans une main. Après s’être tous biens dépensés, mon fils reprit le chemin de la maison. Il n’était même pas assez grand pour s’asseoir correctement sur la selle et atteindre les pédales. Il se tenait donc debout et pédalait tout en tenant le ballon en équilibre dans une main. Quand, soudain, il perdit le contrôle du vélo près d’un grand caniveau. Le ballon tomba de ses mains et atterrit devant la roue, ce qui fit tomber brutalement mon fils qui se retrouva sous le vélo. Il était couvert de bleus et maculé de boue. Heureusement, il n’avait rien de cassé. Il rentra chez nous en poussant la bicyclette sur la courte distance qui séparait notre maison de celle de son ami, où il était allé jouer. En le voyant, je fus saisie de stupeur et bouleversée. J’appelai immédiatement un docteur qui arriva deux heures après pour l’examiner. Pendant ce temps, sa température était montée. Le docteur déclara qu’il pouvait s’agir de septicémie, ce qui risquait de lui être fatal si cela n’était pas traité rapidement. Il me conseilla de lui faire prendre les médicaments sans attendre.
Malheureusement, mon mari était absent à ce moment-là. Le médecin nous dit qu’il ne pourrait pas nous obtenir les médicaments parce qu’il y avait une grève en ville et que ce produit n’était pas en stock dans son hôpital. Quoi qu’il en soit, il me dit que je devais me le procurer le plus rapidement possible ! Ma première pensée fut : « Comment puis-je laisser mon enfant tout seul et m’en aller ? » Je priai pour avoir l’aide de Swami. Peu après, Madhavi, une de mes amies qui était à l’école d’infirmière, arriva chez moi pour travailler un peu. Je lui confiai la garde de l’enfant, la remerciai avec effusion, et pris un de mes domestiques pour me conduire en voiture jusqu’à la pharmacie. La boutique était fermée, et le pharmacien n’était pas là. Je me rendis chez lui, où je ne le trouvai pas non plus. Swami teste constamment combien vous êtes persévérant ! Son aide vient toujours à la dernière minute, une fois que vous avez fait de votre mieux !
Quand j’arrivai chez lui, sa femme, Mme Bannerji, était là et je lui demandai quand son mari reviendrait. Elle me répondit qu’il était allé superviser des travaux à l’hôtel qu’ils tenaient, tout en haut de l’immeuble où se trouvait leur pharmacie, et qu’il serait de retour aux alentours de 20 h. Je restai assise là-bas à prier Swami. Un peu avant 21 h, un homme vint dire à l’épouse de M. Bannerji que son mari avait besoin des clés de la boutique. Quelqu’un d’autre avait un besoin urgent de médicaments. Mme Bannerji donna les clés à l’homme qui était venu à vélo. Je l’informai que je le suivrais en voiture jusqu’à la pharmacie. Je vis donc M. Bannerji qui me délivra les médicaments, puis je me précipitai à la maison pour les administrer à mon fils. Il recouvra la santé après quelques jours, sans aucune complication. Deux mois après cet incident, ma sœur Prathima qui vivait à Delhi se rendit à Puttaparthi pour avoir le darshan de Swami. Avant d’arriver là-bas, elle s’arrêta quelques jours chez nous à Nagpur. Ce n’est que plus tard que je sus ce qui s’était passé à Puttaparthi. Dès son arrivée à Prashanti Nilayam, Swami la fit monter et lui demanda : « Comment va Jawahar (mon fils) ? Est-il en bonne santé ? » Elle fut surprise de la question et répondit : « Pourquoi demandes-Tu cela, Swami ? Il va bien. » Il répliqua : « N’es-tu pas au courant ? Il lui est arrivé un grave accident récemment. Rani Ma ne te l’a pas dit ? » Elle répondit : « Non, Swami ! Je T’en prie, dis-moi ce qui s’est passé. » Alors, Swami raconta la totalité de l’incident de cette manière : « Il est tombé en faisant du vélo. Il aurait eu une blessure à la tête, qui aurait été très grave, mais comme Rani Ma Me prie constamment de protéger ses enfants, il est de Mon devoir de le faire. J’ai su instantanément que cet accident avait lieu, J’y suis allé et Je l’ai pris dans Mes bras afin de le sauver de cette mésaventure. »
Converser avec Dieu est méditation
Cela prouve l’omniprésence de Swami. Tout ce que je faisais était de Lui parler sans cesse et de le prier de protéger mes enfants. C’est ce que veut dire Swami lorsqu’Il déclare : « Parler à Swami est méditation ! » Se mettre en contact avec Lui en temps qu’antary?mi (notre Résident intérieur) et prier constamment pour Ses conseils et Son aide est méditation ! » Qu’est-ce que la méditation ? C’est ressentir la présence de Dieu dans notre cœur et oublier le monde ! C’est demander Son assistance pour chacun des actes que nous devons accomplir tout au long de la journée. C’est faire appel continuellement à Lui et rechercher Ses conseils. Alors que vous vous développez spirituellement, votre propre voix intérieure vous guide dans tout ce que vous faites. Je n’accomplis plus de rituels d’adoration au moyen de lampes, de camphre ou d’autres choses. Swami vous guide assurément : Il vous aide et vous transmet des messages à travers un chant, un livre ou une personne. Les livres que j’ai mentionnés précédemment, « Sai Sandesh », « Sai Darshan » et « Sai-Chology » sont tous les trois arrivés chez moi. Je ne suis pas allée les acheter. Ils ont été d’une grande aide pour moi sur le plan spirituel.
Lorsque vous dites constamment : « Swami, aide-moi à grandir spirituellement, permets-moi de Te satisfaire pour toutes les choses que j’entreprends », Il vous aide spirituellement. Le chant suivant me fut enseigné par ma petite-fille qui a été élève dans une école de Swami : « Duniyaa ne chadaaye phool tujhe, khud ko chadaane ayi hu » (Le monde t’a offert des fleurs, mais Je suis venu pour M’offrir Moimême à toi). Chaque strophe de ce chant dévotionnel est pure advaita (Non-dualisme). Je me sens transportée lorsque je chante cela.
Une personne âgée m’avoua que tout son corps la faisait souffrir. Elle me confia que son antidouleur était de parler de Dieu. Lorsqu’elle le fait, elle ne ressent plus aucune douleur ! Donc, elle veut constamment parler de Dieu. Cela montre qu’elle a évolué jusqu’à ce niveau et qu’elle est sincère. Swami déclare : « Soyez simples, sincères et faites le plus gros effort possible – puis regardez comment Je vous relève ! » « Je ne peux les laisser tomber ! »
Ma fille et moi tenions à ce que mes petits-enfants aillent faire leur scolarité à l’école de Baba. J’y tenais encore plus que quiconque dans ma famille. Cependant, mon gendre n’appréciait pas l’idée de les envoyer à Puttaparthi. Il pensait qu’ils ne sauraient pas s’adapter au monde réel s’ils étaient éduqués à Puttaparthi, et que leur approche et leur compréhension de la vie deviendraient très différentes. Il ne voulait donc pas les envoyer dans une école de Swami. Bien qu’ils soient mes petits-enfants, je ne pouvais pas les forcer à prendre une décision contre sa volonté. Je me mis donc à prier Swami. Je me rendis seule à Puttaparthi, pris une chambre et Le priai pendant 40 jours d’accorder l’opportunité à mes petits-enfants d’étudier près de Lui. Après cela, je demandai à ma fille d’en parler à nouveau à son mari. Lorsqu’elle le fit, il répondit : « Peut-être cela est-il bon, essayons. » Son opinion avait changé ! Ma fille procéda à la demande d’admission. Dhruv, mon petit-fils, était en classe de 8e, et mes deux petites-filles, en classe de 6e et de 7e à la Valley School de Bangalore. Les classes de 8e, 7e et 6e du système scolaire anglais correspondent, en France, aux classes de 4e, 5e et 6e recevrait pour Dhruv une convocation à un entretien et une évaluation.
Un mois avant la date d’admission à l’école, ma fille me dit : « Amma (mère), emmène Dhruv à Puttaparthi et entraîne-le en anglais, en culture générale et autres sujets, car je dois rester à Bangalore. » Ainsi, mon petit-fils et moi-même arrivâmes à Puttaparthi un mois avant la date d’admission. Swami m’attribua une chambre dans le « bloc sud » ; c’était une jolie pièce, tout près du Mandir. Nous nous y installâmes donc. Quelques jours avant celui de l’admission, vers 21 h, alors que nous allions nous coucher, quelqu’un frappa à la porte. Lorsque j’ouvris, il me dit : « Veuillez faire venir immédiatement votre petitfils avec moi, M. Kutumba Rao souhaite s’entretenir avec lui. » Je me demandai pourquoi Kutumba Rao (le secrétaire de l’ashram à l’époque) voulait parler à mon petit-fils et je proposai de l’accompagner. Mais il insista en disant que M. Kutumba Rao souhaitait que Dhruv vienne seul. Je l’envoyai donc avec cet homme. Dès son retour, je lui demandai sur quoi avait porté sa conversation avec Kutumba Rao. Dhruv répondit qu’on lui avait posé toutes sortes de questions.
La veille de l’examen, nous n’avions pas encore reçu la convocation ! Inquiète, je me renseignai anxieusement auprès de ma fille, qui m’annonça qu’elle ne l’avait pas reçue non plus. Ce jour-là, je fus assise en première ligne. Aussi, lorsque Swami S’approcha, je Lui demandai : « Swami, Tu nous as donné la permission d’inscrire Dhruv, mais nous n’avons pas reçu de convocation. Comment peut-il passer l’examen ? » Swami S’exclama : « Aucune convocation ? Ne t’inquiète pas pour celle-ci ! Envoie-le passer l’examen sans convocation. » J’insistai : « Mais, Swami, il aura des problèmes ! Sans convocation, Ils vont le refuser. » Swami répliqua : « Ne Te l’ai-je pas dit ? Je M’en occuperai ; laisse-le aller passer l’examen. »
Le matin suivant, je l’envoyai à l’examen d’admission sans sa convocation. Personne ne l’arrêta et, lorsqu’ils entendirent son nom, ils le laissèrent passer. Enfin, il se dirigea vers le Principal, M. Habbu, qui l’invita à entrer. Il fit le test écrit et fut admis à l’école ! Ce n’est que plus tard que je sus ce qui s’était passé. Mme Habbu était une grande amie de la belle-mère de ma fille et vivait depuis longtemps à Puttaparthi. Lorsqu’elle alla voir cette dernière, elle lui révéla combien notre famille avait de la chance ! En effet, voici ce qui s’était passé : Swami S’était personnellement rendu à l’école avec Sa voiture et avait dit à M. Habbu : « Demain, un garçon nommé Dhruv Subbayya viendra pour l’admission sans sa convocation. Acceptez-le. Qu’il réussisse ou échoue aux tests, vous devez l’accepter ! Savez-vous pourquoi ? Parce que cette famille est très proche de Moi et que Je dois faire cela pour eux. Je ne peux pas les laisser tomber ! »
Voyez combien il est important de parler constamment à Bhagavan ! Ce n’est pas parce que je n’avais pas la convocation que je devais repartir – voyez ce que peut accomplir la foi. Voyez Sa compassion ! Il Se rendit personnellement à l’école pour ce seul élève ! Dans le livre « Sai Darshan » écrit par Mme Seema Dewan, Swami définit Ses conditions pour recevoir Sa compassion. C’est un livre éclairant et inspirant. Il explique ce que nous devons faire pour recevoir de Lui le maximum de grâce et être un bon fidèle. Il est très difficile de remplir les conditions qu’Il a établies. Mais, si vous le faites, Il promet qu’Il prendra constamment soin de vous ! Swami sera à votre service 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 ! C’est une promesse qui vient directement et authentiquement de Swami Lui-même ! Lire ce livre n’est pas suffisant. Le mettre en pratique et vivre selon ces conditions est ce qui nous fera obtenir Sa grâce.
Les divines fêtes de Dasara dans les années 50
Les fêtes de Dasara dans les années 50 et 60 étaient très différentes. À cette époque, nous séjournions au Patha Mandiram (Vieux Mandir). C’était avant de déménager à Prashanti Nilayam. Les fêtes ne se passaient pas comme aujourd’hui : Swami était emmené en procession, dans un palanquin porté par quatre hommes. Il était naturellement dans une position surélevée par rapport à nous, les fidèles, qui chantions des Bhajan face à Lui, tout en marchant à reculons ! Il n’y avait pas de routes proprement dites et la procession démarrait très tard le soir. Nous trébuchions sur des cailloux et marchions sur des épines, mais nous ne prêtions pas attention à tout cela. Nous n’avions d’yeux que pour Swami.
Cela nous donnait tant de joie. Chaque fidèle Le percevait différemment : certains comme la Mère divine et d’autres comme leur ishta daivatha (déité personnelle). Chacun voyait
Swami comme il le désirait ; c’était très personnel. En ces occasions, la robe de Swami était somptueuse : les gens d’aujourd’hui ne le croiraient pas. C’était une robe de brocart garnie de zari (bordure ornementale), telle que la souhaitaient les fidèles. Pendant Dasara, Il est l’incarnation de la Mère divine ; par conséquent, Il ne peut être vêtu d’une robe ocre. Les fidèles L’habillaient très joliment et Lui, de Son côté, autorisait cela. Ainsi, la procession parcourait Puttaparthi tout entier, même si à cette époque, c’était un tout petit village qui ne comportait qu’une ou deux rues. Tout l’endroit ressemblait à une forêt, il n’y avait ni maisons ni routes, et seulement trois cents habitants environ.
La procession se terminait vers minuit ou une heure du matin, mais rien ne nous fatiguait. C’est ce sur quoi je voudrais insister. Voyez-vous, nous dormions à peine et avions très peu à manger, parce qu’il n’y avait pas véritablement de magasin ici, à cette époque. Il n’y avait qu’une boutique qui fournissait du riz, des lentilles et autres denrées de très mauvaise qualité, qui nécessitaient une longue cuisson. Par conséquent, nous apportions avec nous deux grosses malles pleines de légumes secs, d’huile de cuisson et autres produits alimentaires. De même, nous ne pouvions pas cuisiner rapidement, car nous avions besoin de bois à brûler. En effet, n’ayant pas de cuisine, nous préparions les repas dehors. Voilà, c’est ainsi que cela se passait à cette époque, dans les années 50.
Joyeux darshan sur la balançoire (jhula)
Plus tard, le jh?ladarshan (Swami sur une balançoire) fut introduit à Prashanti Nilayam. Le dernier jour de Dasara, c’est-à- dire le jour de Vijayadashami, Swami S’asseyait sur une balançoire (jh?la) joliment décorée de nombreuses guirlandes de fleurs. Swami était Lui aussi habillé somptueusement. Les fidèles chantaient en poussant doucement la jh?la. Cela se déroulait la nuit de Vijayadashami. Ce que l’on appelait le ‘programme jh?la’ ne commençait qu’après dîner, vers 20 h 30. En ces jours-là, tout était si informel : chacun s’asseyait simplement autour de la balançoire. Il n’y avait alors aucune restriction. Si vous y alliez tôt, vous aviez une place. Par la suite, les choses changèrent progressivement. Le jour de Son anniversaire, nous pouvions tous aller Lui offrir une guirlande et faire namaskaram. Il était permis à tout le monde de rentrer, c’est une opportunité qu’Il donnait à tous. Il S’asseyait sur un fauteuil et Mère Easwaramma L’enduisait d’huile. Lorsqu’elle avait terminé, nous faisions la queue pour aller offrir à Swami une guirlande d’anniversaire, qu’Il acceptait. Aujourd’hui, bien sûr, cela a beaucoup changé ; les cérémonies sont complètement différentes. Il nous accordait padanamaskar (toucher Ses Pieds) deux fois par jour, et cela tous les jours. Comme il y avait peu de monde, c’était physiquement possible. Aujourd’hui, une telle chose ne peut se faire au niveau humain.
Satisfaire un désir qui nous est cher
J’aimerais partager avec vous une anecdote à propos d’une petite pochette jaune que ma fille possède maintenant. Jadis, dans les années 50-60, les fidèles de New Delhi avaient beaucoup de chance. Quelquefois, lors de fêtes telles que Dasara ou l’anniversaire de Swami, si des fidèles ne pouvaient venir les célébrer à Puttaparthi, ceux qui avaient pu le faire leur rapportaient du prasadam. En revanche, je n’avais pas autant de chance, parce qu’à cette époque je vivais à Indore, et il n’y avait pas de fidèles là-bas. Mes deux sœurs, quant à elles, habitaient à Delhi. Parfois, je me joignais à elles lorsqu’elles allaient à Puttaparthi ; mais parfois, je ne le pouvais pas. J’étais triste et je m’apitoyais longuement sur moi-même en entendant parler de toutes ces opportunités de prasadam que je manquais. Je disais intérieurement à Swami : « Je n’ai vraiment pas de chance. J’habite à Indore, où il n’y a pas de fidèles Sai. Je suis la seule fidèle. Je dois avoir accumulé quelque mauvais karma pour être dans un endroit comme celui-ci. »
Une après-midi, notre cuisinier, qui ne résidait pas chez nous, sonna à la porte. J’allai lui ouvrir. Je vis un petit sac jaune par terre, devant la porte. C’était une petite pochette avec une cordelette. Croyant à tort qu’elle appartenait à mon cuisinier, je lui demandai si elle était à lui. « Non, Amma », répondit-il. Curieuse, j’entrepris de l’ouvrir. À ma grande surprise, je m’aperçus qu’elle était remplie de paquets de Vibhuti et de kumkum. Je réalisai que Swami était véritablement omniprésent. Voyez-vous, je me lamentais de ne pas avoir l’opportunité de recevoir du prasadam, et Bhagavan m’en délivrait sur le pas de ma porte ! Telle est la compassion (krupa) de Bhagavan. J’ai remis la précieuse pochette à ma fille. Vous pouvez être une maîtresse de maison, mais, lorsque vous aimez véritablement Dieu et que vous savez que vous ne vivez que pour Dieu, Il vous écoute.
Il écoute chaque prière
Swami sait toute chose. Nous sommes de simples sadhujana (personnes innocentes), et non des sadhu (ascètes). Nous prions, mais c’est tout. Nous ne méditons pas et n’accomplissons pas de pénitences. Cependant, lorsque nous fûmes appelés et que nous nous rendîmes à Puttaparthi la toute première fois, Il nous transforma ! Comment ? Swami dit que, si les parents prient pour leurs enfants, Il écoutera. Si nous prions pour que nos enfants aient une bonne situation et gagnent beaucoup d’argent, Il écoutera, bien sûr, mais cela ne Lui plaira pas beaucoup. En revanche, si nous prions pour que nos enfants L’aiment et Le servent de tout leur cœur, Il sera très heureux. Il exauce de telles prières. Je suppose que ma mère a prié ainsi, parce que maintenant, mes sœurs et moi sommes avec Lui ! Il nous a dit une fois que notre mère était une femme très pieuse. Elle mourut jeune. Mais son seul souhait était que ses filles se raccrochent fermement à Dieu. Swami me dit un jour : « La prière de votre mère vous a conduites toutes les trois ici, tes sœurs et toi. » Comment pouvait-Il savoir cela, concernant ma mère ? Il ne l’a même jamais rencontrée ! Cette pensée me renforça dans la certitude qu’Il écoute vraiment nos prières sincères et ferventes. Je voudrais ajouter ici que ma grand-mère était elle aussi très pieuse, et qu’elle devait avoir prié de la même manière.
Octroi d’une tâche divine
Au cours de sa carrière, mon mari fut muté à Bhopal. Comme vous le savez, Bhopal est devenue la capitale de l’État indien du Madhya Pradesh. C’est lorsque j’habitais là-bas que je me rendis pour la première fois à Puttaparthi. Je me souviens de ce qui se passa une fois, lors d’un de mes séjours à l’ashram, alors que nous étions installés à Bhopal. Un soir, à Prashanti Nilayam, Swami me fit monter chez Lui et me demanda : « Tu vis maintenant dans le Madhya Pradesh, n’est-ce pas ? » Je répondis : « Oui, Swami. J’arrive de Bhopal. » Il nous demandait souvent d’où nous venions, car nous déménagions fréquemment. Il poursuivit : « Il n’y a pas de Sathya Sai Seva Samithi à Bhopal. Mets en place un Sathya Sai Samithi là-bas. » Puis Il me donna une pomme en prasadam. Je ne savais pas comment démarrer un Samithi (Centre Sai), mais je ne pouvais pas non plus répondre que je ne le ferais pas. Cela me perturba beaucoup. Je ne Lui en dis rien, mais, intérieurement, je n’étais pas très à l’aise. Je priai : « Swami, je ne connais personne là-bas, je suis une nouvelle arrivante. Comment contacter les gens ? Comment démarrer ? Je n’ai pas d’expérience. » Quelque temps plus tard, je rentrai à Bhopal. Je me dis que, puisque Swami m’avait choisie pour cette tâche, je devais commencer d’une manière ou d’une autre ; Il est toujours là ! J’entrepris de me renseigner auprès de divers amis pour savoir s’il y avait des groupes qui connaissaient Sri Sathya Sai Baba. Une femme me dit qu’elle était au courant qu’un groupe d’employés d’une minoterie, composé d’assistants et d’employés de bureau, de manœuvres, etc., chantaient des Bhajan à Sai chaque jeudi. Je me rendis à cette minoterie. L’endroit était immense et je ne savais pas à quelle porte frapper. Il y avait tant de résidences pour les employés. Je priai : « Swami, Tu dois me conduire à la bonne porte. » Je me rendis au premier étage et frappai à une porte. Un homme ouvrit. Je lui demandai s’il connaissait des fidèles Sai. Il me dit qu’il en était un et m’invita à entrer. Il y avait chez lui une photo de Swami. « Que pouvons-nous faire pour vous ? Quelle est la raison de votre venue ? », me dit-il. Je l’informai des directives de Puttaparthi et lui demandai s’il pouvait m’aider. Il me répondit : « Bien sûr, Ma. Quelle sorte d’aide souhaitez-vous ? » Je lui expliquai que nous avions besoin d’une pièce où nous pourrions chanter et enseigner des Bhajan, et organiser des cours pour les enfants et les femmes afin de répandre la Parole de Swami. Il m’assura : « Ce n’est pas un problème, nous possédons une salle de prières que nous mettrons à votre disposition. » Je lui demandai de se joindre à moi et d’amener des enfants, car je devais démarrer les cours. « Pas de problème », répéta-t-il. « Nous vous aiderons. » Ma fille vivait avec moi à cette époque. Je lui demandai donc de m’aider aussi. Je réunis les femmes et j’organisai des classes Bal Vikas. Cependant, comme je n’étais pas au courant des programmes de cours Bal Vikas, j’en créai un à ma manière.
Une fois, grâce à une amie commune, j’appelai la secrétaire d’un club pour dames pour lui dire que je souhaitais leur rendre visite et leur parler de Swami. Ayant reçu son autorisation, je me rendis là-bas avec elle, notre amie commune et une autre de mes amies. Là-bas, je vis des femmes jouer au billard dans une pièce, aux cartes dans une autre, et à divers jeux dans une autre pièce encore. On m’annonça qu’elles étaient informées de ma visite et de son but, mais que peu étaient intéressées. Seules trois ou quatre femmes vinrent s’asseoir. Cela ne me dérangea pas. J’allumai une lampe, mais ne mis pas de photo de Swami. À la place, je posai sur la table un symbole du Sarva Dharma que j’avais apporté. Les femmes étaient sceptiques. Elles pensaient que j’étais venue pour les transformer en fidèles Sai. Je les assurai que Swami était pour toutes les religions et que je n’avais aucune intention de les convertir. Elles parurent alors plus détendues. Puis je commençai en chantant un Bhajan de Tulsidas. Je fermai les yeux et continuai avec deux ou trois Bhajan de ce genre. Lorsque je rouvris les yeux, à ma grande surprise, je vis que 20 à 25 femmes s’étaient rassemblées autour de moi ! Elles me dirent qu’elles souhaitaient assister à la réunion ! Plus tard, je me rendis à l’immense campus de la Bharat Heavy Electricals Limited (BHEL). C’est en fait une véritable petite ville. Je rencontrai le directeur, lui parlai de mon objectif et lui donnai des informations sur le Sri Sathya Sai Seva Samithi. Dès que j’eus fourni les explications adéquates, il fut enchanté et me proposa une salle. J’y installai le symbole du Sarva Dharma.
Nombre de mes amis de la minoterie qui m’accompagnèrent à cette salle me demandèrent pourquoi je n’avais pas plutôt installé la photo de Swami. Je leur répondis que cela ferait fuir les gens qui, par ailleurs, auraient pu être intéressés par la discussion. Du reste, ce n’était pas le but. Swami m’a confirmé que j’avais agi de façon correcte. Il avait Lui-même déclaré dans Son discours, lors de Son 60ème anniversaire : « N’installez pas ma photo lorsque vous démarrez quelque chose. Cela nuirait à l’Organisation. Je ne représente pas seulement cette Sathya Sai Rupa (forme). Je suis universel. Donc, ne mettez que Mon symbole. »
Vaincre de nombreux obstacles
Je formai un comité, dont les membres incluaient 8 à 10 employés de la minoterie, mais qui ne pouvait pas vraiment être reconnu en tant que Sri Sathya Sai Samithi. Comme il y avait un homme qui allait se rendre à Puttaparthi, je lui transmis une lettre pour Swami et je lui demandai : « Essayez de vous asseoir au premier rang et donnez cela à Swami en disant que c’est de la part de Rani Ma. » Je voulais qu’il aille chercher les bénédictions de Swami pour le comité. Swami prit la lettre. Il n’y avait pas grand-chose d’écrit à l’intérieur : elle donnait la composition du comité, avec le nom du président, du secrétaire et des autres membres. Cependant, je n’ajoutai pas mon nom à la liste. Swami vit la lettre et la redonna en disant : « Je refuse de cautionner ce comité. Reprenez-la. Dites à Rani Ma que ce n’est pas le bon comité. Cela ne peut fonctionner. Rapportezlui la lettre. Pas de bénédictions. »
La personne revint et me relata ce que Bhagavan avait déclaré. « Swami a dit que cela ne convenait pas du tout, que ce n’était pas le bon comité. Vous devez le modifier », rapporta-t-il. Je m’assis et je priai. Je confiai à Swami que je ne connaissais le nom d’aucune personne importante. Grâce à une amie, je rencontrai l’épouse du Gouverneur de l’époque, Mme Reddy. Cette amie m’obtint un rendez-vous auprès de cette dame respectée. La première chose que Mme Reddy me demanda fut la raison de ma visite. Je l’informai que nous voulions démarrer un ?r? Sathya Sai Samithi à Bhopal. Elle répondit sans ménagement : « Je refuse d’avoir un quelconque lien avec Sathya Sai. Je ne crois pas en Lui. Veuillez n’attendre de moi aucune aide. » J’étais choquée. Son ton était très sec. Je fermai les yeux quelques secondes et priai pour savoir que faire. Une voix intérieure me dit de ne pas abandonner : « Tu dois persévérer, n’abandonne pas ! » Bien que Mme Reddy m’invitât brusquement à partir, je ne le fis pas. Je lui demandai la raison de son incrédulité et voici ce qu’elle me répondit : « Je suis allée deux fois à Puttaparthi. J’y ai également emmené un ami de Madurai afin qu’il rencontre Sai Baba. Cet ami est à la tête du Madurai Mills (entreprise de textile de Madurai), c’est une personne très riche. Je l’accompagnai avec sa famille à l’ashram de Baba. Son fils d’environ 18 ans était très gravement malade. Les médecins avaient perdu espoir et déclaraient qu’il ne vivrait pas très longtemps. Alors je lui parlai de Sai Baba. Il me pria de l’accompagner pour demander à Sai Baba de le bénir et de le guérir. À Puttaparthi, le chef d’entreprise eut une entrevue avec Baba au cours de laquelle il Lui demanda de bénir et guérir son fils. Sai Baba déclara que le garçon se porterait bien, mais celui-ci décéda. Pourquoi ment-Il ? Peut-Il être Dieu ? Si vous arrivez à me convaincre, je vous aiderai. » Je tentai de lui donner des arguments. « Voyez-vous, Mme Reddy, nous ne connaissons pas le sujet. La spiritualité doit tout d’abord être comprise. C’est ce que déclare la Bhagavad-g?t?. Elle est connaissance ; notre vie spirituelle est connaissance. Vous ne pouvez adhérer aveuglément à une religion. Vous serez déçue, perturbée et malheureuse. »
« Pour Moi, jagat (le monde entier) est irréel »
Je me souviens d’un autre incident que j’aimerais partager brièvement avec vous pour éclaircir ce point. Une femme et sa fille se rendirent à Puttaparthi. La fille était mariée depuis seulement deux ou trois ans lorsque les docteurs lui diagnostiquèrent un cancer. La mère était bouleversée. Swami appela ma sœur qui faisait du service là-bas et lui dit de prendre soin des deux personnes. Il assura la mère que tout irait bien. Pourtant, deux jours après, la fille décéda.
Ma sœur s’adressa à Swami en Le questionnant à propos de la promesse qu’Il avait faite. Il répondit : « Je suis mangala svar?pa (l’incarnation de ce qui est favorable). Comment puis-Je annoncer une chose qui ne soit pas mangala (favorable) ? Je ne dis que la vérité. Il n’y a pas de différence entre le mensonge et la vérité, car, pour la vérité, le faux n’existe pas. Ce que les gens expérimentent est illusion. » Swami expliqua à ma sœur :
« Supposons que Je dise à cette femme que sa fille va mourir dans cinq jours ou cinq mois, elle souffrira nuit et jour pendant cette période. Sa fille souffrira également pendant tout ce temps. Elles en perdront le sommeil. Elles seront tellement malheureuses et se mettront déjà à pleurer. Suis-Je venu pour perturber et créer du chagrin, ou suis-Je venu pour donner la paix ? Avec les individus, Je ne peux œuvrer en Me plaçant à Mon niveau de vérité. Vous ne le supporteriez pas. Ce n’est pas du mensonge. Pour Moi, jagat (le monde entier) est irréel. Que cela soit votre problème ou celui d’un autre, ils sont irréels. » Swami dit que la simple foi aveugle n’est d’aucune utilité ; il doit y avoir bhakti (la dévotion). Lorsque je lui racontai tout ceci, il y eut une totale transformation chez Mme Reddy.
Elle autorisa tous les employés du Raj bhavan (maison du Gouverneur) à prendre part aux cours. Je lui demandai également d’être la présidente du comité, ajoutant que je ne désirais occuper aucun poste. Mon but était seulement d’obéir à Swami. Cependant, après de longues discussions, je consentis à être secrétaire adjointe. Ensuite, il me fallait un vice-président. J’avais entendu parler d’un certain Sir Datar Singh. C’était quelqu’un de très populaire qui avait été fait chevalier en Angleterre. Je le connaissais parce que ses filles étaient des fidèles d’Anandamoy? M?, dont j’étais très proche. Je téléphonai à Datar Singh. Il déclina le poste en disant qu’il était Sikh et que l’organisation était tenue par une équipe hindoue. « Raison de plus pour que vous, un Sikh, deveniez vice-président », lui répondis-je. Il ne comprit pas. Je lui expliquai le concept : il n’y a ni différence, ni culte, ni secte, ni religion particulière, mais une seule religion – l’Amour. L’idée est d’unir le monde. Je lui dis : « Oncle, vous priez Gourou Nanak. Nous ne vous demandons pas de prier Baba, mais de donner votre nom et d’accepter Sa mission. Vous avez seulement à accepter Sa mission ; vous n’avez pas besoin de L’accepter Lui ! » Il donna son accord.
Le comité était alors constitué de l’épouse du Gouverneur, Mme Reddy, au poste de présidente, de Sir Datar Singh, à celui de vice-président, et d’autres membres, tous d’un certain âge et occupant de hautes fonctions dans la société. Quelque temps plus tard, un autre groupe se rendit à Puttaparthi pour montrer à Swami la liste des membres du comité fraîchement remanié. Swami fut satisfait. Il dit : « Très bon comité. Dites à Rani Ma que Je suis très heureux. Ce comité est correct. » Plus tard, Il m’expliqua : « Vois-tu, que peuvent faire ces personnes ordinaires pour les autres ? Elles-mêmes ne vivent pas dans l’aisance. Ce sont les gens estimés qui peuvent fonder des institutions ; ils peuvent ouvrir une université, par exemple. » Swami a une raison pour chaque chose qu’Il fait. Il veut les bonnes personnes pour les bonnes actions, au bon moment et au bon endroit. Est-ce que des gens pauvres peuvent créer un hôpital ou une université ? C’était véritablement miraculeux, la façon dont Il fit naître le ?r? Sathya Sai Seva Samithi à Bhopal. Les membres potentiels n’étaient pas encore découverts, mais Swami me donna buddhi (la pensée) pour satisfaire Ses volontés, pour parler et convaincre les autres. Ici, le noeud du problème est que l’on doit être dépourvu d’ego pour accomplir Son travail. Si vous voulez suivre Baba, il n’y a pas de place pour l’ego. Abandonnez-vous à Lui : tvameva sarvam (Toi seul est mon Tout). C’est alors qu’Il entre dans votre vie.
Assistante de Son opération divine
Je voudrais partager avec vous un épisode étrange qui concerne ma fille Sheela. Elle avait alors environ neuf ans. À cette époque, la durée des Bhajan dépendait totalement de Swami. Un jour, alors que j’étais dans le Bhajan Hall, M. Kasturi entra pour me dire que Swami souhaitait que ma fille Le rejoigne à l’étage. Puisque c’était Sa volonté, je la fis monter avec M. Kasturi. Sheela fut emmenée dans une pièce où Swami Se trouvait avec un autre enfant, une petite fille qui, d’après ce que j’ai compris, souffrait d’un grave problème à la gorge. Swami expliqua à Sheela qu’Il allait pratiquer une opération, et lui demanda si elle voulait L’aider. « Dès que Je te demande les ciseaux, le coton ou toute autre chose, tu Me le donnes, d’accord ? » Elle ne comprit pas très bien ce qu’Il voulait, cependant, elle accepta. Swami matérialisa les instruments ainsi que les produits nécessaires à l’opération, puis Il opéra la gorge de la petite fille souffrante. Après l’opération, Sheela redescendit au Bhajan Hall. « Pourquoi Swami t’a-t-Il appelée ? », lui demandaije. « Amma, je ne sais pas. Il a opéré une petite fille. Je Lui tendais les ciseaux, le coton, et tout ce qu’Il me demandait. » Pouvez-vous y croire ? J’étais si abasourdie. Inutile de dire que la petite fille fut complètement guérie !
Lui seul connaît le bon traitement
Permettez-moi de vous faire partager un autre incident. Sheela avait environ dix ans lorsque nous habitions à Nagpur. Une fois, elle se mit soudain à avoir une forte fièvre. Nous consultâmes de nombreux médecins connus de la région ; cependant, aucun d’eux ne fut capable d’identifier la cause. Ils pensaient que cela pouvait être la tuberculose. Des examens furent pratiqués, mais ils indiquaient une parfaite santé. Alors où était le problème ? À ce moment-là, un ami de mon mari revint de Delhi. Il était médecin et il accepta d’examiner Sheela. Il déclara que ce n’était pas un problème grave. Certains enfants peuvent avoir un lent métabolisme de base, d’où ce symptôme. Pourtant, il n’y eut aucun signe indiquant une baisse de température. Cela se poursuivit pendant deux ou trois mois. Je perdis confiance en les médecins et demandai à mon mari la permission d’aller à Puttaparthi. « Il n’y a pas de docteurs, là-bas », déclara-t-il. Je fus cependant inflexible : je voulais aller voir Swami en compagnie de ma fille. Je rencontrai Bhagavan. Il nous demanda de nous installer dans une partie du garage, car tous les logements étaient complets à ce moment-là. Ma fille, ma sœur (qui était là également) et moi-même logeâmes donc dans le garage. Swami me dit : « Je sais pourquoi tu as amené Sheela ici. Elle a de la fièvre, n’est-ce pas ? Ne t’inquiète pas, elle guérira. Mais tu vas devoir rester ici pendant un mois. » Il m’interdit de la laisser sortir du garage après 9 h du matin. « Elle ne doit pas s’exposer au soleil », recommanda-t-Il. « Tu dois être très vigilante. Lorsque tu sors pour laver les vêtements, enferme-la à l’intérieur. Moi aussi, Je veillerai sur elle. »
Un mois plus tard, Swami nous autorisa à partir. Pendant toute cette période, Il ne lui prit pas sa fièvre, et ne lui donna aucun traitement, ni moi non plus. Mon mari prit la température de Sheela dès notre arrivée à Nagpur – elle était normale. Je ne peux expliquer aux gens les raisons des actions de Swami.
Une rencontre périlleuse
En 1974, j’étais partie à Chennai rendre visite à ma belle-famille. J’y restai environ trois jours. Le matin de mon retour à Bangalore, mon fils devait venir me prendre à 6 h comme je le lui avais demandé, car je voulais partir le plus tôt possible. Il était resté très tard avec ses cousins, le soir précédent. Cependant, il vint me chercher à l’heure. Au moment de partir, j’emmenai Dhruv, mon petit-fils de trois ans, prier devant l’autel en prévision du voyage que nous allions entreprendre, car je voulais lui inculquer cette bonne habitude.
Nous chantâmes tous les deux « tvameva m?t? cha pit? tvameva… » (Ô Seigneur ! Tu es ma Mère, mon Père, …) et nous fîmes namask?r. Puis nous montâmes dans la voiture. Mon petitfils, la belle-mère de ma fille, Rajam, et moimême étions dans le véhicule, ainsi que mon mari que nous déposâmes en cours de route à l’aéroport, car il devait prendre un avion pour Delhi.
Il était très tôt le matin et la route était dégagée : il y avait très peu de circulation. En approchant de Kolar, mon fils s’endormit au volant ! Comme j’étais absorbée dans la lecture du Vishnu sahasra n?mam (les 1008 noms du Seigneur Vishnou), afin de rattraper les pages que j’avais manquées les deux jours précédents, je ne remarquai pas qu’il somnolait au volant. Brusquement, j’entendis un grand bruit et réalisai que la voiture s’était écrasée contre un arbre énorme. La porte s’était ouverte. Il y avait dans le coffre de lourdes pièces de métal que mon fils transportait pour l’usine où il travaillait. Sous la violence du choc, elles traversèrent le siège arrière et me cognèrent le dos. Mon sac à mains, avec la photo de Swami et de la vibh?ti, avait été éjecté et le contenu s’était éparpillé sur la route. Si nous n’avions pas heurté l’arbre, nous aurions pu sortir de la route et tomber dans un caniveau ou même un ravin, auquel cas l’accident aurait été fatal ! Mon fils se rendit compte qu’il n’avait aucune blessure, à part un orteil meurtri ! Il était en état de choc, désorienté et confus suite à ce qui s’était passé. Il ne faisait que répéter : « Qu’ai-je fait ? » Mon petit-fils n’était pas blessé non plus, mais il était Mme Rani Subramanian extrêmement choqué et ne cessait de demander ce qui était arrivé. Ce ne fut pas une mince affaire de le consoler. En revanche, j’étais sérieusement blessée. J’avais une entaille au front, d’abondants saignements de nez, des blessures internes, une déchirure musculaire, des dents déchaussées, des bleus sur tout le corps, et mon dos me faisait affreusement mal à cause de l’impact des lourdes pièces métalliques. Je ne pouvais me tenir droite et je souffrais terriblement. Rajam était tombée du siège passager avant et gisait inconsciente. Mon fils craignait le pire. Il n’y avait aucun signe de vie… Je me souviens que la première chose que j’ai demandée à mon fils fut de récupérer la photo de Swami et la Vibhuti de mon sac. Mon fils sortit de la voiture, ramassa le sac et tout son contenu qui s’était éparpillé sur la route. J’appliquai la Vibhuti sur mon fils, mon petit-fils, Rajam et sur moi-même. Puis je secouai Rajam, en priant sans cesse Swami pour Son assistance, et elle reprit connaissance. En y repensant maintenant, le plus grand miracle fut que je sois restée totalement calme tout au long de l’accident. La voiture était complètement écrasée mais, malgré tout cela, Swami avait protégé mon fils afin qu’il puisse prendre soin de nous. Nous sûmes plus tard que Rajam souffrait de multiples fractures à la mâchoire et aux dents, mais n’avait aucune autre blessure.
Je priai Swami d’envoyer quelqu’un pour nous aider. Rapidement, nous vîmes un énorme camion arriver vers nous. Mon fils était encore sous le choc. En revanche, par la grâce de Swami, j’étais parfaitement calme et je fis signe au camion de s’arrêter. Je demandai au conducteur de nous déposer au centre médical le plus proche. Il accepta, mais il craignait que nous ne puissions monter les marches du camion. C’est alors qu’une voiture de type Ambassador arriva. C’était des pèlerins qui revenaient de Tirupathi. La voiture s’arrêta et l’homme qui conduisait nous offrit son aide. Je lui demandai de nous emmener au centre médical le plus proche. Comme la voiture était déjà pleine, il fit descendre tous les passagers et nous y conduisit.
À ce moment-là, je dis à mon fils de téléphoner à ma fille et à ma soeur, à Bangalore, afin de les informer de l’accident et de leur demander de venir au centre médical avec deux voitures pour nous ramener à Bangalore. Je souhaitais également qu’elles fassent le nécessaire pour notre admission à l’hôpital de Bangalore. Mon fils trouva une cabine téléphonique et les appela. Pendant ce temps, nous découvrîmes que le médecin du centre médical était un fidèle Sai ! Il vit la Vibhuti sur nos fronts et nous demanda si nous étions également des fidèles Sai. Il déclara qu’il ne pourrait pas me soigner, car la blessure nécessitait des points de suture devant être faits par un chirurgien, et qu’il n’était pas équipé pour cela. Il ne pouvait nous prodiguer que des soins de première urgence, mais il nous invita à rester au centre jusqu’à ce que l’aide arrive. Il était désolé de ne pouvoir en faire plus pour nous. Je lui dis de ne pas s’inquiéter et que, d’une certaine manière, je pouvais supporter la douleur. Mon gendre, ma fille et ma sœur arrivèrent de Bangalore environ trois heures plus tard. Ma sœur avait un fils qui était médecin et interne en chirurgie à l’Hôpital St Martha de Bangalore. Elle vit que j’avais l’œil tout noir. Elle se mit à pleurer et ses premières paroles furent : « Didi (sœur) ! Tu risques d’être infirme à vie ! » Je la consolai en disant que Swami prendrait soin de moi. Nous montâmes dans la voiture et nous nous dirigeâmes vers l’hôpital.
Mon mari était parti de Delhi, envoyé en mission à Lucknow, par l’OMS, pour un programme d’éradication de la petite vérole. Il séjournait à la fondation R?makrishna de Lucknow. En apprenant la nouvelle de l’accident, il se précipita à Bangalore dès le lendemain. Après mon admission à l’hôpital, je commençai malgré tout à souffrir de graves vertiges et de pertes d’orientation. J’étais si mal que je sentais le sol tournoyer comme un ventilateur ! Dès le lendemain, le médecin m’informa qu’il ne pouvait traiter mes vertiges et qu’il était nécessaire de faire appel à un spécialiste du NIMHANS (Institut National de Santé Mentale et de Neurosciences). Le Dr Mani, qui était le directeur du NIMHANS et un ami de mon mari, vint donc me voir. Selon lui, une chirurgie cérébrale était indispensable. À ce moment-là, je perdis mon calme et commençai à avoir très peur. Je dis au Dr Mani que je ne souhaitais pas d’opération chirurgicale. Je lui demandai d’essayer tout d’abord un traitement par voie orale, ajoutant que, si cela ne marchait pas, je considèrerais que c’est la Volonté divine et me soumettrais à la chirurgie, mais pas avant. Mon mari était ennuyé que je m’oppose à l’avis du spécialiste. Cependant, il appela son beau-frère, éminent neurologue de Chennai, qui avait aussi été le professeur du Dr Mani, pour avoir son avis. Son beau-frère répondit : « Suis ce qu’elle demande. Dis au Dr Mani que je considère que l’opération peut attendre, et qu’il lui prescrive un traitement. » Par conséquent, ils me donnèrent simplement des médicaments trois fois dans la journée, en disant qu’ils n’attendraient que
24 heures avant d’avoir recours à la chirurgie. Je priai Swami avec ferveur de m’épargner l’opération. Le lendemain matin, lorsque je me réveillai, mes vertiges avaient disparu ! Lorsque le Dr Mani arriva, je lui appris la nouvelle. Il répondit : « C’est merveilleux ! Il n’y a pas besoin d’opération, mais vous devez continuer le traitement encore pendant un mois. » Je m’y soumis bien volontiers. Trois semaines plus tard, pendant lesquelles je fus soignée pour d’autres blessures mineures, je sortis de l’hôpital. Pendant cette période, tous étaient plus perturbés que moi par l’évènement, y compris mon beau-père et ma belle-mère qui venaient me rendre visite depuis Chennai. Il fallait que je les console ! Rajam n’avait pas eu d’autres blessures que les fractures à la mâchoire et elle se remit complètement elle aussi. En revanche, mon petit-fils me demanda : « Grand-mère, comment se fait-il que Dieu n’ait pas pris soin de toi malgré tes prières ? » Je lui répondis : « Dhruv, ne comprends-tu pas ? Dieu est gentil. C’est pourquoi Il m’a donné toute ta souffrance. Je me sentirais affreusement mal si tu avais été blessé. Comme tu es indemne, je peux facilement supporter cette souffrance ! »
Étonnante grâce
Plusieurs mois après l’accident, je souffrais toujours de douleurs musculaires. Je ne pouvais m’asseoir dans une position confortable pour méditer. Je priai Swami en Lui disant que cela m’était égal de souffrir, mais qu’Il devait me bénir afin que je puisse m’installer confortablement pour méditer. Après cela, je fis un rêve. Swami était assis en face d’un prêtre, devant un homa kunda (feu sacrificiel). Le prêtre et Swami faisaient tous deux des offrandes au feu sacrificiel en répétant des mantra. Je me demandais pourquoi Swami Lui-même accomplissait le homa. Il me regarda et me dit : « J’accomplis pour toi le Mrityunjaya homa (sacrifice pour protéger quelqu’un de la mort) ! » Il était évident pour moi que j’aurais été tuée sans la grâce de Swami. Six mois après, je fus capable de m’asseoir dans une position confortable pour méditer.
La leçon ici est que la grâce de Swami est disponible pour tout le monde. Mais vous devez la gagner par une vie digne, en mettant en pratique les enseignements de Swami. C’est alors seulement qu’Il peut vous conférer Sa grâce (kripa). Je ne savais pas que j’aurais un accident. Mais, par Sa grâce, personne d’autre ne fut blessé ! Sinon, cela aurait été un désastre. Qui se serait occupé d’eux ? Mon fils n’était même pas marié à ce moment-là.
Son extraordinaire omniprésence !
Au début, nous avions des doutes sur le fait que Swami soit Dieu Lui-même. Il savait que nous avions des réticences, car Il connaît les pensées les plus profondes de chacun. Il nous dit, à mes sœurs et moi : « Vous avez des doutes. Alors, vous devez Me tester sur Mon omniprésence. Seulement alors pourrez-vous être convaincues de ce que Je suis. Seul Dieu peut être omniprésent. »
Voici un incident qui nous prouva Son omniprésence une fois pour toutes. Je voyageais en train de Calcutta à Delhi pour aller aider ma sœur qui attendait un enfant. J’étais seule et j’avais choisi un compartiment pour dames. En montant dans le train, je me rendis compte que j’étais la seule occupante de ce compartiment ! Cela ne me dérangeait pas. Mais, dans le cas présent, lorsque le contrôleur arriva et vit que j’étais seule, il me conseilla de verrouiller les deux portes, car quelques-unes des régions que le train allait traverser, telles que Mughalsarai, étaient dangereuses et l’on savait que des dacoïts (bandes de brigands armés) attaquaient des compartiments pour dames, dans les trains.
Il y avait deux lourdes portes métalliques pour le compartiment, et trois loquets sur chacune d’elles. Je réussis à verrouiller les trois loquets de la première porte, mais je constatai avec consternation que la seconde porte en métal n’était pas alignée et qu’elle était bloquée. Je donnai des coups de pieds, poussai et fis tout ce que je pouvais, mais la porte ne bougeait pas. Il n’était donc pas question de la verrouiller correctement.
Puis, je me souvins de la directive de Swami nous disant de tester Son omniprésence. Je m’assis dans le compartiment, fermai les yeux, dirigeai vers Swami mes pensées concernant ma situation difficile et me mis à chanter des mantra. Quelques instants plus tard, j’entendis un doux bruissement dans le compartiment, suivi d’un lourd claquement de porte ! Je me dis que cela devait être Swami qui répondait à ma prière. Je marchai jusqu’à la porte et c’est alors que je vis que cette porte qui, quelques instants auparavant, n’était pas alignée et restait bloquée, était maintenant parfaitement en place !
Cette expérience me stupéfia et m’effraya en même temps. J’avais reçu une preuve suffisante de Son omniprésence, si loin de Sa présence physique. Je ne pus dormir de toute la nuit. Je fis part de mon expérience à mon amie et à ma sœur, dès que je les retrouvai sur le quai, à Delhi ! Il y eut plusieurs évènements dans la vie de tous les jours où je ressentis Son omniprésence.
Vibhuti – la puissante panacée
Nous avions la chance d’avoir un cuisinier, Himmat Rao, qui était un grand fidèle du Seigneur Shiva. Il avait 40 ans et sa femme, la trentaine ; ils étaient sans enfants. Ils avaient essayé toutes sortes de la leçon ici est que la grâce de Swami est disponible pour tout le monde. Mais vous devez la gagner par une vie digne, en mettant en pratique les enseignements de Swami. C’est alors seulement qu’Il peut vous conférer Sa grâce (kripa). Je ne savais pas que j’aurais un accident. Mais, par Sa grâce, personne d’autre ne fut blessé ! Sinon, cela aurait été un désastre. Qui se serait occupé d’eux ? Mon fils n’était même pas marié à ce moment-là.
Les médecines, le temple, le docteur, tout ce à quoi on peut penser, sans succès, et ils étaient très malheureux. Himmat Rao sollicita mon aide. Puisque mon mari était médecin, je m’arrangeai pour que sa femme bénéficie d’un examen médical et il s’avéra que tout était normal pour le couple. Himmat Rao m’avait vu prier Swami et savait qu’Il était mon Gourou, mais il ne l’avait jamais vu physiquement. Mon conseil fut, pour sa femme, de boire un verre d’eau avec de la vibh?ti matin et soir, et, pour eux deux, de prier Swami de leur donner un enfant. Je les informai également que le temps que cela prendrait n’avait pas d’importance, qu’ils devaient ne pas perdre confiance et continuer à prier patiemment. Quelques mois plus tard, elle tomba enceinte, puis donna naissance à un petit garçon ! Par la suite, ils eurent cinq autres garçons, chacun avec deux ans d’écart ! Naturellement, ils étaient ravis. Himmat Rao me demanda de l’emmener voir Swami à Puttaparthi. Par Sa grâce, mon mari devait aller justement à Chennai en voiture ; il emmena donc Himmat Rao jusqu’à Bangalore. À ce moment-là, je me trouvais à Bangalore pour quelque travail. Je conduisis donc Himmat Rao jusqu’à Puttaparthi et il eut enfin la chance d’avoir le darshan de Baba après avoir expérimenté Son abondante grâce.
Voici un autre exemple du pouvoir de la Vibhuti. J’avais une jeune servante qui approchait de la trentaine. Son mari avait disparu presque dix ans auparavant. Un beau jour, il n’était simplement pas revenu, et on n’avait pu retrouver sa trace. Elle était bouleversée et elle rechercha mon aide. Je lui conseillai de prendre de la Vibhuti de Swami chaque jour et de prier Swami de la bénir en faisant revenir son mari. La servante ne cessa de prier pendant des mois. Un jour, quelqu’un frappa à sa porte, elle alla ouvrir et découvrit son mari qu’elle avait perdu depuis si longtemps ! Il lui dit qu’il était vraiment désolé de l’avoir abandonnée et qu’il était revenu pour de bon. Bien que j’aie également prié pour elle, je fus stupéfaite de cette histoire ! C’est une preuve de plus que rien n’est impossible pour Swami.
La Vibhuti est un remède pour toute chose, si vous la prenez régulièrement et avec foi – pas seulement pour des maux physiques ou mentaux, mais réellement pour tout. Lorsque j’étais jeune, j’eus quelques problèmes pour lesquels Baba m’avait conseillé de prendre de la Vibhuti. Cela m’avait guérie. Jusqu’à aujourd’hui, je garde une bouteille d’eau mélangée à de la Vibhuti comme ma panacée, pour tous les petits maux du quotidien. Je me souviens d’un autre cas où j’expérimentai le pouvoir de la Vibhuti. J’avais une jeune voisine à Chennai qui approchait de la trentaine. À cette époque, ce n’était qu’une simple connaissance. Un jour, elle me demanda de venir chez elle. Cela me surprit, car je la connaissais à peine, mais j’y allai malgré tout. Elle me dit : « Je suis une fidèle de Shirdi Baba et je crois comprendre que vous êtes une fidèle de Sathya Sai Baba. J’ai entendu dire qu’ils étaient les mêmes, pourriez-vous me raconter vos expériences ? » Je passai une heure avec elle et lui relatai plusieurs de mes expériences. Quelques jours plus tard, je fus surprise de la trouver à ma porte. Elle me confia que, lors de sa prière, une voix l’avait poussée à venir me parler. Elle me demanda aussi si elle pouvait se joindre à moi chaque soir, pendant mes prières. Je répondis que normalement je n’accepterais pas cela, parce que la prière se fait dans la solitude, mais que, puisqu’elle avait été guidée pour me le demander, ce serait égoïste de ma part de refuser. À partir de ce moment-là, chaque jour, qu’il pleuve ou qu’il vente, elle arrivait chez moi à l’heure.
La Vibhuti est un remède pour toute chose, si vous la prenez régulièrement et avec foi – pas seulement pour des maux physiques ou mentaux, mais réellement pour tout. Lorsque j’étais jeune, j’eus quelques problèmes pour lesquels Baba m’avait conseillé de prendre de la Vibhuti. Cela m’avait guérie. Jusqu’à aujourd’hui, je garde une bouteille d’eau mélangée à de la Vibhuti comme ma panacée, pour tous les petits maux du quotidien.
Elle me posait des questions et je lui répondais en m’appuyant sur la Bhagavad Gita et les enseignements de Swami. J’appris par la suite qu’elle était l’épouse du IGP de Chennai, mort d’une crise cardiaque quelques années plus tôt. Elle avait trois enfants en bas âge et était profondément affligée. Elle n’arrivait pas à dormir la nuit et les médecins lui avaient prescrit des somnifères. Je lui conseillai d’arrêter de prendre ces pilules, car elle en deviendrait dépendante. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Swami, dans Sa compassion, l’avait amenée à me rencontrer. Je lui suggérai de prendre de la Vibhuti avec de l’eau chaque soir et de prier Swami de lui accorder un sommeil sans somnifères. Je lui demandai d’être patiente, même si cela prenait des semaines ou des mois, mais de renoncer fermement à prendre ces pilules. « Soyez positive et répétez sans cesse votre mantra. Dites à Swami : « Si Tu ne veux pas que je dorme, je serai heureuse de passer ce temps à répéter Ton nom ! » »
En quelques mois, elle réussit à dormir sans médicaments et cela n’a cessé jusqu’à ce jour. Elle a maintenant plus de 60 ans. Elle m’appelle tous les mois et se souvient encore de cette expérience. Vous devez être positifs dans votre manière de penser et avoir la foi. La foi est très puissante. Il vous aidera, mais vous devez avoir foi en Lui.
J’aimerais terminer avec un chant :
Aum Mangalam, Omkara Mangalam, Gourou Mangalam, Gouroup?da Mangalam
R?m N?m Japa N?ri
R?ma N?ma Japa N?ri [3]
Jab Tak Shwas Rahe Tanu Bh?tar [2]
Tab Tak Yaha Jaga Apan?re [2]
R?ma N?ma Japa Naari [2]
M?ta Pit? Suta B?ndhava N?ri [2]
Jh?ti Jagat Kalpan? S?ri [2]
?khir Yaha Jaga Sapan?re [2]
R?ma N?ma Japa N?ri [2]
?ri R?m Jaya R?m, Jaya Jaya Jaya R?m [2]
Aum ?ri R?m, Jaya R?m, Jaya Sai R?m
Om ??nti, ??nti, ??nti
Om, le son primordial, est bénéfique. Le Gourou est bénéfique. Ses Pieds sont bénéfiques. Répète le nom du Seigneur Rama ; Répète sans cesse le nom de Rama. Aussi longtemps qu’il y a le souffle dans ton corps, Ce monde reste le tien. Répète le nom du Seigneur Rama. Toutes les relations et toute la famille, la mère, le père et les amis
Sont en vérité irréels ; ils ne sont qu’imagination. Au fond, ce monde est un rêve ; Répète le nom du Seigneur Rama. Victoire au Seigneur Rama, répète Son nom. Répète le nom de Sai, répète Son nom. Puisse la paix régner ! Puisse la paix régner ! Puisse la paix régner !
Madame Rani Subramanian
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